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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 07:00

Dans (pratiquement) tous les récits de meurtres de masse, de génocides et de massacres une donnée n'est (quasiment) jamais abordée dans les "pourquoi": il s'agit du plaisir physique ou moral que ressentent les tueurs au moment où ils tuent. Quand ils sont jugés les tueurs se gardent bien de l'aborder au tribunal, même involontairement.

Cette donnée essentielle fausse l'information: les bourreaux prennent du plaisir à tuer, plaisir qui se manifeste par le rire accompagnant le meurtre. Un livre, "le rire des bourreaux" sous-titré "essai sur le plaisir de tuer", publié tout récemment au seuil et signé d'un sociologue allemand Klaus Theweleit examine cette thématique, la valide par des exemples effroyables mais vrais (génocide des juifs, Cambodge des Khmers rouges, Etat Islamique, Rwanda et Anders Breivik) qui tous viennent corroborer sa thèse redoutable.
Les (trop rares) procès de "mass-murderers" analysent les comment et une partie des pourquoi (soumission à l'autorité, ordres, idéologie, préparation mentale, conditionnement....) mais n'abordent que rarement le "plaisir" pris à l'accomplissement des tueries ni, encore moins, le rire qui l'accompagne ou perdure des années après.. Que je sache ce sont surtout les victimes qui souffrent encore des années après et qui font des cauchemars; pas leurs tourmenteurs.

Au Rwanda ordre était donné de faire souffrir les Tutsi (hommes, femmes et enfants) avant de les laisser agoniser le plus longtemps possible. Même chose au Cambodge où la mort était donnée avec un manche de pioche ou par un sac-poubelle sur la tête. La Seconde Guerre Mondiale est pleine de ces récits monstrueux dans lesquels les bourreaux tuent avec une dimension non exprimée de plaisir. Ils y prennent goût et s'amusent à modifier tel ou tel aspect des tueries.

Nos mots, pour blâmer ces orgies de sang sont très en-dessous de ce qu'ils voudraient flétrir comme "non-humain" (inhumain): "bestial", "cruel", "sanguinaire", "brutal"; en réalité ils sont humains et l'archéologie comme l'Histoire montre qu'aucune civilisation et aucune époque n'en a été exempte.

Le rire des meurtriers, qui souligne le plaisir qu'ils prennent à tuer est tout simplement inadmissible. On le tait donc en faisant semblant d'oublier que dès l'enfance le sadisme et la cruauté se manifestent et que l'homme est tout sauf "le bon sauvage" de Jean-jacques Rousseau.

 

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