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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 07:00

Ma mère qui l'adorait et l'avait vu à l'Olympia lors de la création d' "Amsterdam" m'a fait connaître et apprécier Jacques Brel. Pendant de très longues années, parallèlement au rock, au R n' B et quelques autres musiques il a été l'une de mes références.

Je connaissais par cœur ses chansons, de l'époque Philips à celle de "L'homme de la Mancha". Il y avait bien quelques scories dans l’œuvre et l'homme Brel n'était pas sans défauts. J'ai moins aimé l'acteur et encore moins le metteur en scène. Mais pour des paroles telles: "Mon Père était un chercheur d'or/l'ennui c'est qu'il en a trouvé" (l'Enfance) je lui pardonnais tout (enfin... sauf d'avoir joué dans un film de Lelouch!) et lui revenais.

Je considère encore qu'il a écrit de très grandes chansons même si, aujourd'hui, elles sont datées musicalement et présentent un monde englouti déjà ancien. Des mondes, le sien et le mien de l'époque.

Je confesse que je ne l'écoute plus qu'accidentellement mais ai gardé une certaine tendresse pour le "Grand Jacques".

Hier, mercredi 15 mai, vers 22H35 j'ai surpris, sur France Culture, un morceau de conversation entre deux hommes qui discutaient avec des arguments élevés de la masculinité, du phallus, du pouvoir et autres sujets aussi ardus et compliqués. Leur questionnement portait sur "l'inconscient est-il sexué". Ni plus ni moins!. Il y avait là un psychanalyste appelé Jacques André qui, soudainement, a parlé de "Ne me quitte pas" la chanson de Brel. André disait qu'il avait lu qu'Edith Piaf avait dit à Brel qu'un homme ne pouvait chanter un tel texte trop féminin à ses yeux. Il fit alors cette remarque: "beaucoup de chansons de Brel sont assez féminines" et, lui et l'animateur Frédéric Worms passèrent à autre chose me laissant ahuri avec "ça".

Et, en y réfléchissant, j'abonde dans le sens de ce psychanalyste. Brel, par ailleurs macho et goujat, a écrit une œuvre dans laquelle il n'a pratiquement jamais "le beau rôle" mais aussi dans laquelle ses sentiments et réactions sont effectivement assez féminins. M'est revenu le texte de "La Fanette" une chanson qui illustre à la perfection cette découverte. Plus connue "Mathilde" est aussi une illustration de ce que disait ce psychanalyste.

En m'endormant je cherchais avec inquiétude d'autres preuves de cette sensibilité particulière qu'aurait eue Jacques Brel mais n'en ai pas trouvé d'autres aussi évidentes.

Si j'aimais bien "Mathilde" et son emballement, ni "la Fanette" ni encore moins "Ne me quitte pas" n'ont fait partie de ses chansons que j'appréciais.

Et puis... A ses débuts on l'appelait "l'abbé Brel".

C'est le propre d'une oeuvre profonde d'être analysée sous tous les angles et de susciter des commentaires nombreux et variés, déplaisants aussi.

 

 

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