Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 13:00

D'emblée je le précise, j'aime bien Florence Aubenas et je lui trouve à la fois une personnalité intéressante, une capacité à susciter la sympathie immédiate et une intelligence professionnelle incontestable. On a même dit qu'elle avait réinventé le journalisme d'immersion. Enfin, son éditeur l'a écrit sur la 4ème de couverture de son dernier livre: "L'inconnu de la poste" (Éditions de l'Olivier, 2021).

Que ce soit l'affaire d'Outreau ou la vie des femmes de ménage sur les ferries du "Quai de Ouistreham" ses livres témoignent de son intérêt authentique pour celles et ceux que l'on ignore généralement et qu'un Président a un jour qualifiés de "personnes qui ne sont rien" et un autre de "sans dent".

Sans dent Gerald Thomassin l'était devenu et ce malgré un début de carrière cinématographique  prometteur avec Jacques Doillon qui lui permit d'obtenir le César du meilleur espoir en 1991 pour le film "Le petit criminel". C'est d'ailleurs un crime qui mit fin à sa carrière débutante -et sans doute à sa vie- dont il fut longtemps considéré comme l'auteur avant de bénéficier d'un non-lieu en 2020. Il avait tenu une quinzaine de rôles sur le grand écran et quelques uns à la télévision.

Florence Aubenas a sans doute vu dans cette vie gâchée par l'alcool, la dope, la misère, les mauvaises relations sociales et tout ce qui va avec un sujet pour une sorte d'étude sociologique au long cours. Comme ce jeune comédien de hasard a été longtemps mis en cause dans un meurtre dans l'Ain (l'affaire de la postière de Montréal sur Cluse, dans le Bugey, tuée de 12 coups de couteau) que l'enquête a parfois dérapé, que Dupont-Moretti a eu un temps Thomassin comme client et que l'affaire a passionné les foules il y avait plusieurs angles pour écrire cette affaire.

Sans doute trop, à mon avis. Aubenas, dans la cas présent, s’appesantit trop sur certains des protagonistes (le père de la victime, les 3 cinglés (deux frères, une soeur) qui vivent en marginaux dans la petite ville, le dénommé Tintin et son pote... fausse bonnes pistes qui ne débouchent sur rien. Elle veut trop analyser et s'est comme noyée dans le pathos. Le problème est qu'aucun des protagonistes n'est intéressant, Gérald Thomassin moins que les autres!

L'affaire policière non plus ne me semble pas être autre chose qu'un de ces faits-divers dont est friande la télévision et la presse: cela génère surtout du commérage à la Morandini.

Je récapitule: un crime sans relief dans une province sans intérêt, un vague comédien qui fait un temps monter la pression et une enquête mal menée. Tels sont les ingrédients de ce plat indigeste qui ne prend pas.

Elle fera mieux la prochaine fois!

 

Partager cet article
Repost0

commentaires