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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai été surpris de lire la phrase suivante à propos de David Bowie: "il improvise des paroles en les écrivant avec la technique du cut-up réadaptée à son ordinateur: mots et phrases sont mêlés et replacés dans un ordre aléatoire". (Rolling Stone - David Bowie 1947-2016).
Le cut-up est une technique littéraire, inventée par l'auteur et artiste Brion Gysin, et expérimentée par l'écrivain américain William S. Burroughs, où un texte original se trouve découpé en fragments aléatoires puis ceux-ci sont réarrangés pour produire un texte nouveau.

J'ai été intrigué et intéressé par cette information; en effet les paroles des chansons, principalement en langue anglaise et Française sont parfois déroutantes. Un auteur comme Boris Bergman connu principalement pour sa collaboration avec le Bashung des débuts écrivait des paroles "sans queue ni tête" dont les mots sonnaient bien et formaient un tout hermétique où chacun entendait ce qu'il voulait.

Même chose pour Bertrand Cantat (qui glisse quelques mots du vocabulaire politique radical pour donner du "grain à moudre" à ses thuriféraires) ou Etienne Rhoda-Gil qui eut toujours un succès inversement proportionnel à la qualité de ses textes (cf "Alexandrie Alexandra"!

En anglais les paroles sont souvent difficilement traduisibles pour la raison qu'elles.... ne veulent rien dire. Les mots sont choisis pour leur sonorité et les phrases pour leur caractère.

Précurseur, John Lennon (1940-1980) a écrit des chansons entières sur ces principes "Lucy in  the sky with Diamonds", "I am the Walrus" (1967), "Happiness is a worm gun" (1968), "Come together" (1969) avant de se recroqueviller sur son nombril.

En y réfléchissant c'est une méthode (celle de Bowie) étrange mais justifiée: la chanson à texte s'écoute mais ne se danse pas. On ne va pas en boîte de nuit pour écouter "la the nana" de Léo Ferré ni "les soldats" de Charles Trenet pas plus que "Sur la place" de Jacques Brel ou "la solitude" de Barbara.

Entre la chanson rythmée et celle à danser il y a la variété ("musak" ou musique d'ascenseur) dont la seule raison d'être est de distraire sans monopoliser l'attention.

Dans cette sous catégorie il y a la chanson à date de péremption (le tout-venant) et celle qui s'écoute sans chercher midi à 14 heures.

En réalité il y a deux traditions qui perdurent: la poésie ou le texte à sens d'une part et la bluette, sentimentale ou pas, qu'on reprend au passant qui la siffle ou la chante. Et chacune a son authenticité et sa raison d'être. Il y a des moments pour écouter "Robert le Diable" de Ferrat et Aragon et d'autres pour "Résiste" de France Gall...

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