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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 07:00

J'ai été licencié en 2005. pour "Insuffisance de résultats". Après 20 années passées dans la société privée qui me remerciait ainsi un peu cavalièrement.

Avec le recul je ne lui donne plus (totalement) tort: on ne devrait  pas rester si longtemps dans une seule entreprise, même en occupant des postes différents.

Par ailleurs il serait vain de contester que je ressentais une lassitude réelle et que mes résultats professionnels étaient sur la courbe descendante. Pour parler clair je traversais un trou d'air et ni eux ni moi n'étions certain qu'il allait rapidement prendre fin.

A l'époque les moyens utilisés pour me faire quitter l'entreprise furent rien moins qu'élégants et c'est cette grossièreté qui me révolta et me poussa à la poursuivre pour un cycle prudhommal de 3 années dont je sortis exsangue mais vainqueur.

Le temps aidant je suis contraint de reconnaître que si, financièrement parlant, je n'ai pas retrouvé ensuite le niveau que j'avais alors atteint, les expériences professionnelles, les rencontres, les entreprises et les emplois occupés valaient largement la peine de ce renvoi un peu sec, certes, mais pas "injustifié".

(quoi que la raison majoritaire pour laquelle j'ai finalement remporté les Prud'hommes était cette fameuse qualification d'insuffisance de résultats")

Depuis cette lointaine époque mon licenciement ferait presque figure de lit de roses: on licencie en déménageant des usines pendant un week-end, par sms, par téléphone quand on ne propose pas des postes à 30% du salaire dans des contrées sympathiques mais fraîches comme la Roumanie.

"Up in the air", film de Jason Reitman avec George Clooney en homme qui vient licencier les gens pour le compte de sociétés qui payaient la sienne pour cette mission réussissait presque à le rendre sympathique!!!

La "flexisécurité", mot-valise employé par le Medef et les médias est intraduisible en jargon quotidien. Il regroupe ces idées de contrat de travail au rabais, de conditions de travail (horaires, lieux, périodes...) précaires et de salaires médiocres et non garantis.

Je ne nie pas (et j'ai commencé ce post par le dire) que certains salariés sont inadaptables, que d'autres sont dépassés et, enfin, que certains "n'y arrivent plus". Une entreprise doit faire du bénéfice et les salariés sont payés pour qu'elle y arrive. Il n'est pas anormal qu'un employeur sacrifie des salariés sur lesquels il ne peut pas ou plus compter. Ni qu'il ferme des sites peu rentables.

Ce qui l'est est de se servir des salariés comme d'une variable d'ajustement.

Sur le continent américain on peut être licencié le mercredi à 16H00 et retrouver un emploi le jeudi suivant, meilleur et mieux payé.
Si la "flexisécurité" conduit à ça je l'applaudis. Des deux mains!

 

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Published by Bertrand P
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