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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 07:00
Le combat de trop

On a tous connu ce chanteur, ce sportif ou même cet homme politique qui s'humilie en se ridiculisant parce qu'il fait "le combat de trop".
C'est un sentiment désagréable à proportion de la sympathie que l'on éprouvait pour lui que d'assister à ce naufrage inutile et souvent annoncé.

C'est -même si je reste nuancé- l'impression que je ressens en voyant Mick Jagger (et ses Rolling Stones!) s'auto-parodier à un âge où l'heure de la retraite a largement sonné.

Certes le chanteur lippu a conservé une forme dont je ne suis pas jaloux mais que j'admire. Forme qui, cependant, n'efface pas les soixante-quatorze ans qu'il affiche au compteur. Il a beau tortiller du croupion et arpenter les scènes du monde entier devant un public jamais rassasié il est à la limite du pathétique.

J'entends bien  que son patrimoine doit coûter cher en entretien et que les mannequins de cinquante ans de moins que lui qu'il affiche à son bras réclament des liquidités je ne peux m'empêcher de trouver un peu navrant de le voir chanter "Street Fighting Man", "Let's spend the night together" ou "(I can't get no) Satisfaction" en faisant les grimaces qu'il faisait il y a quarante ans.

On a parlé, pour des gens comme lui, de "syndrome de Peter Pan": une sorte de refus de voir le temps passer et le combat de tous les instants pour empêcher les stigmates de l'âge vous aborder.

Voir Keith Richards, vieille diseuse de bonne-aventure ridée et maniérée, Charlie Watts déjà naturalisé et Ron Wood fracassé et ridicule accompagner Peter Panpan dans ses gesticulations d'un autre temps est gênant. Moi, en tous cas, ça me met mal à l'aise.

Gênant parce que leur exhibition nous dit que l'arbitre a aussi sifflé la fin de la partie pour nous et gênant parce que ce que l'on admirait montre ses limites culturelles.

Le rock est devenu un Barnum d'attitudes faussement provocatrices dont profitent des petits malins qui ont su transformer les aspirations et malaises des jeunes en espèces sonnantes et trébuchantes jusqu'à atteindre la perfection de machines à fric comme U2.

Évidemment, en écrivant cela je me range dans le clan des vieux cons mais j'assume. Rien de plus "humiliant" que la lucidité sous-jacente qui accompagne la prestation d'un vieux cheval de retour qui refuse de rentrer à l'écurie. Une petite voix qui dit: "le rock, à 30 ans c'est fini".

Les contorsions du vieux Mick chantant "Start me Up" sont assassines.

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