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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 07:00

Le "Canard Enchaîné" du 2 décembre dernier attirait l'oeil de ses lecteurs sur un document diffusé sur Arte le soir même en en soulignant la pudeur et la beauté, la profondeur aussi.

Nous avons regardé le film et avons été bouleversés par son élément central, une toute petite fille de 7 ans "prisonnière dans un corps de petit garçon".

Les parents de Sasha, sa mère en particulier, étaient splendides de retenue, de douleur contenue, de détermination à accompagner leur enfant dans un chemin affreusement compliqué.

Sasha se voyait, se sentait, était une fille et la société ne l'admettait pas puisqu'il était né garçon. L'école, le sport, la danse, tous refusaient l'équation qui a un nom que je n'ai pas retenu. Ce petit enfant (il faisait beaucoup moins que ses 9 ans) était parfois si malheureux qu'on éprouvait de la pitié et de la colère et qu'on s'élevait intérieurement contre tous les blocages, les raisonnements, les lois et les règlements qui étaient dressés contre lui, contre elle.

Sasha n'avait que sa certitude d'être une fille, de devenir un jour une femme et une maman (comme la sienne) à opposer à un directeur d'école, une équipe pédagogique et autres représentants de la Société.

Qu'y pouvait-elle ce petit bout de fillette? ses entretiens avec la psychologue et la relation avec son admirable mère étaient ses seules consolations, avec la tendresse de son père et la gentillesse de ses deux frères. On frémissait en pensant à son avenir, à l'effroyable "changement de sexe" et à toutes les déconvenues qu'elle affronterait à la puberté.

Que des enfants vivent de tels tourments est tout simplement impensable. J'avoue que j'aimerais, sans curiosité déplacée, savoir dans quelques années ce qu'elle est devenue.

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