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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 07:07

Avec les tristes sapins désossés et abandonnés dans les flaques d'urine de chiens il reste un autre

souvenir des "fêtes de fin d'année" difficile à éviter.
Je ne veux pas parler des kilos en trop que le foie gras ou les coquilles saint-jacques au Brouilly ont

laissé sur nos corps ni des tenaces souvenirs d'indigestion ou d'intoxication alimentaire.

Plus simplement de ces boîtes ou des ballotins de chocolats qu'on n'arrive pas à terminer.
Les boîtes en carton donnent l'illusion du luxe et de la profusion mais, une fois entamées, il n'est pas

si simple d'achever la consommation du contenu.

Qui n'a pas eu envie de recracher ce chocolat emballé dans un léger papier doré et qui s'est avéré

être une sourde purge? et ce chocolat blanc qu'on croit rempli de praline et qui contient une liqueur

qu'on hésiterait à mettre dans son briquet? ne parlons pas des toffees qui sont le plus souvent des

infâmes caramels qui ont vocation à déstabiliser vos implants dentaires ni des truffes écoeurantes

dont l'apport calorique ferait reculer Spanghero et Findus réunis.

En moins d'une semaine il ne reste plus qu'une tasse pour contenir les chocolats que personne ne

veut et qui blanchiront avant d'aller à la poubelle, avec notre mauvaise conscience.

On l'a vu, le contenu chocolatier de ces grandes boîtes est (le plus souvent) immangeable et seuls

l'ennui, la gabegie, l'entraînement et la politesse nous les font incurgiter entre le 20 décembre et le

premier week end de janvier.
Que dire du contenant? il y a les "classiques", c'est à dire la boîte que le CE de votre entreprise

vous refile, que vous donnez à la gardienne d'immeuble (ou à l'assureur auto qui n'a pas trop

augmenté votre prime auto) qui lui-même la donne à son concierge etc etc. La boîte de "Champs

Elysées", avec ses dorures si laides et ses chocolats à deux balles voyage avant d'achever sa

route dans la poubelle bleue (l'emballage) et dans la verte (les chocolats).

Il y a celle des vieux que la mairie joint à ses bons voeux (et réciproquement). En période

électorale c'est une manière plus sûre de "faire des rencontres intéressantes" que prendre le RER.

Ceux de la Mairie de Paris ne sont pas mauvais, ils ne sont rien. Aucun goût! fourrés au néant

comme le bilan de la municipalité hors politique de communication.

IMGP8789.JPG

Et puis il y a ces chocolats de marque, fabriqués par des industriels qui font une qualité correcte

mais sans grand relief. De Nestlé à Leonidas en passant par Jeff de Bruges ou autres.
Ils sont appétissants, fondent agréablement dans la bouche mais l'on sait qu'ils ne sont pas ce que

devraient être des "vrais" chocolats. Trop de sucre, trop de flatteries pour les papilles...
Restent les chocolatiers artisanaux qui sont trop nombreux pour être (tous) honnètes.

En tous cas on est contents, dès le 2 janvier, de jeter ces grandes boîtes qui prennent de la

place et sont démesurées eu égard à leur contenu.

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:27

Un film tout entier sur un pauvre type mal dans sa peau et qui dessinait des robes. Voilà le

chef d'oeuvre auquel nous sommes conviés par le tintamarre médiatique.

Ces fameux "biopics" comme ils disent concernent de plus en plus des personnes dépourvues

du moindre intérêt. Lawrence d'Arabie ou Talleyrand ne courent pas les rues.
Personnellement je ne considère pas que la mode et son milieu interlope soit constitués

d'artistes et, au contraire, je les tiens pour des sortes de parasites inintéressants.

 

Ou alors on n'est pas hypocrites et on admire le money-maker caché derrière le "créateur" et

c'est la partie purement économique et commerciale qui retient l'intérêt.

