Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 07:00

Lénine, qui s'y connaissait, appelait "idiots utiles" les non-communistes qui faisaient ce qu'il attendait d'eux: qu'ils l'aident à accéder au pouvoir ou à s'y maintenir avant d'être précipités dans les "poubelles de l'Histoire". 

C'est à ces idiots utiles que j'ai immédiatement pensé en voyant un petit livre sur une table de bouquiniste ce matin: "CESARE BATTISTI face au marchandage" et sous-titré (je le jure!) "Brisé, Martyrisé, Outragé, mais demain Libéré" (Jean-Paul Roché éditeur).

Battisti, le nom me disait quelque chose. Un ultra-gauchiste italien accusé du meurtre de quatre hommes et soutenu par les activistes de la même obédience envers et contre tout. 

Il avait, j'ai vérifié après, pour ces quatre meurtres, été condamné à la perpétuité en Italie. Evadé, non poursuivi en France et protégé par l'extrême-gauche internationale qui en avait fait une cause sacrée. Fêté comme un héros l'Italien s'est fait moraliste, donneur de leçon, maître écouté de démocratie appliquée.

Il possédait en même temps, à écouter ses défenseurs, la couronne d'épines du Christ et son auréole. 

 

Inutile, je pense, de dire la haine, le ridicule, le rejet et surtout les tombereaux d'injures que recevaient celles et ceux qui disait que le procès était un vrai procès et que le Saint-martyr était peut-être moins blanc en réalité que dans l'imagination de ses thuriféraires énamourés. 

Quelquefois, quelque rares fois, les faits s'imposent et par un retournement de situation le prince se transforme en crapaud et le révolutionnaire prolétarien en crapule. 

Après qu'il fut repris et extradé Cesare Battisti a reconnu s'être servi de la "naïveté" de ses comités de soutien. Pire il s'est moqué d'eux, de leurs automatismes idéologiques et de leur combat (sincère) pour en faire une victime. Moqué. Le héros a avoué être un salaud et s'être diverti de la bêtise de ses "comités de soutien". 

Voilà, en quelques secondes ce que ce petit opuscule m'a inspiré. Il est vrai que l'emprunt de la phrase de de Gaulle sur (Paris) brisée, martyrisée, outragée mais libérée...." était un crachat en pleine face difficile à supporter.

Des Battisti -peut être moins cyniques?- il y en a encore et chaque camp en recèle de tout-à-fait présentables. 

Ces livres jaunis et quelques lignes ici ou là rappellent inutilement des fourvoiements dont tout laisse à penser qu'ils ne demandent qu'à exploser..

 

Partager cet article
Repost0

commentaires