Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 07:00

J'habite à Toulouse qui est une ville assez éloignée de Paris. Prenez le 11 novembre par exemple. Il faisait un soleil radieux qui jouait dans les arbres ayant encore la plupart de leurs feuilles allant de vert à rouge en passant par toutes les nuances du jaune.
Rien à voir avec la pluie et le ciel bas et gris de la Capitale au même moment.
Il y avait bien, à l'arc de triomphe assez laid de la la ville rose une cérémonie avec militaires en tenue de gala, quelques gros officiels imbus de leur importance, les journaleux de la "Pravda" locale et un maigre public qui se déplace plus volontiers pour voir des minotaures sur roulettes que des soldats rendant hommages aux grands anciens...

Moi même je les ai vus de mon vélo alors que je passais sans m'arrêter pour aller au Marché St Aubin.

Il eut été criminel de ne pas commémorer le 11 novembre, il est un peu dérangeant de le faire: les morts n'ont rien demandé, ni de mourir ni d'être honorés. Morts pour la France est, 100 ans après, une épitaphe difficile à envisager. A la lumière de ce qu'on sait des suites, la 1ère Guerre Mondiale n'a non seulement pas été la "der des der" mais le prélude à la suivante peut-être encore plus odieuse et inhumaine.

Comme on va déposer de laids chrysanthèmes sur la tombe du Papi on dépose une gerbe sur celle du soldat inconnu, devant le monument aux morts ou sous la plaque du souvenir. C'est mieux que rien si ce n'est pas grand chose.

A Paris Trump et Poutine s'ennuient de voir Macron tirer la couverture à lui et se demandent peut-être s'ils finiront par déclencher la 3ème, pensée qu'ils partagent avec quelques uns du parterre de chefs d'états élus, désignés, de naissance ou captés.

En réalité je suis depuis toujours très "concerné" par la Guerre de 14. J'ai lu, il y a bien longtemps, les livres les plus significatifs sur la vie des combattants ("A l'ouest rien de nouveau", "Ceux de 14", "Orages d'acier", "Les croix de bois", "Le feu"...) et me suis passionné très tôt pour ce moment qui a vu l'Europe se suicider.

Je n'en reviens pas de voir le centenaire de cette guerre qui a semblé relativement proche à ma génération. Je n'ai pas oublié le texte de Victor Hugo ("Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie...." que notre professeur de chant du collège Chernoviz à Paris, Mme Pharenc nous avait fait chanter devant des Officiels tricolorés de haut en bas. Déjà à l'époque j'avais trouvé le texte "bouffi".

"Ceux qui pieusement (leur a t'on jamais demandé leur avis? croyaient-ils encore après avoir vu et vécu ce qu'ils virent et vécurent?) sont morts pour la patrie (le front, les mitrailleuses devant, la gendarmerie le peloton d’exécution derrière, où était le choix?) ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie (ça leur faisait une "belle jambe"!) Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau (oui...), toute gloire près d'eux passe et tombe, éphémère.  Exercice un peu vain que j'arrête pour citer le texte entier. Emphase incluse.

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue,
Que le haut Panthéon élève dans la nue,
Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,
La reine de nos Tyrs et de nos Babylones,
Cette couronne de colonnes
Que le soleil levant redore tous les jours !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe,
En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe,
Passe sur leur sépulcre où nous nous inclinons ;
Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle,
La gloire, aube toujours nouvelle,
Fait luire leur mémoire et redore leurs noms !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
A ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !
 
Un million quatre cent mille Français morts entre juillet 14 et novembre 18.
rarement "couchés dans la tombe" mais déchiquetés, broyés, pulvérisés et mélangés à la boue... la licence poétique permet l'euphémisme!
 

                                                

Partager cet article

Repost0

commentaires