On a déjà eu droit dans "Coco avant Chanel" avec Audrey Tautou à l'apologie de l'antipathique

collabo qui avait certes dessiné des jolies fringues mais qui s'est toujours illustrée par une

misanthropie abyssale et un snobisme décapant.

Notre drôle d'époque a les idoles de la mode qu'elle mérite et de Yves Saint-Laurent à Karl

Lagerfeld celles-ci sont assez peu reluisantes et passablement ennuyeuses.


Ils font vendre des vêtements et habillent la jet-set et les émirats? la belle affaire! les fabricants

de boulons ou les créateurs de fenêtres vendent aussi et on n'en fait pas tout un plat!

Le seul qui faisait tâche dans ce milieu par son intelligence, son hétérosexualité et un travail

d'inventeur était Christian Lacroix; on n'en parle plus guère. Gaultier et Galliano doivent plus

correspondre à leur métier et à notre époque.

 

Dans un autre domaine, celui des manitous de la télévsion, ces femmes fortes et viriles

qui y font la pluie et le beau temps, Je lisais le portrait de Catherine Barma dans le supplément

télévision-cinéma du "Nouvel Observateur" et apprenais qu'elle était sortie de ses gonds parce

que ses animateurs-marionnettes n'avaient pas "saisi l'envergure de Lady Gaga". C'est la même

problématique: en quoi cette chanteuse allumée qui pousse un peu plus loin le bouchon du néant

et de la vulgarité que Madonna et qui sera démodée dans moins de deux ans possède t'elle une

"envergure" qui mérite qu'on se prosterne devant elle?

 

Vraiment on se demande parfois si nos contemporains sont conscients qu'on leur fait adorer

ce qu'il y a de plus artificiel, de plus fabriqué et de moins talentueux chez les autres...

Outre le fait que le talent est désormais un patrimoine transmissible et qu'il faut supporter les

fils de ou filles de (cette semaine le fils de Jean Rochefort et Nicole Garcia ainsi que le digne fils

de son père Tristan Séguéla ont fait leur coming out) on est souvent contraint de voir la critique

s'extasier sur des performances rien moins que réelles de vedettes préfabriquées.

 

Je reviens sur le film consacré au dessinateur de robes cité plus haut. L'interview répercutée

partout du metteur en scène Jalil Lespert, confinée dans une admiration transie, multiplie les

anecdotes insignifiantes qui sont censées auréoler son sujet.

On apprend ainsi que l'acteur qui joue le couturier a dû grossir pour faire la scène de la photo

de nu de Jean-loup Sieff. On avait oublié cette photo grotesque et cette époque déjà absurde.

Même chose lorsqu'il nous dit avec respect que Yves Bergé, l'insupportable ludion

médiatico-financier qui fut l'amant de Yves Saint Laurent marchait toujours deux pas derrière

lui. Qu'est-ce que cela prouve? qu'est-ce qu'on en a à faire? en quoi celà présente t'il le moindre

intérêt?

Ce n'est ni plus ni moins que du ragot people et qu'il concerne un couturier célèbre et non une

bimbo de téléréalité ne lui donne aucune valeur ajoutée.

Le cinéma est bien mal en point. Je ne suis pas devin mais je serais surpris que "YSL" fasse

un record d'entrées. Bien entendu il y a un public pour la daube prétentieuse mais je doute que

ce soit suffisant pour que nous ayons un YSL 2 ("il revient et il n'est pas content") et un YSL 3

("sur les podiums personne ne vous entend crier").

 

On cite toujours Andy Warhol et son quart d'heure... Finalement qu'il soit devenu une référence

est le vrai scandale.

 

 

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 06:58

S'il est une institution toulousaine à laquelle je suis resté fidèle depuis mon installation à Toulouse

il y a plus de vingt ans c'est bien la brocante des Allées Jules Guesde, devenues, pour cause de

tramway, celle des Allées François Verdier.

