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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 07:00

Je reviens sur Patrick Modiano et son "pedigree". (voir le post du15 septembre) En y repensant les lettres de son père sont stupéfiantes. Ahurissantes même.

J'avais déjà lu un livre, de Michel Del Castillo je crois, qui racontait que son père l'avait aussi dénoncé adolescent à la police et ce en pleine période de Vichy.. Et je précise que ce n'était pas un roman.

Quand de temps à autres je me penche sur mon parcours de père j'ai de nombreuses et fâcheuses raisons de ne pas m'éterniser et même d'éprouver un sentiment se rapprochant de la gène, voire de la honte. La sérénité ou quelque chose qui lui ressemble ne m'est tombée dessus que très tardivement!...

Au moins ai-je -mal je le reconnais- aimé mes enfants. Si mes actes étaient douloureux pour eux parfois, ils n'étaient pas malintentionnés au départ. Ca n'excuse rien et, même si c'était dit avec humour, je me souviens que mon fils m'avait dit un jour: "j'ai un carnet sur lequel j'ai noté tout ce que je te reprocherais toujours". Il a laissé passer un silence. Et a ajouté: "...Et un post it pour les bonnes choses".

Pour la majorité des hommes et des femmes l'amour de leurs enfants débute au moment de leur naissance mais il peut ne pas exister, être à éclipse ou disparaître tout à fait. Dans tous les cas, et je ne fais pas exception à la règle, cet amour a du mal à trouver son chemin et ne sait pas bien s'exprimer, donnant parfois l'impression contraire qu'il n'existe pas ou qu'il lui est difficile de donner des preuves de son existence.

L'amour obligé de ses descendants n'est pas une vérité révélée et certains parents n'ont pas la fibre parentale sans être des monstres dénaturés pour autant. Maigre consolation, on voit chez d'autres parents les erreurs que nous commettons nous-même et les conséquences de ces erreurs. Et nos enfants deviennent parents à leur tour, découvant par là qu'ils sont faillibles eux aussi.

Des ascendants à leur progéniture il y a presque toujours bienveillance, amour et aide mais le mot "presque" souligne les possibles exceptions. La littérature est remplie de ces plaintes d'enfants mal ou pas aimés. On a du mal à croire que des parents puissent être aussi inconséquents et on oublie les moments ou soi-même, sans être ni cruel ni dénaturé, on a été cet adulte dur et froid. Il m'est arrivé d'être témoin furtif d'un échange entre mon fils et ma fille relatif à la façon dont je me comportais lorsqu'ils étaient enfants et dont ils le ressentaient et j'ai compris que je n'avais fait qu'un tout petit peu mieux que mon propre père.

Lui-même, à qui je ne trouve pourtant guère d'excuses, était à des années lumières du père de Modiano ou de celui de Del Castillo.

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