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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 07:00

A l'époque de Napoléon III on les appelait "plébiscites". Dans le langage courant plébisciter quelqu'un ou quelque chose c'est être nombreux à l'adouber ou à l'acheter.

Dès lors que le plébiscite est, en France, redevenu référendum; il a été étroitement surveillé et longtemps été utilisé avec parcimonie, voire frilosité.

Dans l'absolu le Général de Gaulle est "tombé" sur un référendum posant une question sur la régionalisation et la réforme du Sénat.

Son lointain successeur, feu Jacques Chirac, est resté tranquillement Faubourg Saint-Honoré lorsque les Français ont dit un "non" franc et sonore au projet de texte valant constitution de l'Europe.

Un article du "Point" de cette semaine, signé Denys de Béchillon et intitulé "Sévères leçons du Brexit sur la toxicité des référendums" (15/10) attribue une grande partie des effets néfastes des référendums à la nécessité d'y répondre par oui ou non. Il appelle même ça "la radicalité binaire des questions référendaires".  C'est, en quelque sorte, reprocher aux orties de piquer ou à la publicité de prendre ses aises avec la réalité: "dans son ADN".

Très peu de questions trouvent une réponse complète en un oui ou un non.  Les référendums, souvent maniés par des politiques retors, sont censés être "gagnés" et la question posée évidente pour que le résultat soit à la hauteur des espérances de ceux qui la posent. En d'autres termes si on attend un oui on va poser une question qui, logiquement, va obtenir un oui massif.

Dans le cas du non à de Gaulle en 1969 le Général jouait la suite de sa présidence à quitte ou double.  Résultat oui ou résultat non, il avait déjà arrêté une attitude personnelle.

Dans l'exemple du Brexit la question était bien posée et la réponse claire. Qu'elle ne plaise pas à celles et ceux qui ont voté le contraire s'entend. Il n'empêche que la DEMOCRATIE veut que l'on respecte les résultats d'une élection incontestable.
Quelques soient les conséquences du référendum voulu par Cameron et obtenus par le Royaume Uni la majorité a voulu et veut quitter l'Europe et doit le faire.

Des votes à répétition jusqu'à "ce que l'électorat vote bien" se sont vus par le passé (Maastricht). Ils restent une tâche sur l'Europe, tout comme le tour de passe-passe du "Traité de Lisbonne" qui entérinait en douce la presque totalité de ce que les Français avaient refusés par référendum.

Que le référendum soit "dangereux", nul n'en disconvient: les Français, par exemple, ont tendance à dire non au pouvoir sans tenir compte de leur propre intérêt.

On a vu des dissolutions d'Assemblée Nationale se transformer de facto en référendums pour ou contre la majorité sortante, ce que d'aucun ont qualifié d'"expérimentations hasardeuses"!

Le référendum existe, dans l'arsenal électoral, pour valider, me semble t'il, des grandes options et "prendre le peuple à témoin". On ne doit pas l'utiliser pour faire décider le peuple à la place des gouvernants ni, a contrario, pour décider du maintien de Guillaume Pépy dix ans de plus à la tête de la SNCF!

 

 

 

 

 

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