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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 07:00

Orphelins du pouvoir les Présidents successifs ont donné et donnent pour les deux encore vivants, d'inquiétants signes de manque, de besoin irrépressible de retrouver les honneurs, la pompe et le respect figé des autres, tous les autres, devant "la" fonction suprême.                                                                                     Parce qu'ils ont été élus par une majorité de Français, parce qu'ils ont eu, cinq années durant, un pouvoir exorbitant, parce qu'ils étaient écoutés, parce qu'ils occupaient une fonction ô combien prestigieuse cinq au moins des Présidents de la République ont été comme secoués une fois remplacés et surtout une fois leur mandat achevé.

Giscard n'a jamais accepté d’avoir été congédié par les Français en 1981. A dire vrai il ne s'en est jamais remis. Il paraît qu'à la fin de sa carrière, au Conseil Constitutionnel, il parlait encore de sa présidence comme si elle venait de s'achever. Il s'y référait à tout bout de champs et a consacré des années et des années à essayer de se trouver en situation de briguer un nouveau mandat.

C'était, on le sait, oublier un peu vite Jacques Chirac qui considérait cette haute fonction comme lui étant réservée. Après deux mandats médiocres la maladie, la dépression et le sentiment de son inutilité précipitèrent sa mort. Son fidèle ami Jean-Louis Debré a dit sa déprime et la vacuité de son existence une fois l’Élysée quittée. Chirac reste une énigme pour moi: voilà un homme totalement fait pour la conquête du pouvoir et ne sachant qu'en faire l'ayant obtenu. Un cas!

Sarkozy, comme son prédécesseur immédiat, se voyait comme appelé à la plus haute fonction de l’État. Je laisse à l'appréciation de mes (rares) lecteurs le soin d'en penser ce qu'ils veulent. Toujours est-il qu'il a brigué un second mandat et que cela lui a été sèchement refusé. Depuis lors, l'ex-Président agité a essayé de revenir puis s'est imaginé en recours en cas de vacance (peu probable!) du Pouvoir. "S'il y a chaos il y a Sarko" résument ses quelques soutiens indéfectibles. Sarkozy confond ses fans transis qui font la queue devant les librairies lorsqu'il sort un bouquin et des électeurs. Il croit que la France le regrette et que, tout naturellement, les français feraient appel à lui et à son expérience en cas de grande difficulté. Il a oublié son impopularité, la mémoire des Français concernant son comportement erratique, son instabilité, les différentes affaires le concernant, sa condamnation à de la prison ferme et les 10 ans qui se sont écoulés depuis qu'il est redevenu un simple citoyen. Avec lui on l'a compris: "L’Élysée c'est du sérieux"!

Le Président Hollande a été trop "normal" et a déplu souverainement au peuple et, pire, à ses électeurs: lui président n'a pas convaincu et de son manque d'autorité à la privatisation de l’Élysée pour ses amours sur deux roues rien ne lui a été pardonné au point qu'il n'a pas, une première, pu se représenter. 

Depuis on dirait un veuf qui n'a pas encore admis que sa femme ne reviendra plus. Il donne son avis que personne n'écoute, pratique l'autojustification sans fin et espère, lui aussi, que, touchés par la grâce, les Français le rappelleront.

Il peut toujours attendre!

Plus loin de nous, de Gaulle a cru que son référendum plébiscite de 1969 lui donnerait une nouvelle légitimité pour les 3 années restantes de son mandat. Il a mal pris le "non" des "veaux" et a boudé à Colombey. Sa "gloire" lui étant assurée depuis Juin 40 et pour l'éternité* il pouvait se consacrer à des réussites devant la télévision avec Tante Yvonne.

Même chose pour Napoléon III: après l'une des plus grosses défaites militaires de la France (Sedan, 4 septembre 1870), après qu'il fut fait prisonnier, que la République fut proclamée et qu'il soit honni et exilé il préparait son retour quand la mort le surprit! Il ne tenait pas sur un cheval à cause de la maladie mais pensait qu'on l'attendait.

Il me semble que, dans ma vie professionnelle j'en ai vu de ces manitous d'un moment qui furent ensuite éjectés et ne s'en remirent pas. Je pense en particulier à un DG de société qui commençait chacune de ses phrase par: "moi", "je", "moi-même" et qui, une fois viré, avait les yeux jetés au loin et cherchait de la pitié, lui qui avait été impitoyable du temps de sa splendeur.

on sait, soi-dit en passant, que "l'éternité c'est long, surtout vers la fin.

 

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