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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 07:00

J'ai eu une drôle d'idée pendant les "vacances de Noël": regarder un film avec Danielle Darrieux qui est décédée à l'âge de 100 ans à la fin de l'année. Mon choix s'est porté sur "Madame de ..." de Max Ophuls avec Charles Boyer et Vittorio de Sica.

Il s'agit d'une adaptation du roman de Louise de Vilmorin, roman "charmant" (dans le sens de léger) qui eut son petit succès.

Danielle Darrieux est une comtesse mariée à un général, frivole et dépensière qui aime séduire les hommes et se brûle à son propre jeu. On le voit l'intrigue ne donne pas mal à la tête!

Le film, naturellement, a considérablement vieilli: les rapports hommes et femmes sont stupéfiants: oisive Madame de n'a rien d'autre à faire qu'organiser des bals, aller à des bals, séduire des hommes qui tombent instantanément sous son charme, dépenser de l'argent et voyager pour oublier des sentiments qu'elle a malencontreusement fait naître.

Son général de mari est fat, imbu de lui-même, ridicule, le militaire Français typique qui a perdu toutes les guerres de 1970 à 1940.

Les rapports sociaux sont ceux que regrettaient tant Ormesson: chacun à sa place et les riches au sommet. Choyés, respectés, enviés et admirés. "Le Figaro" d'aujourd'hui souscrit.

Et "Mademoiselle Danielle Darrieux"? eh bien c'est la comédienne insouciante et superficielle qu'elle a si souvent joué. C'est un archétype de femme charmante et sûre d'elle qui domine les hommes par sa beauté et sa "race". On ne peut pas dire qu'elle joue "faux" ou "mal"; elle joue daté.

Les hommes ne sont pas mieux lotis: Vittorio de Sica est une gravure de mode sans épaisseur et Charles Boyer une vieille ganache risible.

Du dialogue restent les phrases "c'est seulement superficiellement que notre relation est superficielle" échangé par les deux époux et le célèbre "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas" que laisse échapper Danielle Darrieux en pensant le contraire.

Le film est souvent cité comme un écrin pour l'actrice et comme représentatif de ce cinéma des années 40.

C'est peu dire que ce cinéma là est démodé et vain. Je ne dis pas que les pensums complaisants de notre cinéma contemporain sont meilleurs. Mais la femme et le portrait qu'on en a faits ont heureusement évolué.

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