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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 07:00

L'avocate que j'ai choisie, sur suggestion appuyée de Catherine, pour m'épauler, me défendre, attaquer et GAGNER dans le recours aux tribunal des Prud'hommes que j'ai intenté à mon employeur en deux mille et quelques. était spécialiste de ce genre de cas, possédait une certaine renommée et elle m'avait fait très bonne impression.

C'était la première fois de ma vie, personnelle comme professionnelle que j'avais recours à un avocat et j'étais un peu impressionné par le métier comme par celle qui l'exerçait et à laquelle je faisais appel.

A l'écouter mon affaire était simple et éminemment "gagnable". J'avoue avoir été surpris que ma conseillère minimise devant moi et à notre prise de contact les difficultés qu'elle allait (peut-être) rencontrer et la complexité de mon affaire.

Une fois d'accord sur le "protocole" (les honoraires en fixe en en pourcentage sur les gains éventuels) je la mandatais pour obtenir de mon ancien employeur qui m'avait viré (après de nombreuses années de services) avec une certaine désinvolture et en employant des méthodes que je qualifierais, encore aujourd'hui, de malhonnêtes.

Le 1er round était la conciliation mais il n'y en eut pas. J'étais outré des motifs -apparus après mon licenciement- qui justifiaient, selon l'entreprise mon renvoi pour le moins rapide.
Je n'aurais pas été contre une conciliation mais l'avocate parisienne de mon ex-employeur avait, c'était visible, des ordres contraires.

C'est moi, le client donc, qui avais préparé un lourd dossier avec des tableaux, des doubles de mails, des notes internes et autres documents qui appuyaient ma thèse. Un mail envoyé en pleine nuit, un jour où je rentrais de réunion au siège de la société et où je m'étonnais d'avoir été "ostracisé" et mal traité, pièce maîtresse de ma défense, y figurait en bonne place.

Le 2ème round, après deux renvois à des dates ultérieures demandés et obtenus par la partie adverse se passa plutôt bien: l'avocate de mon ex-employeur se mit presque à dos les Toulousains par sa morgue et son mépris presque palpable de ma personne qu'elle n'avait pourtant jamais rencontrée ni même entendue. Ajoutée à des réflexions sur "la province" qui furent mal reçues. Je l'emportais et n'avais, dans l'euphorie, pas trop analysé les faits et gestes de ma propre avocate.

L'Appel, qu'avait déposé mon ex-employeur, suivit un renvoi surprenant de l'affaire par la juge qui dit au tribunal qu'elle ne pouvait juger l'affaire, mon fils et le sien étant amis.

L'appel était "la" grande affaire. J'étais inquiet et sentais mal l'audience. Le juge était de méchante humeur dans les dossiers étudiés avant le mien.

C'est dans ces circonstances qu'à ma stupéfaction (et mon effroi!) je vis mon avocate surligner au "Stabilo" des phrases dans les pages du dossier que je lui avais constitué plus de deux ans auparavant. Elle le redécouvrait! Elle n'avait rien préparé et comptait sur son talent, la chance ou les deux pour remporter l'affaire.

J'étais abasourdi de l'entendre dire des choses fausses qui ne figuraient nulle part dans mon dossier, de l'entendre modifier des situations ou de manier des approximations qui pouvaient me faire perdre. L'enjeu, pour moi était quand même d'obtenir une somme importante justifiée par mon licenciement abrupt, ma perte financière conséquente, mon chômage, l'age que j'avais etc., pas de payer des frais de procès et des dommages-intérêts à l'entreprise qui m'avait brutalement jeté!

Quelques mois après j'appris -par téléphone- que j'avais gagné en appel et que l'adversaire n'avait pas poussé le ridicule jusqu'à se pourvoir en cassation.

Mon admiration des avocats s'est éteinte ce jour de l'appel à Toulouse. Je n'oublierais jamais les feuillets en équilibre sur le genou de "mon" avocate, ses coups de "Stabilo" et sa plaidoirie d'équilibriste.

... Et cela explique que je n'ai pas insisté lorsque Nico a abandonné le Droit.

 

 

 

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