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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 07:00

C'est l'été et je n'ai pas envie de me plonger dans un livre abscons d'Heinrich Böll. Pas de lire les best-sellers aussitôt la lecture achevée oubliée. J'ai jeté mon dévolu sur ces grosses autobiographies signées de rock-stars de "mon" époque. Keith Richards ("Life") a ouvert le bal. Dylan a suivi puis Nick Mason, Townshend ("WHO I am") et enfin Bruce Springsteen et "Born to Run".

C'est, de très loin, ce dernier qui remplit le mieux le contrat: faire comprendre le Rock, expliquer la vie de ces demis-Dieux, leurs problèmes et la façon dont eux mêmes se voient et gèrent leur célébrité. Il n'élude rien et dresse un portrait (assez) impitoyable de ses faiblesses et n'enjolive en rien une vie qui, tous comptes faits possède de beaux aspects (essentiellement composer des chansons qui atteignent leur public et qu'il adore interpréter devant lui) mais un nombre considérable de contraintes et de calamités (la famille, les femmes, la critique, l'argent qui isole...)

Ce qui, chez Springsteen comme chez les autres superstars frappe le plus est leur incroyable admiration pour certains de leurs pairs. Springsteen parle de Clapton avec un infini respect et donne du concert avec Mick Jagger et George Harrison pour son admission au "Hall of Fame" une description de lui qui ressemble à celle de n'importe quel fan ébloui d'admiration et rempli de bonheur de rencontrer ses idoles.

Cet auteur de grand talent, ce compositeur inspiré reste lucide tant sur lui-même que sur son oeuvre et n'hésite pas à se dessiner sans fioritures.

C'est écrit avec le vocabulaire de tous les jours et sans exclure les exclamations triviales du langage parlé: on n'attend pas d'un rocker qu'il parle comme la Rochefoucauld!

Presque tous les albums sont rapidement chroniqués (sauf étrangement, les deux concomitants "Human Touch" et "Lucky Town" qui contiennent pourtant de sublimes titres ("If I should fall behind").

J'ai pratiquement toujours été d'accord avec ses appréciations sur sa propre production et, comme lui, je tiens "Nebraska" pour son chef d'oeuvre absolu (talonné par l'album "Tunnel of Love" qui contient sa  toute meilleure chanson "Tougher than the rest" et "Brilliant Disguise" qui ne démérite pas).

Une autobiographie passionnante qui, évidemment, convient à ceux qui connaissent Bruce Springsteen mais pas obligatoirement car elle va au-delà de la musique et de la célébrité pour dévoiler l'unité d'un homme, avec ses faiblesses et ses forces.

J'ai hésité à lire "Born to run" (en le lisant près d'un an après qu'on me l'ait offert) de peur d'être déçu par le personnage. C'est le contraire qui est survenu: je suis heureux d'avoir suivi depuis si longtemps un type aussi remarquable.

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