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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 07:00

Le "Crépuscule des Bibliothèques" livre publié aux belles lettres et écrit par Virgile Stark est très intéressant même si j'ai la faiblesse de le croire trop pessimiste quant à ses conclusions.

Son constat (dans une bibliothèque on voit de moins en moins de livres et de plus en plus d"entertainment informatique n'est pas complètement faux mais pêche par une noirceur trop liée à la dégradation de son métier telle qu'il l'a vécue.

C'est un fait que, dans les bibliothèques comme partout, le terminal écran s'est imposé. Pour emprunter deux livres et un CD il faut depuis longtemps faire la révérence devant un écran d'ordinateur.
Il est loin le temps où la bibliothécaire retournait son stylo côté tampon!

Stark se désole du temps passé à répertorier des articles, à créer des dossiers informatiques, à "scanner" des pages et à courir des colloques sur la numérisation ou les archives en ligne.

Il développe longuement une allergie mal dissimulée contre les liseuses électroniques et leur dernier avatar la tablette numérique qui, il est vrai, est aussi grotesque en appareil photo qu'en substitut du livre de Gutemberg.

Enfin, et c'est le chapitre qui m'a le plus intéressé, il raconte son expérience de directeur de la Bibliothèque Tolbiac et là je suis entré de plein pied dans la folie de notre époque.

Tolbiac est le vrai nom de la "Très Grande Bibliothèque François Mitterrand". On le sait le premier président socialiste de la république française se targuait d'être un fin connaisseur de la chose littéraire.
Moyennant quoi il avait une passion pour cette vieille saucisse d'extrême droite que fût Chardonne, il comptait l'écrivaillon Paul Guimard parmi ses intimes et la démente Duras dans son fan-club... Mais je m'égare.

S'y connaissant en bibliothèques comme en économie le grand homme a imposé (aidé par son plumeau ministre de la culture) un bâtiment conçu en dépit du bon sens et possédant un budget illimité. Grâce aux contributions directes le bas peuple pouvait financer cette merveille; une bibliothèque conçue pour tout sauf les bouquins*.
Virgile Stark raconte l'inauguration en grande pompe avec un service informatique muet qui ne fonctionna réellement que 2 ans après et coûta une véritable fortune.
Avec la "TGB" (qui n'était ni très grande, ni grande ni même bibliothèque....) il fallait 5 jours pour obtenir un document alors que l'établissement avait été vendu pour le faire en moins de 10 minutes.

...Jack Lang ne fut pas fouetté en public et reste un des hommes politiques préférés des Français à ce qu'il paraît.
Les bibliothèques sont devenues des médiathèques, des ludothèques, des carrefours de l'information ou des espaces de culture et la place du livre se réduit comme une peau de chagrin.
On peut le déplorer mais je ne partage pas les craintes de l'auteur du livre: je suis persuadé qu'il ne disparaîtra pas ni aujourd'hui ni jamais.

(*A part "le concombre masqué" en 8 volumes dédicacé par Lang soi-même, bien entendu.)

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