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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 13:00

Bien que tout ou presque ait été dit ou écrit sur le Dr Destouches alias Louis-Ferdinand alias Céline je reviens sur ce sujet inépuisable à la faveur de la lecture de "Mort à crédit" que j'ai reprise après être allé au théâtre écouter un comédien en lire un extrait choisi.

L'actualité aussi s'y est mise avec la découverte de manuscrits plus ou moins miraculeux du plus célèbre antisémite-collabo de France. J'avançais avec précautions. Le monde littéraire est aussi exempt de vacheries que l'industrie alimentaire ou le petit monde médiatique. Ces milieux professionnels regorgent de malfaisants et de malhonnêtes.

Cette réapparition subite de pages de Céline ça vous sentait la combine louche à plein nez. L'opération barbouze préparée de haute lutte. L'escroquerie financière et littéraire crapoteuse.

Mais les spécialistes en Célineries jurent leurs grands Dieu que Miracle digne de la grotte de Lourdes ces manuscrits sont bien de l'illustre main de l'auteur de "Rigodon" et de "Bagatelles pour un massacre". Et donc du "voyage" et de "D'un château l'autre". 

Ainsi il faudra ajouter "Guerre" et "Londres" à la bibliographie du Docteur de Meudon. Sainte-Lucette n'est plus de ce monde pour authentifier et les textes et leur réapparition. Qu'importe. Tout ceci semble cette fois exempt de machination ayant une finalité financière.

"Mort à crédit", je l'ai appris à cette occasion, est le livre qui suivit le retentissement du "voyage". L'enfance crapoteuse de l'auteur racontée avec moult détails allant du scabreux à l'ignoble. En passant par l'étape du répugnant.

Cependant, cependant, il y a, au milieu de cette fange repoussante et parfois complaisante des fulgurances qui laissent le lecteur stupéfait. Je pense en particulier à la description apocalyptique de la traversée  en bateau de la Manche de la France vers l'Angleterre  et des coucheries bien crapoteuses. L'écrivain est tout entier dans ces passages qui sont l'exact opposé du lyrisme.

Pour qui ces pages rebutantes ne pourraient passer il reste les portraits à peine moins repoussants des parents et de l'oncle Victor, de la grand mère et de tant d'autres déchets de l'humanité à qui l'auteur ne pardonne rien et dessine l'ignominie humaine en s’appesantissant sur ce qu'elle a de plus vil.

Nos contemporains s'esbaudissent un peu vite des audaces d'un Michel Houellebecq. En comparaison de certaines pages de "Mort à crédit" les livres de Houellebecq sont des bluettes romantiques.

Je crains, avec tout ça, de ne pas avoir donné envie de lire Céline, même dans ses oeuvres exemptes des purulences antisémites. C'est dommage: l'écrivain et le style sont, malgré tout ce qui précède, des gemmes qui se découvrent au fur et à mesure.

Il faut simplement avoir envie de patauger dans la fange pour les découvrir. Mon rythme de lecture ralentit car certains passages sont franchement rébarbatifs s'ils sont "bien" écrits et d'autres réellement ignobles. On a peu souligné la misogynie de Céline; sans doute parce qu'elle n'est qu'un des aspects de sa misanthropie absolue.

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