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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 07:00
photos extraites du film
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https://youtu.be/BeZLF_SE3II

 

Dans le cadre de son année consacrée aux rapaces le Museum d'histoires naturelles de Toulouse a programmé et diffusé ce samedi, dans son auditorium, un film d'amateur (non scientifique) consacré à un phénomène surprenant et dérangeant.

En présence de l'auteur, Stéphane Batut, a été diffusé son document tourné au Tibet en 2014 et présenté sous le titre de "Le rappel des oiseaux".

Batut, en voyage d'agrément et en famille, s'est vu proposer par une hôtelière, en guise d'attraction touristique, d'assister à des funérailles d'un genre particulier: des corps de défunts sont livrés aux becs de vautours et autres oiseaux rapaces charognards (Gypaète barbus).

Avec un petit groupe de touristes curieux et muni d'un matériel semi-professionnel pour enregistrer son et images, muni de quelques autorisations (moine, famille) il assiste et tourne un film réellement étonnant. Le montage gardera quarante minutes sur 4 heures tournées.

Dans une sorte de cirque de montagne perché à 4000m d'altitude, jonché de pastiques et de papiers; des hommes (une huitaine) et des vautours (une cinquantaine) piétinent. Une sorte de moto tractant une carriole arrive dont on descend un sac qui paraît lourd et encombrant.

Un homme portant un chapeau et revêtu d'une sorte de tablier constitué d'une bâche en plastique transparent retenu par une ficelle s'affaire autour de ce sac. C'est une dépouille mortelle. On le devine plus qu'on ne le voit. Il entaille la chair aux articulations (la personne est décédée depuis 6 jours, elle ne saigne pas!) puis s'éloigne.
Comme à un signal les oiseaux (moins laids que les vautours africains car ne possédant pas leur cou rose déplumé) recouvrent leur "repas". En 30 secondes (5 minutes dans la réalité) il ne reste pratiquement rien. L'officiant revient et, sur une pierre plate, écrase lentement et régulièrement les os restants après avoir appelé les hommes de la famille et montré qu'il a laissé "l'âme" s'envoler par un trou dans le crâne. Cette séquence de broyage des os est longue et éprouvante. D'autant que l'on ne peut oublier qu'il s'agit d'un cadavre humain.

Un second cadavre, celui d'une femme jeune, est apporté qui subit exactement le même sort et traverse les mêmes étapes. Ce corps-là nous parle plus parce qu'il a été dévêtu devant nous et qu'il semblait mort récemment. Il n'y a heureusement pas de son intempestif mais certaines images sont choquantes. (une main... entre autres)

Un tibétain traduit les quelques mots prononcés, ici ou là, par la famille (uniquement représentée par des hommes) et l'officiant. Le moine se tenant à distance du sacrifice et ne prononçant aucun mot intelligible.

On voit encore les vautours picorer quelques restes puis le passage d'un groupe de nuages remplit l'écran suivi des arabesques dans le ciel d'un gypaète sur ciel gris. Le message est clair sur l'esprit qui s'est envolé.

Présent dans la salle le réalisateur a répondu aux questions du public avec sagesse et retenue. Tout le monde semblait un peu éprouvé: les questions ont été intelligentes mais en nombre limitée. Il a été question de rites similaires en Perse ancienne et en Inde. Toujours interdites, elles ont lieu au Tibet où, faute d'arriver à les interdire, les autorités chinoises les tolèrent en fermant les yeux.

J'avais inscrit cette séance de film documentaire sur mon agenda il y a longtemps. Je savais le sujet ardu et difficile mais il m'intéressait. Et je ne me suis pas trompé.

 

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