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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 07:00

Il y a plusieurs façons de regarder, près de 60 ans après qu'il ait été tourné et monté le film de Louis Malle "Ascenseur pour l'échafaud".
La méthode intellectuelle-pleine de parti-pris qui insistera sur la musique (forcément géniale) de Miles Davis, l'insistance sur le très jeune âge (26 ans) du réalisateur à l'époque, le jeu de la comédienne Jeanne Moreau (exquis, naturellement) et l'habileté machiavélique du scénario.
Basé sur un roman de Noël Calef, le scénario et les dialogues sont signés Louis Malle et Roger Nîmier. Calef et Nîmier ne sont pas seulement oubliés de nos jours: ils semblent n'avoir jamais existé.

Il y a la manière: "machine à remonter le temps". Le film n'est regardé que parce qu'il permet une plongée dans le temps: les cafés parisiens, le téléphone à cadran et à fil, la Mercédès 300 SL et ses portes "papillon", le Métro Bir-Hakeim Grenelle et le vieux métro aux rames "Sprague".

Variante de la dernière; la méthode "historique", la presse bon enfant, le responsable de la justice qui se fait mousser, les moeurs de l'époque, l'alcool et les cigarettes omniprésents, les voitures. Sans oublier les rapports sociaux de l'époque (le fondé de pouvoir obséquieux avec Moreau, le flic très respectueux avec la même lorsqu'il apprend qui elle est), les rapports entre commerçant et petit personnel, salariés, employés, le matériel du standard téléphonique et le taille-crayons électrique de la standardiste, l'appareil photo "moderne", la capote électrique de l'auto américaine de Maurice Ronet..

A la manière du cinéphile qui s'amuse à retrouver celles et ceux qui sont devenus, par la suite des bons seconds rôles (Charles Denner, François Mestre, Félix Marten), des bons premiers rôles (Lino Ventura) et même des histrions célèbres (Jean-Claude Brialy).

Il y a ceux qui regardent un film qui raconte une histoire embrouillée mais pas mal menée, qui regrettent l'excellent acteur qu'était Maurice Ronet, qui s'exaspèrent du jeu "jeune" de Georges Poujouly et du maniérisme de celui de "Mademoiselle Moreau" qui, parce qu'elle vient de mourir, s'est vue ensevelir sous les fleurs et les compliments pendant 36 heures. L'autre personnage féminin, un vendeuse de fleurs "bête à manger du foin" comme on disait à l'époque est un "caractère" qui a disparu, et c'est tant mieux, dans la vraie vie comme au cinéma.

Enfin il y a ceux qui, comme moi, ont regardé ce film avec tous ces regards et l'ont trouvé plutôt bien malgré l'usure (visible) du temps.

 

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