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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 07:00

Luigi Comencini, cinéaste italien de la grande époque a réalisé des films médiocres, des films acceptables, des bons films et d'excellents films selon mes critères. Fécond, sa carrière s'étend sur six décennies et va de 1937 à 1991, la grande période s'étendant de "l'incompris" (1967) à "Eugenio" (1980).

Injustement négligé aujourd'hui, presque oublié, c'est dommage parce que Comencini a une filmographie riche, diverse et intéressante. Je considère "L'incompris" (1967), "l'argent de la vieille" (1972), "Les aventures de Pinocchio" (1972) et "Eugenio" (1980) comme de très bons films, et même des films indispensables.

On l'a souvent qualifié, à juste titre, de "cinéaste de l'enfance". Avec lui les enfants jouaient juste, parlaient vrai et rendaient émouvants des personnages sur le fil du rasoir. Dans "l'incompris" le fils aîné de 10 ans souffre de la perte de sa mère qu'on lui cache et aussi du fait que sa peine et son besoin de réconfort sont négligés par un père trop absorbé par ses problèmes. Le film pourrait être un mélo lacrymal et réussit à éviter cet écueil par le jeu des enfants (deux frères très jeunes livrés à eux-mêmes dans une grande maison bourgeoise), la force du scénario et la mise en scène qui sait ne pas être trop appuyée. Du grand art.

"Les aventures de Pinocchio", série télévisée raccourcie en film de cinéma avec Nino Manfredi et Gina Lollobrigida est un conte illustré superbement par un metteur en scène gagné par la grâce. Tout repose sur un enfant de 6-7 ans renversant de naturel. Andrea Balestri, le petit comédien porte le film sur ses épaules comme Pinocchio son père dans le scénario. Rien à voir ici avec les mièvreries bien-pensantes de Walt Disney: Pinocchio est un "sale gosse" grossier, désobéissant, égoïste mais attachant.

"Eugenio", que je n'ai jamais réussi à revoir (il fait partie de ces longs-métrages qui ne passent ni en ciné-clubs ni à la télévision et je n'ai pas vu qu'il ait été publié en DVD) m'a laissé le souvenir d'un jeune garçon balloté entre les adultes qu'il dérange par sa seule existence. Allant de son père à sa mère, de ses grands-parents à d'autres adultes personne ne s'intéresse à lui et encore  moins à ce qu'il ressent. La détresse de cet enfant, ni beau ni laid ni remarquable est restée.

Les musiques spécialement écrites pour "Pinocchio" et "Eugenio" par Fiorenzo Carpi sont inséparables des films auxquels elles apportent une sorte de contrepoint.

Comencini, c'est entendu, n'a pas réalisé que des chefs d’œuvres. Mais ces 4 là l'absolvent du reste (encore que "Casanova, Un adolescent à Venise", "Mon Dieu, comment suis-je tombé si bas", "la ragazza di Bube", "le grand embouteillage" et "la Storia" embelliraient maintes filmographies de Cinéastes idolatrés aujourd'hui.

 

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