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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 07:00

J'ai retrouvé un texte que j'avais écrit il y a une grosse dizaine d'années dans lequel je me justifiais d'avoir eu recours au Prud'hommes dans un licenciement dont je contestais la forme plus que le fond.

Je veux dire que j'étais sans doute lassé de cette entreprise et du poste que j'y occupais, que mes performances personnelles étaient insatisfaisantes et qu'il était patent que je n'avais pas, en moi, les forces pour redresser la barre. Du moins à ce moment.

Malgré cela j'avais travaillé une longue période dans cette société, y avais évolué en poste et rémunération et lui avais longtemps donné le meilleur de moi-même.

Il était tout à fait possible et envisageable de se séparer à l'amiable sans que ça ne lui coûte trop cher: j'étais conscient de la faiblesse de ma position du moment et étais prêt à accepter  une indemnisation plus restreinte mais immédiate. Je veux dire "en plus des indemnisations légales".

Je vous passe les détails mais c'est tout le contraire que mon employeur choisit: il m'humilia, fut mesquin, inventa une "faute" pour palier à la faiblesse du motif de licenciement et me jeta, comme on recrache un noyau de cerise, tel un domestique congédié pour le vol d'un chemin de table.

Dehors, dégage, vire! il fallut, au bout des 3 mois de préavis dont je fus dispensé, rapporter le téléphone, l'ordinateur et la voiture de fonction et les remettre en mains propres au salaud qui avait organisé ma chute. Et sans pouvoir lui mettre ma main dans la figure. Sur 300 salariés il n'y avait que celui-là, précisément, pour réceptionner ces trophées et m'infliger un dernier camouflet.

Le recours aux Prud'hommes n'était, de ma part, qu'une exigence de respect à mon égard. Quand je disais, à l'époque, que j'avais introduit un recours prudhommal je lisais sur le visage de mes interlocuteurs, toute la gamme de réactions qui va de l'étonnement à la désapprobation résolue.

Il fallait oublier cette histoire et penser à l'avenir, on ne gagnait pas contre le temps, ça allait monopoliser mon esprit au lieu de le consacrer à la recherche d'un nouvel emploi et même je sentais chez certains interlocuteurs qu'ils jugeaient hors de propos "d'attaquer" un employeur, eusse t'il les torts apparents.

Comme on dit maintenant; "je ne lâchais rien" et gagnais, non sans maintes péripéties, en 1ère instance. La société fit appel et je gagnais en appel, beaucoup plus que la 1ère fois. Enfin l'entreprise devenue adversaire abandonna et paya.
3 années après justice m'était rendue, de manière bien plus importante que ce à quoi je prétendais au départ.

Cette société avait tablé sur la durée et la probabilité de ma non-combativité pour ergoter sur une somme certes non-négligeable mais insignifiante pour elle. J'étais et suis toujours heureux de l'avoir contrée.
Avec le temps j'ai quasiment oublié les 3 années de procédure mais pas les angoisses vécues quand, par exemple, ma propre avocate n'avait pas rendu ses conclusions dans les délais et que l'affaire avait failli être radiée, les deux audiences de départition pendant lesquelles une juge avait renoncé à présider parce que mon fils était copain avec le sien et, le pire, le jour où j'ai compris que mon avocat découvrait, dix minutes avant l'audience, les éléments que je lui avais patiemment et non sans difficultés préparés.

Le temps a comme gommé ces péripéties pour ne conserver que le souvenir plaisant: on m'a fait du tort, j'ai répliqué et on m'a donné raison.

Rien que pour cela je conseille d'avoir recours à cette juridiction lorsque la requête est raisonnable.

 

 

 

 

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