Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 07:00

J'avais noté ce mot et sa définition sur le carnet qui me sert habituellement de pense-bête. Je l'avais noté à la suite de la diffusion d'un commentaire sur Landru, ou le Dr Petiot ou un autre criminel de cet acabit.

Commençons par le commencement. Une (il s'agit d'une passion très féminine) hybristophile est une personne qui ressent de l'attirance pour quelqu'un ayant commis un ou plusieurs crime(s).

Il est précisé: "fascination érotique".

Dans  le documentaires vieux de 6 ou 7 ans et présenté, commenté, animé par la comédienne Clémentine Célarié qu'a diffusé la chaîne Planète+ crime investigation le mardi 29 octobre 19 la dimension érotique n'a pas été abordée et le mot "hybristophilie" n'a pas été prononcé.

Ce document, constitué en grande partie d’interviews de femmes 'tombées amoureuses d'un condamné"*, est très prenant parce qu'il n'est ni racoleur ni sensationnel, les deux écueils qui le guettaient.

En regardant les premières minutes j'ai ronchonné en pensant; "il y a assez de mecs sur terre, pourquoi juste s’amouracher d'un assassin"? et ce d'autant plus que la très belle jeune femme dont il était question était raide amoureuse, depuis des années, d'un jeune homme qui a tué des nouveaux nés et des bébés dans une crèche belge.

C'était d'ailleurs le cas extrême. Avec la réflexion d'un avocat qui disait que Marc Dutroux recevait des dizaines le lettres d'amour par semaine.

Toutes les autres femmes étaient à la fois étonnantes et incompréhensibles. Elles étaient lucides si leur passion (et son objet) ne l'était pas. Ce n'était pas des idiotes ou des viragos antisociales mais des femmes "comme tout le monde". Une professeure de mathématiques entre autres. Sensibles, les pieds sur terre, fermes, inébranlables et conscientes de l'étrangeté de leur passion et de son objet mais passant outre.

Très empathique Clémentine Célarié l'était presque trop qui pleurait parfois plus que ses interlocutrices. Cette femme est décidément déroutante: connue pour son "tempérament" et son sens du comique elle s'intéresse à l'âme et aux passions fatales.....

Ces femmes amoureuses de meurtriers, d'assassins, de bandits, de braqueurs ou de chefs de gang n'en démordent pas. Elles bravent la censure, le "qu'en dira t'on", le temps, leur famille, l'opinion et donnent l'essentiel de leurs forces à leur homme prisonnier, certain aux USA dans un "couloir de la mort".

La force de ce document est de nous amener, doucement, à ne plus les juger, à compatir et même à les admirer.

Le fait est que ça paraît insensé, à priori, d'écrire à un homme condamné pour des actes odieux et de tomber amoureuse au point de lui sacrifier sa famille, son travail, son argent et sa réputation.

Ce qui m'a intéressé c'est l'aspect "limite" de cette expérience humaine qui montre que, quoi qu'on fasse, des passions échappent à la logique, à la normalité.

La société humaine est constituée de milliards de personnalités et il est illusoire de penser la "normaliser" un jour. On peut canaliser, punir et amender, pas niveler.

Ces femmes, malgré des choix vertigineusement casse-gueule et bloqués mettaient toute leur humanité dans la relation avec un "monstre" ou quelqu'un écarté par la société. On pouvait, on peut, critiquer leur choix, pas leur détermination.

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Genius 06/11/2019 21:39

L'erreur peut se glisser dans le choix de l'objet, elle n'est jamais dans la passion qu'il inspire.

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages