Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 07:00

Moments de désoeuvrement mais aussi de calme j'ai profité de l'entre deux fêtes pour lire, écouter de la musique (à haute dose les "Vêpres solennelles pour un confesseur" avec Kiri te Kanawa en soliste, mais aussi le "Music for Queen Caroline" de Handel par les Arts florissants sous la direction de William Christie et une version surprenante de "Orphée et Eurydice" de Gluck version Juan Diego Florez, Garmendia - Marianelli le choeur et l'orchestre du Théâtre Real sous la direction de Lopez - Cobos). S'endormir avec l'une de ces 3 oeuvres distillées d'une pièce lointaine est un pur bonheur.

J'ai aussi regardé, sur "Youtube" des documentaires absolument remarquables sur la campagne présidentielle 2017 incluant la dramaturgie du dégagisme, des primaires de droite puis de gauche, des affaires et le résultat des deux tours: ce documentaire ("Le film de la campagne de la primaire de la Droite et du Centre") réalisé par Camille Vigogne le Coat et César Charbonnier pour C'Politique est remarquable à plus d'un titre. La campagne de Sarkozy, celle de Juppé et celle de Fillon y sont disséquées sans complaisance et la nature profonde des affrontements et divisions des 3 hommes (auxquels il convient d'ajouter Bruno Le Maire et Jean-François Copé) expliquées clairement. Les erreurs et les fausses bonnes idées sautent aux yeux ce qui n'était pas le cas dans le feu de l'action. Une surprise, et de taille pour moi, Copé, que je ne supportais pas, y est drôle et parfois subtil, bien supérieur à l'image qu'on s'en fait habituellement. Voilà un homme qui a tout perdu qui se croyait présidentiable et qui a obtenu 0,3% des voix de son propre camp et qui en rit et ne semble ni en souffrir ni le regretter. Ce n'est plus de la résilience, c'est autre chose! Ses analyses ne sont pas stupides, ses commentaires plutôt bien vus et sa vison des combats politiques dans son camp très pertinente. Une surprise, je le répète.

L'autre film, signe Patrick Rotman s'appelle "Les fauves" et est consacré à l'affrontement à épisodes entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. C'est un film palpitant et stupéfiant par la haine qui suinte des rapports entre ces deux hommes que tout oppose. Dans un autre monde que le monde politique cette violence est, me semble t'il, impossible dans une telle intensité sur une telle durée. En entreprise on aurait déplacé l'un des protagonistes.

Les mots utilisés ("nain", "nabot") et les phrases venimeuses ("comment confier la France à un type qui ne peut pas retenir sa femme?") laissent sans voix tant la violence est incandescente.

Il faut regarder ce document pour vérifier, une fois encore, que les affrontements les plus sanglants se font entre gens du même bord politique: Giscard et Chirac, Chirac et Balladur, Chirac et Sarkozy. Mais on se gardera d'oublier Mitterrand et Rocard, Fabius et Jospin....  qui n'avaient de leçon de haine à recevoir de personne!

Une constante, dans les deux documentaires: la présence silencieuse d'un notaire de province, bien habillé façon Rotary ou Lion's club, pendant des années et des années, la mèche sage et l'encombrement minimum de François Fillon qui fut de tous les combats et disputes, toujours deuxième ou troisième couteau mais toujours prêt à avancer son pion.
Comment cet homme terne et sans envergure, lieutenant de tous, a t'il pu arriver à être le "candidat officiel" de la Droite et du Centre cette année est une énigme et c'est une question à laquelle ces documentaires ne répondent pas mais qui mériteraient d'être posée!

 

Partager cet article

Repost0

commentaires