 

Cette brocante se tient tous les premiers week-ends du mois, du vendredi après midi au dimanche

soir. C'est ce dernier moment qu'il faut attendre parce qu'on y fait les meilleures affaires.
Si vous savez négocier et que vous vous êtes pourvu de liquide vous devez pouvoir partir avec le livre

ou l'objet que vous convoitiez pour un prix raisonnable.

 

Naturellement Toulouse, comme le centre de toutes les grandes villes, s'est largement "boboïsé" et

les conséquences les plus visibles sur ce marché de l'occasion sélectionnée sont une augmentation

exponentielle des tarifs (mais on n'est pas encore au niveau des salons des antiquaires du Louvre à

Paris ou de Bordeaux) et une gadgetisation des objets proposés à la vente.

 

Les lampes bouillotte (photo), les siphons en verre, les lustres à pampilles et les reliures au mètre

font encore les beaux jours de cette brocante.

59266152.jpg

 

 

Tout comme les rocking-chairs, les sièges Louis XVI (même approximatifs) et, de manière générale

tout ce qui est détourné de son usage premier (tabouret fait de siège de moissoneuse, meubles

industriels transformés en étagères etc.).

Il y a aussi une demande pour l'argenterie (qui en peu de temps deviendra "de famille"), la vaisselle

et les verres à vin ou à champagne en cristal. Hélas on ne trouve jamais 6 exemplaires d'une série!

 

A ce qu'il me semble les années 70 et leurs couleurs agressives sont de plus en plus prisées et les

lampes ou vases qui nous faisaient honte deviennent des must recherchés.

 

D'une manière surprenante la rareté n'est pas la qualité la plus désirée. Nos bourgeois-bohèmes

semblent rechercher des objets de leur propre histoire (timbales de baptême, couverts de bébé,

bandes dessinées de leur enfance, tricycles ou jouets de la même période.
Leur important pouvoir d'achat n'a pas échappé aux brocanteurs qui n'hésitent pas à étendre ces

prix surévalués à des objets qui font nettement moins saliver ce public de choix: cuillères à absinthe,

bijoux, dessus de cheminées, armes, lampes et objets d'avant la guerre.

 

C'est amusant de déambuler devant les stands et d'entendre des bribes de conversation, d'assister

à un marchandage (en regardant qui aura le dernier mot) et de voir ces objets, restaurés ou non, qui

possèdent une longue histoire.

J'aime lire les dédicaces sur des livres que des indélicats revendent et trouver des objets surprenants

mis à la vente comme ces photos de défunts sur plaque d'émail récupérées dans je ne sais quel

cimetière.

 

J'aime avoir le coup de foudre pour un meuble ou un objet, m'imaginer l'acheter, lui trouver une place,

le nettoyer, me l'approprier et le faire parfois.

 

Et j'aime être parmi mes frères bobos une fois de temps en temps en début de mois sur les "Allées".

 

 

 

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:02

Il y a beaucoup de plaies de notre époque, ici et maintenant, qui sont solidement installées et dont,

pourtant, on ne saurait donner une date ou une période pour leur apparition.

Et encore moins une autre pour leur disparition.  

Exemple ces quémandeurs qui vous assaillent absolument partout. J'en ai compté cinq en moins

de 20 minutes ce matin au marché.

"Bonjour Monsieur, vous n'avez pas de la monnaie pour me dépanner"?

D'aucuns sont assis par terre, un bout de carton expliquant leur situation, d'autant plus

catastrophique qu'exprimée avec des fautes de Français ou d'orthographe.
Tout ce qui est censé nous émouvoir (pas de toit, de nombreux enfants, des injustices ou coups du

sort dont ils sont victimes) est inscrit sur ce CV modèle non conforme et rédigé dans l'urgence.
C'est certain il n'y a pas d'atelier pour apprendre à rédiger des cartons émouvants formatés et

efficaces.

