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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 07:00

De tous temps j'ai eu une attitude contrastée avec le magazine "Télérama". La première se traduit à peu-près par la réflexion: "mais pour qui se prennent-ils ? ce vulgaire journal de programmes télé se la pète vraiment" la seconde étant le contraire: "il n'y a pas à dire, c'est autre chose".

La vérité est que cet hebdomadaire est exactement à la rencontre des deux affirmations. Télérama est un journal de programmes de télévision mais pas que.

Je ne l'achète jamais mais, lorsuq'il m'en tombe un sous les mains, je le feuillette avec plaisir et... agacement.
Agacement parce que ce journal a ses têtes. Il adore célébrer Pasolini, Gus Von Saint, David Lynch, Jean-Luc Godard, Woody Allen, Jeanne Balibar, les Garrel père et fils, feu Jacques Demy et sa Varda, Woody Allen et une vingtaine de "happy fews" idolâtrés par les bobos CSP++++.

Ce tropisme intello-branché-hermétique mis à part, le magazine qui s'adresse prioritairement aux personnes cultivées de gauche idéalement représentés par les professeurs d'université n'a aucun mal à supplanter TOUS ses pâles concurrents.

Je lui reprocherais ses parti-pris, ses "facilités", sa volonté -parfois- de "faire chiant", ses gimmicks d'écriture et, en fin de compte, ses emballements prévisibles.

Dans le gîte Normand que nous avons loué une semaine mi-août il y avait 4 numéros de Télérama: l'un portait un dessin de Sempé en couverture pour annoncer un dossier concernant "la mue des musées", l'un David Bowie, encore vivant et consacré à ce qui serait son avant-dernier album, un autre sur Guy Debord et j'ai oublié tout du dernier sauf qu'il était volumineux et que le dossier central parlait de la peinture engagée sous la dictature hitlérienne. 

Rien à dire: les dossiers, bien qu'un peu courts, valaient largement ceux des hebdomadaires consacrés (l'Obs, l'Express, Marianne, le Point, Society...) et les dépassaient même par une iconographie choisie et des exemples puisés plus souvent derrière le périphérique de Hidalgo-City. Une mention particulière pour celui consacré aux musées qui n'oubliait pas de pointer du doigt (si j'ose dire) les "audio-guides" et donc les idiots-guidés..

A propos du cinéma, point fort du titre, si Xavier Dolan et quelques autres restent intouchables, on sent une réévaluation des films projetés et une volonté d'être plus justes. On se prosterne devant Godard mais on fait moins la moue devant Sautet ou même Grangier.

... les combats idéologiques sont derrière Télérama qui reste cependant vaguement contaminé par la psychanalyse, la politique et même l'inquiétude sur l'au-delà...

Pour un journal qui décline les programmes de télé c'est plutôt une qualité!

 

 

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