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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 07:00

Le narrateur est né en 1982 il a donc 1 an de plus que mon fils. Le père, sujet du livre "l'homme des bois" est mort en 2015 à 61 ans.

Pierric Bailly dans un livre à la fois intime et discret parle de son père sans l'idéaliser ni le démolir. Il se le rappelle en vidant son appartement, en conduisant sa voiture, en préparant sa crémation puis en dispersant ses cendres (un moment rare de pudeur mais aussi d'humour. J'ai trouvé le détail des ongles noircis amusant: il m'a rappelé la légende qui veut que Keith Richards ajoutait les cendres de son père à sa coke pour les fumer!).

C'est un petit livre d'atmosphères inséré dans une région , un paysage, une humanité définis depuis l'éternité. Le caractère du défunt s'affirme par petites touches, tantôt positives, tantôt critiques, tantôt admiratives et parfois émues.

L'auteur est un homme très différent de son père dont il fait le portrait: seuls les paysages du Jura et quelques traits de leurs caractères les rapprochaient.

Sans être de ces livres qui sont trop géographiquement situés "l'homme des bois" décrit à merveille une région bien définie (autour de Lons-le-Saunier) qu'il donne envie d'aller visiter séance tenante.

J'aime bien des passages personnels tel celui-ci

"il était chauve, comme ses trois frères, tandis que leur père à tous les quatre, à quatre-vingt dix ans passés, possède encore tous ses cheveux. A l'adolescence on me répétait que je n'avais pas de souci à me faire, puisque le phénomène sautait une génération. Une belle connerie." (p.100)

J'aime aussi l'originalité des obsèques telles qu'il les a envisagées et organisées ("sans chiens ni curés") et la façon dont elles ont été commentées. J'aime la réflexion sur Léo Ferré ("Et...basta!", "l'âge d'or") qui définit l'auteur mieux qu'un portrait. (j'ai renoncé à lire sa biographie sur le net pour rester sur mon impression de lecture). la liste exhaustive des prénoms des femmes de sa vie est drôle aussi: plus qu'un acte d'état civil elle donne l'âge, elle situe l'époque du mort et de ses conquêtes.

Ses digressions sur les empreintes de lignes de chemin de fer déposées, les tunnels désaffectés et les chercheurs bourrus de morilles m'ont enchanté. Ce qu'il décrit de la vie à la campagne, sans l'idéaliser, aussi. Les fratries, la vie de famille... sont criantes de vérité. Jusqu'aux réflexions des uns et des autres.

J'ai choisi ce livre (Folio) pour la beauté de sa couverture et la quatrième page de couverture. Je ne connaissais ni l'auteur ni le sujet.

... je vous le recommande donc!

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