De plus en plus de ces mendiants modernes s'expriment dans une langue que nous ne comprenons

pas. On dirait parfois qu'ils "inventent" un langage pour attirer notre attention et déclencher notre intérêt

et donc notre générosité.

Il y a ceux qui essaient la note d'humour ("Pour acheter du caviar", "pour jouer au casino" ou "pour aller

voir les filles") et ceux qui sont concrets ("j'ai faim").

Il y a ceux qui essaient de nous attendrir avec une ménagerie choisie (le petit chiot craquant, le chat

affectueux) et, hélas, les femmes avec bébé endormi qui doit déclencher le même geste de don de

notre part.

 

Je vois aussi des artistes qui égaient ou tentent d'égayer notre attente aux feux rouges avec des nez

rouges ou des numéros de jonglage sans oublier celles et ceux qui chantent ou nous vrillent les

oreilles avec un accordéon ou un violon.

Je comprends que ces personnes soient réduites à cet expédient qui doit être douloureux et humiliant

mais je sais aussi que leur nombre nous blinde et qu'ils finissent par obtenir de notre part le contraire

de ce qu'ils attendent.
En lieu et place de notre compassion ils récoltent notre agacement (dû au nombre de fois où nous

sommes importunés) notre ennui (c'est pénible de devoir refuser), notre honte (c'est indigne de fuir)

et notre gène (on aimerait bien ne pas être perpétuellement importuné ainsi).

 

La situation a évolué pendant des années et semble maintenant impossible à faire évoluer. Les

centre-villes sont pleins de personnes qui vivent de la mendicité et l'Etat ne peut ni ne veut rien faire.
Les éloigner pour des raisons touristiques ou esthétiques comme le font certains maires est une

indignité.
Bref je n'ai pas de solution et personne n'en a.
Nous devrons encore longtemps (toujours?) vivre avec ce désagrément qui dure. Comme les

vendeurs de roses dans les restaurants, la fouille méthodique aux aéroports, le péage des autoroutes

ou l'abrutissement programmé par la télévision* on sent que ça ne changera plus.

 

* On peut regarder "Arte" qui, seule, s'adresse à notre intelligence. Ce dimanche midi un doc

remarquable sur l'Olympia de Manet. Une heure d'intelligence et de passion. A prendre par les temps

qui courent!

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 20:12

Très affecté par la somme de conneries lues, entendues ou vues depuis que les "fêtes de fin

d'année" ont commencé je me suis mis à la diète de journaux, radios ou télévisions et m'en

porte assurément beaucoup mieux.

Pour les 4 jours entre le réveillon du 31 décembre et hier j'étais, qui plus est, dans un lieu que

n'atteignaient pas ces pourvoyeurs de niaiseries et même les téléphones portables ne

passaient pas.

Ce dimanche, je me suis offert quelques moments sur Arte et, outre le document sur l'Olympia

de Manet dont j'ai parlé ici, j'ai regardé l'excellent journal télévisé de la chaîne Franco-Allemande.

Ce journal télévisé est complet, intelligent, international et non partisan.
Ce soir on n'y a pas parlé des inondations et des nourrissons décédés mais du Canal de

Panama et de l'Ethiopie. Excusez du peu!

Pour moi l'Ethiopie était restée ce Cambodge Africain où le cinglé sanguinaire Mengistu avait

terrorisé et asservi son peuple pendant des années par l'application d'un marxisme lié à Moscou.
C'était la révolution qui avait chassé le féodalisme à la mode du Roi des Rois Haïlé Sélassié,

sympathique mais dépassé et l'avait renversé et remplacé par une "démocratie populaire" pure

et dure.
Le reportage montrait au contraire un pays de 80 millions d'habitants plein d'idées et d'étudiants

réfléchissant à la manière de faire décoller le pays.
J'ai failli tomber de mon canapé en en entendant un dire qu'il fallait faire "comme en Allemagne"

et développer l'apprentissage...

