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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 07:00

Tourné en 1978 par Federico Fellini "Prova d'Orchestra" est un de ces films (comme "the Servant" de Losey dont j'ai récemment parlé) avec lequel j'ai longtemps hésité à me colleter et retardé le moment de le visionner. Le sujet m'intéressait, le réalisateur ne me laissait pas indifférent mais un je ne sais quoi m'en empêchait.

La notoriété de Fellini, sa personnalité, son aura, son oeuvre et l'adoration de la critique, à l'époque, me dissuadaient de voir "Prova d'Orchestra".

Après... ce n'était plus d'actualité, Fellini est entré au purgatoire (on ne parle plus de lui!) et le film était rarement diffusé, tant à la cinémathèque qu'à la télévision.

Il aura fallu qu'un samedi après-midi d'hiver, un 9 janvier glacé, j'aille aux brocantes François Verdier pour réparer cela.

Dans une corbeille de livres défraîchis j'avisais une reliure qui n'était pas celle d'un vieux bouquin mais d'un DVD encore sous sa cellophane d'origine. C'était le fameux "répétition d'Orchestre" du maestro italien. Le vendeur, sur le stand, était en pleine dispute avec sa femme et avait autre chose à faire que vendre sa camelote. Il aboya un euro, regarda celui que je lui donnais comme si je lui refilais cinquante centimes et je partis avec mon film. Content de l'aubaine. Sous la cellophane fanée le boîtier et le film étaient absolument neufs. Parfaits. 

Le soir même je le glissais dans mon ordinateur. Première constatation: c'est un film Italien. Des trognes incroyables, des silhouettes pas banales, des parlottes qui n'en finissent pas, un bordel total... dans une crypte souterraine un orchestre s'apprête à répéter de la musique. Le loueur de spectacles, le syndicaliste et d'autres parasites cabotinent car une équipe de télévision filme. Chacun fait l'apologie de son instrument sous les sarcasmes des autres musiciens. Il faut dire qu'outre le fait d'être assez laids (sauf la pianiste!) ils sont affligés de tics, ils parlent mal, sont mal dans leurs peaux et que vraiment, pour eux, "la musique n'adoucit pas les mœurs" (sauf ceux de la pianiste!).

Arrive le chef, un bellâtre entre deux âges qui rappelle le chef de Funès dans "la grande vadrouille". Rien ne va, il prend à partie chaque musicien ou presque puis l'orchestre au complet et finit par se faire jeter par l'assemblée qui le remplace par...un métronome.

Après la pause syndicale et la destruction de la moitié de la crypte par une boule de démolition surréaliste, l'orchestre joue dans les gravats. Les propos du chef, critiques évidemment, vont crescendo et se terminent comme une vocifération d'officier SS.

"da capo" (revenons au début) est le leitmotiv du chef d'orchestre. 

Et le film m'a laissé perplexe. Je n'ai pas été enthousiasmé mais il m'a marqué. Ce n'est pas "Les Ch'tis".

...Ce n'est pas "Ordet".

 

 

 

 

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