Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai re-re-re-re-re-re-relu l'un de mes livres de chevet dont on doit bien trouver une ou deux mentions dans les posts publiés ici même depuis 9 ans et demi; il s'agit du livre de George Orwell "La ferme des animaux" publié en 1945 et qui est une explication du communisme implacable mais traitée en fable.

A chaque fois je suis surpris par l'inventivité, l'humour, le fatalisme, la colère et l'impuissance de l'auteur devant un régime politique qu'il avait impitoyablement percé à jour et qu'il dénoncera de manière remarquable dans "1984" qui découle en partie de "La ferme des animaux".

La "ferme" en question est un petit livre d'une centaine de pages qui explique aussi bien la Révolution de 1917 que le coup d’État des Bolcheviks, la confiscation du pouvoir, la rivalité Staline-Trotsky, la création de la police politique d’État, la collectivisation, les famines organisées, la propagande, la terreur, la guerre, le pacte Germano-soviétique .... et tout ce que l'on savait en 1945 sur l'Union Soviétique. Jusqu'aux voyages des "idiots utiles" qui voyaient de la prospérité et de la liberté là où on leur disait d'en voir.

L'originalité est que ce sont des animaux de ferme, d'inoffensifs (quoi que..) cochons, vaches, chevaux, âne, poules, canards, chiens qui vivent sous ce régime mouvant et de plus en plus autoritaire. Les slogans sont drôles mais aussi inquiétants. Ils préfigurent ceux de "1984": "La guerre c'est la paix" est en germe dans "les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres".

La dictature se met en place et nous en comprenons le mécanisme irrésistible. Orwell s'amuse avec le personnage du corbeau en qui on reconnaît l'éternel religieux toujours prêt à soutenir le pouvoir.

Publier un tel livre en 1945 était à la fois culotté et courageux. Le relire en 2019 c'est se dire que notre époque manque de ces cerveaux brillants qui comprennent leur époque et se sentent investis du devoir de crier casse-cou.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires