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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 07:00

Sur la petite chaîne France Ô, chaîne de télévision appartenant au groupe d'état France-télévision et consacrée à la "France d'outre-mer" je regardais distraitement un document sur les salles de sports l'autre soir. 
Distraitement? pas vraiment. J'eusse aimé la regarder et l'entendre mais, cuisine "américaine" oblige, le bruit du lave-vaisselle, celui du lave-linge, la fenêtre ouverte pour que le chat puisse aller sur le balcon et le voisin du dessus qui maniait la perceuse malgré l'heure relativement tardive m'ont empêché de tout suivre.
Une thèse était développée dans ce documentaire et qui a fait "Tilt" en moi. Les salles de sports, à moins d'y passer 12 ou 13h par semaine sont de parfaits placebo. Elles ne font pas de mal (quoi que) à défaut de faire du bien (quoi que).
S'il suffit d'ouvrir un oeil dans la rue pour croiser des personnes obèses ce n'est pas parce qu'elles ne vont pas assez en salle de gymnastique. Le conseil (insupportable par sa répétition et hypocrite parce que masquant la réalité) de bouger n'y change rien: si les industriels de l'agro-alimentaire nous gavent de sucres, d'huiles, de graisses saturées et d'autres poisons que leur goût infantilisant rend séduisants nous grossirons et continuerons à grossir.

L'escroquerie qui consiste à nous culpabiliser de ne pas résister est inadmissible: la tentation est partout. Jusqu'au début des années soixante c'était la rareté qui était la norme. On mangeait peu et mal. Aujourd'hui on peut manger de tout, en quantité et à tous moments. Notre attention est sans cesse sollicitée et les produits inutiles et dangereux sont placés de telle façon que nous soyons tentés de les acheter et de les consommer.
Les aliments ont des goûts, des couleurs, des aspects artificiellement améliorés pour que nous craquions.

La publicité, la profusion de points de vente, les messages publicitaires alléchants mais fallacieux... sont les vrais responsables de l'évolution vers le culbuto adipeux de l'homme occidental.

Si l'on ajoute que les industries pharmaceutique, esthétique, agro-alimentaire, textile profitent des désordres entraînés par cet auto-gavage consenti on comprendra que nous ne sommes pas prêts d'en voir la fin.

La suprême hypocrisie consiste à poignarder quelqu'un et accuser du crime la victime et le couteau. "Bougez" nous disent-ils. Qui peut croire que deux fois 50 minutes sur un tapis électrique peut "effacer" des burgers, des bolognaises et toutes les friandises que l'on consomme? Notre corps, disait l'émission de France Ô, est le fruit de l'évolution. La rareté des la nourriture, la dureté de nos vies passées se lisait dans l'adaptation de nos corps à la vie que nous menions. Depuis la fin de la guerre nous avons complètement modifié nos activités et changé notre manière de nous alimenter.
Ce sont ces nourritures addictives et ces comportements (travailler dans des bureaux, des autos, prendre des escaliers mécaniques, des ascenseurs....) qui nous font nous délabrer aussi rapidement. Il faut être fort pour résister aux sirènes de la consommation (et aussi posséder des gènes de qualité)
Hier, sur France Inter* une femme parlait des problèmes liés aux yeux et dont le travail sur écrans était en partie responsable. Pensons aussi aux oreilles d'une ou deux générations qui auront été malmenées par les casques..... grosse, dure d'oreille et mal voyante... l'humanité marche vers un avenir triomphal!

Le tour de passe-passe le plus magnifique est de se faire remonter les bretelles par ceux qui nous empoisonnent: fumer tue disent les cigarettiers, buvez avec modération conseillent les producteurs d'alcool, bougez et mangez des fruits et légumes disent ceux qui inventent les recettes les plus aptes à nous faire faire de la mauvaise graisse.

Ils nous empoisonnent, nous poussent à en redemander et nous engueulent par dessus le marché!

*(12H30 le 27/10 dans le cadre de "Carnet de campagne" de Philippe Bertrand

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