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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 07:00

L'année prochaine sera celle du bicentenaire de la mort de Napoléon. Entre celui de sa naissance (en 1969) et celui de sa mort son image s'est très fortement détériorée et il est probable que les évènements commémoratifs de l'année prochaine seront moins nombreux et plus discutés que ceux qui ont accompagnés le bicentenaire de sa naissance à Ajaccio.

S'il suscite toujours une abondante littérature, souvent de qualité, l'empereur est désormais très contesté et jugé sur les aspects dérangeants de sa personnalité et de son action. C'est d'ailleurs un des travers de l'époque de juger l'Histoire avec des lunettes d'aujourd'hui et des préjugés du XXIème siècle. Pour décrier un homme aussi considérable (NDLR: cela ne signifie pas une admiration inconditionnelle) on a recours à des notions contemporaines qui sont absurdes ici: certains évoquent des pratiques "génocidaires", d'autres invoquent la psychanalyse, d'autres enfin la comparaison avec Hitler ou Staline. Pas étonnant, au final, que l'image soit brouillée et que d'une admiration éperdue Napoléon soit passé au dénigrement systématique.

Des hommes au talent aussi vaste que Stanley Kubrick (qui avait regroupé une documentation si complète qu'il pouvait savoir ce qu'avait fait Napoléon tous les jours de ses 52 années de vie), Beethoven (qui composa une symphonie ("Eroïca") à sa gloire avant de se raviser, à cause du sacre) ou Anthony Burgess passèrent des années de leur vie à l'étudier.

Ses ennemis même s'inclinaient devant son génie et l'homme, pour peu qu'on l'aborde sans parti pris paralysant, était  assurément d'une pâte humaine différente des autres.

Ce qui ne signifie pas un bilan positif et une adhésion totale, bien au contraire. Le coup d'état, le sacre, l'assassinat du Duc d'Enghien, l’arraisonnement du Pape, le mariage autrichien, la campagne d'Espagne et celle de Russie suffisent largement à qui veut mettre des bémols à l'épopée.

La mise-en-scène de la légende, les campagnes réussies, les grandes batailles gagnées, le code civil....rééquilibrent la geste napoléonienne. D'ailleurs celle-ci a inspiré Balzac, Stendhal et tant d'autres...

Ce bicentenaire qui s'annonce va devoir éviter deux écueils: la mesquinerie historique (on insiste sur des détails en oubliant l'ensemble et principalement le contexte historique) et son contraire , l'hagiographie fanatique. L'idéal serait que tout soit au niveau de "Bérézina" de Sylvain Tesson ou des deux superbes livres que Jean-Paul Kauffman a consacré à cette période "Outre-terre, Le voyage à Eylau" et "La chambre noire de Longwood".

Il est (encore) permis d'espérer!

 

 

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