Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:47

Parfois je suis aussi un peu morbide. Encore un défaut dont je ne suis pas fier.
Lorsque j'ai su que Michael Haneke (celui des deux "Funny Games") avait réalisé

un film sur la fin d'un vieux couple touché par l'âge et la maladie j'ai pensé qu'il y

avait de fortes chances que je figure parmi les spectateurs qui se déplaceraient

pour voir sur un écran ce qu'ils fuient ailleurs.

J'ai résisté mais j'ai fini par y aller.

J'ai donc vu le film qui est au delà de la critique cinématographique. Ou plutôt qui

est plus que du cinéma. Naturellement c'est admirablement "joué" (interprété est

le mot qui convient) par le trio Jean-louis Trintignant/Emmanuelle Riva/Isabelle

Huppert auxquels il convient d'ajouter un pigeon (l'oiseau!) et Alexandre Tharaud

dans son propre rôle.

Le décor est admirable: cet appartement parisien haussmanien dans un quartier

qu'on devine (très) aisé est parfait. Patiné ce qu'il faut et tout y semble juste.
Vaisselle, meubles, photos, disques (on est chez des musiciens) et lumières:

l'appartement où se déroule l'action semble avoir vieilli avec les acteurs.  Même

la salle de bains, dans sa vétusté chic est criante de vérité.

L'actrice principale est au-delà de l'appréciation. Pendant tout le film on l'admire

d'être si vraie tout en se demandant comment elle peut anticiper sa propre fin de

vie avec une telle impudeur.
Trintignant incarne ce mari qui voit la femme de toute sa vie partir et il est à la fois

solide et pathétique.
Quant à Huppert j'ai déjà dit ailleurs que je la considérais comme la meilleure actrice

qui soit. En quelques apparitions (elle ne fait qu'une participation) elle est cette

fille compliquée et bouleversée et qui a des griefs jamais exprimés contres ses

parents.

En fait, et je pense que c'est le souhait du metteur en scène, nous sommes des

voyeurs et cette position est magistralement démontrée par la séquence d'ouverture

pendant laquelle nous sommes au théâtre, voyons les spectateurs s'installer, nous

découvrons soudain le couple Trintignant/Riva, la salle applaudit et on pourrait

penser que c'est nous qui le sommes.

C'est un film assez lent et certains passages semblent presque ralentis. A dessein

sans doute. Par exemple lorsque Trintignant, une fois sa femme morte, étête des

fleurs dans l'évier. Cette séquence dure et l'on se demande pourquoi.

Même chose pour ce pigeon qui, par deux fois, pénètre dans l'appartement . 

Le film a obtenu la palme d'or au dernier Festival de Cannes. Je ne saurais dire

si elle est méritée: le film est trop dérangeant.
Par contre je me réjouis qu'au même moment on puisse voir "Amour", "La part des

anges", "Capital" et "Argo" . Tant qu'il y aura autant de choix différents le cinema

restera vivant.

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

la poule Plume 15/11/2012 10:19

en lisant le début de votre commentaire... on sort sa CB pour réserver sa place immédiatement...on continue la lecture... on la pose sur la table et à la fin de la page... on la range ! dommage

Bertrand P 15/11/2012 11:00



Oui. C'est voulu. J'ai peur qu'en recommandant ce film je perde mes lecteurs qui m'en voudront. Il faut dire que ce film est tout sauf une partie de plaisir!


Je ne vois pas qui peut se cacher derrière un pseudo aussi énigmatique.