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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 07:00

Comme souvent, comme de plus en plus, la chaîne parlementaire LCP a diffusé un programme de qualité. Ce lundi 15 février (2021) un documentaire très intéressant intitulé: "petites phrases, grandes conséquences" et sous-titré "la gauche contre le peuple". Je n'étais pas d'accord avec la totalité des exemples donnés et de l'interprétation qui en était faite mais ai bien été obligé d'accepter l'idée que des "sans-dents" de François Hollande aux "gens qui ne sont rien", aux "ouvrières illettrées" au "pognon de dingue" en passant par "il faut traverser la rue et il y a du travail" d'Emmanuel Macron il est possible que s'exprime ainsi la vision des plus pauvres et partant, un certain mépris des classes aisées pour les laissés pour compte.

Dans le trait acéré et méchant du président Hollande, rapporté par vengeance personnelle par une femme blessée, journaliste politique de surcroît, il semble -au premier abord- y avoir morgue et indifférence pour ceux qui sont tellement démunis qu'ils renoncent à soigner leurs dentition. Cette saillie méprisante a suivi F. Hollande et lui a beaucoup coûté politiquement et humainement.

Je n'adore pas Marylise Lebranchu mais ses avis et son interprétation de cette invraisemblable perte de contrôle étaient intéressants. N'oublions pas que Valérie Trierweller se sentait bafouée, humiliée, ridiculisée même et qu'elle savait ce qu'elle faisait en écrivant que l'ex-premier secrétaire du PS appelait -dans l'intimité- les pauvres des "sans-dents". Le documentaire revenait sur les preuves (des mails personnels que Hollande et Trierweller s'étaient adressés et que la journaliste avait publiés) de l'utilisation de l'expression litigieuse. A vouloir trop en faire on se brûle les doigts: il était clair que le couple, alors complice, riait de concert avec cette expression. Un clin d'œil complice. 

Pour Emmanuel Macron les choses se présentaient moins bien. Jusqu'ici j'attribuais ces expressions à la maladresse ou en minimisait le caractère méprisant ou hautain. Le nombre de ces "erreurs", leur répétition et leurs points communs semblent effectivement caractériser sinon un mépris de classe; à tout le moins une indifférence qui confine au dédain. L'émission s'est attardée sur "les illettrées" et l'on sentait, longtemps après, la blessure sincère que les stigmatisés avaient endurée. Devant des jeunes start-uppers le président parlait des "gens qui ne sont rien" et là, face à la violence de l'expression, il n'était quasiment plus possible de douter qu'elle reflétait un sentiment de supériorité écrasante du jeune président qui parle trop "cash" et manque d'empathie. 

Ses regrets, courageusement exprimés devant un parterre houleux dans un élevage de porcs bretons ou à l'Assemblée nationale étaient sans doute sincères. Ils n'effaçaient pas les ravages causés par l'expression.

Plus grave, à mon sens, que son trait ravageur sur les "sans-dents", François Hollande a oublié qu'une femme humiliée devient une ennemie mortelle. Comme la tragédienne, Valérie Trierweller aurait pu, une fois son pamphlet publié, lui dire: "tu ne savais pas ce qu'est une femme qui se venge?". Effectivement l'ENA ne le lui a pas appris!

 

 

 

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