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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 13:00

Je n'ai aucun souvenir qu'on m'ait donné des vêtements auparavant portés par mon frère. Pas plus de jouets, de vélos ou d'autre chose d'ailleurs. Il me semble que ma sœur cadette ait eu moins de chance de ce côté!

Ainsi pensais-je rue Masson (Montréal, Québec) en apportant le joli petit vélo noir de Raphaël chez Quillicot, "réparation de cycles" pour qu'on l'adapte à Justin en lui remettant des petites roues stabilisatrices et en graissant tout ce qui pouvait l'être.

La bicyclette noire était encore en excellent état et a patiemment attendu à l'abri que le petit frère se fatigue de la draisienne (vélo sans pédales).

Je trouve touchant que les deux petits frères ait appris à rouler à vélo sur le même. Cela dit ça ne me fait pas un post entier et je suis "sec" pour le terminer. Je parlerai donc d'autre chose qui n'a rien à voir, mais alors vraiment rien à voir.

Le film est signé Roger Spottiswoode (Canada, 2007) et est une adaptation du livre glaçant de Roméo Dallaire "J'ai serré la main du diable". Ce dernier était Lieutenant-Général de la MINUAR pour l'ONU au Rwanda et, comme tel, il a quasiment assisté en direct au génocide des Tutsis et des Hutus modérés par les Hutus, soit un million de morts (hommes, femmes, enfants, du nourrisson au vieillard) en 1993 au Rwanda.

Bien entendu c'était des Rwandais qui maniaient les machettes à découper les "cafards" mais celles-ci avaient, avec les armes et le discours été fournies par certaines nations occidentales dont la France qui a réussi à faire oublier cette tâche indélébile sur le drapeau tricolore.

Le président rwandais et d'autres "grands amis de la France" furent amenés en France après avoir planifié sinon organisé les futurs massacres. Peu ont été inquiétés pour leur responsabilité dans l'un des génocides dont le vingtième siècle n'a pas été avare.

Le film est angoissant et sobre. La tension est forte et nous vivons l'angoisse des uns et la détermination des autres. Cette violence absurde, inutile, sauvage et ignoble est reconnaissable entre toutes: c'est celle qui animalise l'autre au point de le considérer comme un nuisible. Au milieu des mensonges, de la mauvaise volonté, de l'envie de meurtres et de la basse politique le "héros" est désarmé dans tous les sens du terme.

Les génocidaires, même s'ils paraissent trop abrutis, nous donnent des frissons. Les victimes (rassurez-vous le film essaie d'éviter les scènes trop crues) nous attristent par leur impuissance et par la folie de leur destin.

Ce qui est le plus insupportable, une fois le film visionné est de se dire qu'il y a eu d'autres fosses communes, d'autres charniers, d'autres massacres de masse, ailleurs et qu'il s'en prépare d'autres qu'on ne saura empêcher.

Nous serrons tous la main du diable et, nous le faisons (enfin, pas nous, ceux qu'on délègue) en connaissance de cause.

 

 

 

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