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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 08:00
Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Je suis allé voir une drôle d'exposition "officielle" au Couvent des Jacobins à Toulouse. Vous le savez, depuis longtemps on ne dit plus "exposition" qui est un terme suranné à bannir mais "installation" qui est plus branché et correspond mieux à l'époque.
Notez que "déballage" conviendrait tout aussi bien.

Non que c'était mal ou inintéressant. Si, comme de nombreux visiteurs j'y suis allé c'est que j'étais attiré par ce que j'en avais lu ou entendu et l'idée que je m'en faisais.

Quelle était-elle cette idée? elle venait des photos des morts civils et militaires de la Commune de Paris (1871) que j'ai vues il y a très longtemps et qui m'ont beaucoup marqué: la mort y était inscrite sans fioritures et dans sa froide évidence. Les visages étaient d'ailleurs et les positions étranges. S'y ajoutait des représentations de la "chapelle des capucins" à Rome dont j'ai reçu un jour une carte postale très impressionnante avec ce commentaire: "fais attention Bertrand ou tu ressembleras à ces messieurs". C'était un message gentil venant d'une personne que j'aime mais ça a laissé une trace en moi d'intérêt pour cette crypte que je n'ai pas encore visitée. Catacombes, ossuaires et tombeaux royaux m'ont toujours attirés.

J'ajoute qu'au moment où j'ai décidé d'aller voir l'installation "Ci je Gis" ma fille m'a parlé d'une de ses connaissances, une jeune femme, dont le métier est thanatopractrice en soulignant que cette personne la choquait par la verdeur de son langage et le côté cru de sa conversation (qu'on peut comprendre...)

Bref j'étais en condition pour aller dans ce sublime écrin urbain qu'est le Couvent des Jacobins. Première surprise: le réfectoire où se tenait l'exposition était plongé dans un noir presque complet. Des boîtes en bois de taille humaine (rappelant un cercueil mais sans la forme caractéristique) étaient disposées dans toute la salle, à plat, debout contre un mur ou empilés. Un dispositif réfléchissant la lumière collé sur les parois extérieures en indiquait l'emplacement.
La lumière venait d'une lampe frontale qu'on nous remettait à l'entrée.
Dans les boîtes, entièrement noires, il y avait des photos d'hommes et de femmes (Toulousains contemporains) simulant la mort, habillés d'oripeaux d'un autre temps, souvent pieds nus et maquillés pour rappeler cet état définitif de celui qui ne respire plus. Position des mains, ouverture des yeux ou de la bouche tout ressemblait à la mort tout en étant (heureusement) un simulacre. Dans la salle, des tentes noires remplies de matériel audio, diffusaient en continu des bribes de phrases étranges qui ajoutaient à l'atmosphère macabre.

Je n'ai pas eu à réfléchir si je voulais me faire photographier dans cet équipage puisque c'était un jour sans. L'aurais-je fait? je crois que oui car je suis (un peu) exhibitionniste...

Je me suis lassé, assez vite, de ces photos qui se ressemblaient beaucoup et n'ai pas réussi à en comprendre l'intérêt. Une fausse-bonne idée sur un thème malsain ou une juste improvisation sur un questionnement profond? je ne saurais le dire.

 

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