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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 07:17

J'aime mes enfants et je donnerais ma vie pour eux, immédiatement et sans

conditions.
Cela dit nous n'avons pas, eux et moi, ces rapports familiaux dégoulinants de

sentiments sirupeux qu'on voit dans l'immense majorité des films américains.

 

Ca ne date pas d'hier, dans presque tous les films et séries américains dès 

que le mot "famille" est prononcé les yeux du héros se mouillent, sa voix part

dans les aigus et la musique se fait violonneuse à souhait.

Cette cellule familiale, à  mi distance du paradis et de l'enfer ne mérite sans

doute pas ces excès de zéle.

 

A ce sujet et toujours aux Etats Unis il existe heureusement des francs-tireurs

qui, pour rectifier l'image sucrée de la famille, n'hésitent pas à la bombarder

de missiles sol-sol bienvenus.
J'aimais les deux "Famille Adams" qui n'y allaient pas de ...main morte (j'allais

dire de "chose" morte!). La mère qui donne une hache à sa fille pour que celle

ci règle son Oedipe avec son frère, le bébé gêneur que les deux enfants essaient

de tuer et toute cette imagerie qui me montrait qu'heureusement certains

échappaient aux poncifs fils au cricket/fille en pom-pom/maman fait la dinde

de Thanksgiving (!)/papa pêche avec Fifils/ remise de diplôme et autres clichés

éculés.

Dans "Breaking Bad" que je découvre après tout le monde deux autres familles

de fiction m'ont montré que tout cela évoluait.
Une scène hallucinante où le héros, sa femme et leur fils handicapé s'asseoient

sur un canapé et se passent un coussin qui signifie qu'ils ont la parole.

Ambiance alcooliques anonymes et confessions dans une niaiserie

sentimentalo-larmoyante à fuir toutes affaires cessantes dans la

constellation d'Orion, voire plus loin encore.


Cet accessoire (le coussin) et le déroulé de la scène m'a brusquement fait

penser aux gauchistes bavards des années 70 qui n'hésitaient pas à parler du

"goulag familial".(les salauds... ils faudrait les voir maintenant)

 

L'autre est celle -atrocement conventionnelle- qui vient reprendre la maison du

jeune "associé" du héros parce qu'il en fait mauvais usage.
Naturellement on les comprend mais ce passage montre en filigrane que leurs

valeurs sont perverties par le besoin de paraître et l'amour exclusif de l'argent.

Et ces pelouses, ces barbecues, ces pots permanents...
Comme il doit être difficile de ne pas étouffer sous cette chappe de plomb bien

pensante!

Chez nous, en Europe, il me semble que si certains veulent singer la cellule

familiale américaine la majorité adopte un modèle individuel moins contraignant.


Ces séries si bien faites ont peut-être cette vertu supplémentaire de nous montrer

l'exotisme peu attirant de la vie des personnes mises en scène.

 

 

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