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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 07:00

Difficile de généraliser. N'importe... refermée la dizaine des 5, le corps donne des signes d'usure ou de fatigue. On pense à Brassens "Est-il encore debout le chêne/ou le sapin de mon cercueil". (PS: incinérez-moi, please).

Comme on ne veut pas faire partie de ces enquiquineurs qui lâchent la bonde quand on leur demande comment ils vont on s'habitue à ses soucis et, tant que les manifestations en sont discrètes, on les cache en tentant de les oublier.

Mais voilà. La forme pronominale ne fonctionne pas . On peut les cacher, on ne peut pas se les cacher. Vient le moment angoissant où il faut entendre la vérité. Après il n'y aura plus moyen de se rassurer à bon compte.

Aujourd'hui les possibilités de diagnostiquer correctement les maladies qui peuvent nous affecter sont nombreuses et variées. Le risque existe même de "sur-diagnostiquer". Pas l'inverse.

Les spécialistes étant débordés leurs rendez-vous sont éloignés dans le temps et l'on prend cette période pour consolider ses impressions et se faire à l'idée de la maladie.

La confirmation est ravageuse. Une explosion silencieuse. Un effondrement psychique. Le spécialiste juge de votre capacité à entendre et vous livre une quantité d'informations qui atténue la principale. vous "en" êtes atteint.

Et puis vous rentrez chez vous, il fait doux, les premières feuilles tombent. Septembre est beau et il y a encore tant de choses à faire.

Vous regardez les gens et vous vous dites: "s'ils savaient...".  Tout vous ramène à "ça".

Vient très vite le temps du "ça pourrait être pire". Une litanie de maladies les plus contraignantes vous passe par la tête et vous les comparez à "la vôtre", ça lui est favorable. ça consolerait presque.

A d'autres moments c'est l'inverse qui se produit. Vous vous répétez en boucle que le pire est à venir dans une sorte de fatalité.

Et puis... la vie reprend ses droits, vous faites des projets à moyen ou long terme. Vous parlez d'avenir... On l'aura cette saloperie. De toute manière la vie est plus forte et reprend le dessus. Il se trouve que le traitement est efficace et que les symptômes s'amenuisent ou disparaissent. On parle même de "lune de miel" entre le patient et sa médication.

Le plus étonnant est de voir chez soi le processus de minimisation. "J'ai exagéré le ressenti, j'ai mal expliqué les symptômes, l'interprétation est erronée, moi c'est différent, je vais avoir la version "soft" de la maladie" etc...

Et puis la Sécurité Sociale, à sa manière poétique, vous donne raison de ne ne plus douter. L'indication du traitement n'est pas le rhume léger, certaines manifestations lèvent les derniers doutes.

Alors? faire comme ma mère, se plaindre à la première oreille venue tout en jurant ne pas le faire? garder pour soi ces doutes et ces inquiétudes, ces déprimes passagères même? le dire à quelques personnes (mais je l'ai fait et certains me regardent comme si j'étais mourant!), minimiser, mépriser, nier?

Mon avenir s'est singulièrement bouché et je sais maintenant quand et comment je partirais... informations dont l'ignorance m'allait bien, tous comptes faits.

Essayer l'humour peut-être? nous avons, Françoise et moi, baptisé "Priscilla" la maladie. Cette "folle du désert" est ainsi moins dangereuse parce qu'un peu ridicule.

 

 

 

 

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