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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 07:00

C'est entendu, Olivier Gourmet possède le charisme d'une Huître. Il est sympathique comme la grille d'entrée des Catacombes et a commencé sa carrière avec les frères Dardenne, deux joyeux lurons rois de la déconne.

Ce n'est donc pas sans réticence qu'on prend un ticket pour "Ceux qui travaillent", film de Antoine Russbach (2019) dont le sujet est à lire avec un verre d'eau et un cachet de Prozac à la main.                  Ce n'est ni "Camping 3" ni "La vérité si je mens 4", on s'en doute. Et tant mieux car je déteste ces comédies pas drôles où les ficelles sont voyantes et usées à la corde.

Oui. La ficelle usée à la corde est une image étonnante.

Gourmet joue un cadre d'une société de fret maritime qui prend sur lui une décision monstrueuse en se mettant à la place de sa hiérarchie et en tenant compte uniquement de l'aspect financier du "problème" qu'il lui faut résoudre dans l'urgence. Il perd son emploi et en est sonné comme un boxeur sur le ring. Sa vie, confortable mais vaine est bouleversée et il ne sait comment faire face à ce cataclysme sans remettre en cause l'abjection de son ex-entreprise et de ses dirigeants ni sa soumission aux règles affreuses et non-dites de son travail.

Pour conserver sa vie, son standing, sa famille et l'argent qui achète tout il signera un contrat de travail avec un concurrent aux méthodes pires et qui implicitement l'engage pour qu'il se conduise toujours comme il l'a fait par erreur.

A la lecture de ce qui précède on conçoit que le film n'est pas à conseiller aux neurasthéniques, aux dépressifs, aux angoissés d'octobre finissant et à ceux qui ne jurent que par Franck Dubosc.

Et de fait c'est une plongée dans des eaux grises où rien n'est vraiment positif à part la plus jeune des enfants du "héros" qui est lumineuse et joue très juste. La femme, les enfants, les collègues, les voisins, les hommes et femmes du film sont durs et prévisibles, froids et routiniers. La jolie jeune femme qui est chargée de redonner envie de chercher un job à Olivier Gourmet, par exemple, s'efface derrière des protocoles glacials. "L'ami" qui lui remet le pied à l'étrier de montre d'un cynisme noir et met bat le masque: il n'a que faire de la souffrance de son ami. Pire il s'en sert.

Le film est inattaquable sur la forme et sur le fond. La société est vraiment ainsi faite et le capitalisme donne de tels choix à faire, que l'on songe aux abattoirs, aux usines Ceveso, à AZF.....

Les rapports humains sont bien dépeints et la vacuité des jours sans travail, comme le mal-être du personnage principal s'expriment par sa conduite d'une voiture de grand luxe dont le bruit du moteur est le symbole. La lumière aussi participe à l'ambiance. Les êtres, même vivant sous le même toit, se côtoient sans se parler et encore moins se témoigner des sentiments.

Tout ceci est à la fois vrai et triste. Un cinéma du réel qui n'enjolive rien.

 

 

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