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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 07:00

J'ai regardé le film "Une étrange affaire" de Pierre Granier-Defferre (1981) diffusé lundi 25 sur France 5 en hommage à Michel Piccoli. Ouf! c'est un bien meilleur film que "Les choses de la vie" de Claude Sautet choisi par Arte. "y'a pas photo" comme on dit.
Dans le premier Piccoli est un comédien talentueux et il a un rôle complexe à défendre tandis que dans le premier il se contente d'être.

Dans "Une étrange affaire" (je n'ai jamais compris ce titre et encore moins "Affaires étrangères" qui est le titre original du livre de Jean-Marc Roberts dont le film est l'adaptation. Je suis persuadé que ce titre incongru a largement desservi le film).

Granier-Defferre n'était pas Orson Welles mais son film tenait la route. Grâce à Piccoli, à Gérard Lanvin (ces deux là se retrouveront plus tard pour "Le prix du danger" d'Yves Boisset), une toute jeune Nathalie Baye et quelques seconds rôles talentueux. Grâce aussi à un bon scénario et à une mise en scène solide sinon inventive.

Mes réserves concernent deux personnages l'une, Salomé (Ariane Lartéguy) n'apporte rien à l'histoire l'autre est (mal) joué par Jean-Pierre Kalfon (daté et un peu ridicule, genre Jacques Higelin, trop vieux pour être ainsi et minaudant).

L’histoire se passe dans le monde frelaté des affaires et du travail. Un patron excessif et intrusif phagocyte la vie des salariés qu'il distingue. Parmi ceux-ci Louis Coline (Lanvin) qui se laisse dépersonnaliser au point d'abdiquer tout libre arbitre, de sacrifier ses amis, sa femme, sa famille.

Le milieu des affaires a (très) mal vieilli et l'ensemble est assez caricatural mais Michel Piccoli insuffle à l'ensemble une force et un malaise qui rendent le film intéressant.

Jusqu'où peut on aller pour un titre, de l'argent ou seulement être bien vu? Le film ne répond pas mais donne un exemple possible et inquiétant.

... qui n'échappe pas, parfois, à la caricature: a t'on jamais vu un patron s'installer avec un conseiller chez un cadre de sa nouvelle société? Une fois cette reculade acceptée aucune ne pouvait être évitée.

Le film réunit cependant de nombreuses qualités dont, je me répète, une belle distribution. Il fleure bon les années 80 commençantes et qui, le sujet du film le montre, furent tout sauf le "lit de roses" qu'on nous dit aujourd'hui.

 

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