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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 07:00

J'ai re-re-re-regardé  le film de René Clément "Plein soleil" (1960) diffusé par la chaîne Franco-Allemande Arte dimanche 10 mai au soir.

C'est un film très long ou qui semble très long mais qui est envoutant. Les couleurs un peu artificielles semblent comme saturées. L'action s'étire et des passages inutiles affectent l'ensemble tout en introduisant l'idée du destin et de inéluctabilité des choses.

Dès les premières minutes on sent que Tom Ripley (rôle tenu par un Alain Delon magnifique, aussi bien physiquement que comme comédien) court au désastre et que ses actes ne peuvent que le conduire à l'échec.

Philipp Greenleaf, personnage incarné par l'excellent comédien Maurice Ronet est à la fois léger et grave, séduisant et brutal. Il instaure avec son homme de confiance-valet-ami-complice un rapport malsain et sadique qui ne peut, en aggravant son sentiment d'humiliation, qu'exacerber sa haine chez ce personnage ambigu.

La femme, au centre de ce duo civilisé mais dur ne fait pas le poids et sera vite écartée. C'est une Marie Laforêt toute jeune et un peu "éthérée" qui suscite la convoitise de ces deux hommes ce qui étonne car elle semble peu armée pour les affronter, individuellement ou ensemble.

Quelques personnages gravitent autour d'eux tel un ami américain qui voit clair dans le jeu de Delon (mais pas suffisamment pour rester en vie) ou Elvire Popesco en riche amie.

L'Italie et la Méditerranée sont les autres stars de ce film et participent l'une et l'autre à l'intrigue.

Une partie cruciale de l'histoire se situe sur le beau voilier du riche Greenleaf et l'affrontement Alain Delon/Maurice Ronet se termine par la mort de ce dernier. Les 2 acteurs referont le match, 9 ans après, dans "La piscine" de Jacques Deray et Delon l'emportera à nouveau!) Cette longue scène admirablement jouée est la principale du film. L'affrontement, d'abord à fleurets mouchetés (dialogues au cordeau) débouchera sur la mort surprise de celui des deux qui semblait dominer.

J'avoue que l'intrigue policière qui suit m'est apparue cette fois longue et peu passionnante jusqu'au coup de théâtre final souligné par un cri de Marie Laforêt très théâtral.

Une machine à écrire, des cabines téléphoniques, des Lires italiennes qui ont leur importance dans l'histoire soulignent que le film accuse ses 60 ans comme le fait la lenteur de l'intrigue et un sentiment du spectateur qu'on aurait pu "alléger"  le scénario ici, la mise en scène là.

Cela dit "Plein Soleil" est de ces films intemporels qui resteront dans l'histoire du cinéma et qui font que la filmographie d'Alain Delon est celle d'une authentique "star" de cinéma.


 

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