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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 06:25

Je suis allé à la cinémathèque de Toulouse qui, dans le cadre d'un festival du film policier diffusait mercredi le film de Pierre Chenal "l'alibi" (1937) avec un Louis Jouvet impérial, Jany Holt, Patrick Préjean et l'incroyable Erich Von Stroheim.

Le scénario du film est mince: un télépathe de spectacle tue un homme et demande à une "entraîneuse" de la boîte de nuit de luxe dans laquelle il fait son numéro, moyennant finances, de lui servir d'alibi. Celle-ci, qui ignorait qu'il s'agissait de couvrir un meurtre, est prise de remords d'autant plus qu'un policier retors (Jouvet) a compris qu'elle mentait et qu'elle était prête à s'effondrer.

Éliminons ce qui a le plus vieilli: la musique du générique qui est insupportable. La partie orchestre de jazz jouée "live" est supportable. Le meilleur maintenant: la photo est belle (le noir et blanc magnifique) et les décors impeccables (surtout la boîte de nuit et le bureau de Von Stroheim) et les acteurs excellents.

Le film est surtout destiné à mettre en valeur les rapports entre les quatre comédiens principaux et surtout le duo Jouvet/Von Stroheim. Leurs scènes sont splendides et j'ai été ébahi par le jeu de Von Stroheim qui non seulement n'a pas vieilli mais est tellement dense, original et unique qu'il en est presque moderne.

On mesure l'avancée du rôle et de l'image de la femme dans la société aujourd'hui en regardant les deux principaux personnages féminins du film: une femme "perdue" au grand cœur, naïve et sentimentale et une femme (superbe...) entretenue.

Ah! il y a aussi une secrétaire de police vieille fille qui sera chargée de faire "craquer" l'alibi.

Jouvet fait du Jouvet mais il le fait bien et, avec le recul, on comprend sa popularité d'alors.

Le film date de 1937 et tout le monde, dans le film, fume tout le temps. Au commissariat, au lit, au restaurant, au spectacle. La société est très cloisonnée et la clientèle de la boîte de nuit tranche avec celle du commissariat et des faubourgs.

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