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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 07:00

Ils me manquaient! les livres de George Orwell ("A ma guise", "Tels, tels étaient nos plaisirs" et "dans le ventre de la baleine") que j'avais remisés au box que je loue depuis 2 ou 3 ans pour entreposer ce qui ne rentre pas dans l'appartement sont revenus dans mes rayonnages de bibliothèque.
En les ouvrant je retombe sur ces réflexions si proches que j'ai l'impression d'être en communion avec l'auteur: comme si je le connaissais personnellement.

Il est des auteurs qui mettent tellement d'eux dans leurs écrits qu'on retire, en les lisant, la forte impression qu'ils écrivent pour vous et qu'ils s'appuient sur ce que vous ressentez pour exprimer leur pensée.

Il n'est pas besoin de se livrer à une mise à nu comme le Jean-Jacques Rousseau des "Confessions" ou des "Rêveries du promeneur solitaire": un auteur de romans comme Emmanuel Bove ("Mes amis"), a mis tellement de lui dans ses livres qu'on les quitte en harmonie avec lui, quand bien même on ne partagerait ni sa façon de voir les autres ni son pessimisme.

Le sexe de l'écrivain n'est pas un obstacle: Irène Nemirowski est, je pense, toute entière, frémissante et indomptée dans sa superbe "Suite française".

Je parle ici des auteurs qui ne cherchent pas l'effet ni qui se dissimulent derrière des artifices littéraires. Orwell-Blair ne revendique rien d'autre qu'une pensée concise sur son époque et la faire partager. Même ses romans détiennent cette partie de lui qui lui survit.

La véritable trace que nous, mortels, pouvons espérer laisser de notre existence est cette fraternité humaine que l'on reconnaît d'instinct dans la "présence" d'une personne disparue.

L'écriture multiplie les chances de laisser une trace mais ne l'induit pas.

 

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