Voir l'Addis-Abeba d'aujourd'hui en ville pleine de mouvements et d'espoirs m'a fait comprendre

que le pessimisme de nos médias nous empêchait de voir le monde tel qu'il est: fou, cruel,

dangereux mais aussi plein de vigueur, de jeunesse et d'enthousiasme.
L'Ethiopie de 2014 n'est certainement pas un paradis mais elle a enfin renvoyé les démons

et s'est tournée sans hésiter vers un avenir décidé.

Depuis combien de temps n'avait-on pas prononcé positivement le mot "Ethiopie" sur nos

médias? sans doute depuis bien des lustres.
Et, puisque vous me le demandez avec insistance j'ai vérifié... Condamné pour génocide le

tyran Mengistu vit une retraite heureuse et protégée chez son ami Robert Mugabe du

Zimbabwe. Ca ne s'invente pas!

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 08:08

"A moi seul bien des personnages" est le titre du dernier livre de John Irving, l'écrivain sexagénaire, américain et spécialiste de l'Etat du Vermont à qui on doit, entre autres, le célèbre "Monde selon Garp".
C'est un livre qui est paru il y a près d'un an et pour lequel la critique littéraire a été des plus favorables. Il a donc trusté les premières places des listes de best-sellers début 2013 et je suis tombé sur l'une de ces critiques dans "l'express" qui m'a donné envie de le lire.
En elle-même l'histoire ne présente pas beaucoup d'intérêt. On y suit Billy de l'enfance à plus de 70 ans. Toute sa vie il est sujet à des "béguins", ainsi qu'il nomme ses passions fugaces.
L'objet de ces béguins peut être indifféremment un homme, une femme ou, et celà s'accentue à la fin de sa vie, une personne qui est passée du sexe mâle au sexe féminin, des "transexuelles" qu'il refuse d'appeler "transgenre" comme on dirait maintenant.

Il évolue dans une famille complètement "barée" où le théâtre en général et celui de Shakespeare en particulier

tient une très grande place. Il y a sa mère qui est souffleuse et évanescente, le  grand père qui se travestit en femme pour jouer les personnages du repertoire, la tante odieuse, le père tout droit sorti d'une caricaturale "Cage aux folles" etc...

Shakespeare et son théâtre, les lycées-pensions américains, les équipes de lutte, une position de défense et une

bibliothécaire (ancien lutteur) sont les principaux protagonistes et décors d'un livre long et passablement ennuyeux.
Les digressions sur la tolérance et les goûts particuliers des personnages (une grande partie "des" sexualités humaines sont détaillées) prennent la place principale et sont vite hors sujet.
John Irving aurait voulu, si j'ai bien compris la critique, faire un salut appuyé à l'un de ses fils homosexuel et le romancier s'intéresser à des amours hors cadre.

Sur le papier j'avais cru comprendre que le livre était drôle (il ne m'a pas tiré un sourire), intelligent (c'est de la psychologie de bazar) et universel (heureusement on ne rencontre pas tous les quatre matins des personnes aussi "dingos" que l'immense majorité des personnages du livre).
Je me suis lassé très vite des histoires d'Elaine, Miss Frost, Kittredge, Gerry et les Dr Grau et Abbott, Oncle Bob, Muriel et tous les autres.

J'ai eu beaucoup de mal à en achever la lecture et me demande encore ce qui justifie la notoriété de l'auteur, la bonne place dans les classements des ventes du livre en France, la bienveillance de la critique et, en fin de compte, pourquoi ce livre a un public dès le départ et pas d'autres qui en mériteraient dix fois plus.

Avec moi "A moi seul bien des personnages" aura eu une mauvaise critique. Ce n'est que justice!

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:26

Vendredi soir j'ai regardé sur RMC, une télévision guère plus convaincante que sa jumelle radiophonique, un film en quatre parties consacré à "Hitler, chef charismatique".

Déjà le titre prêtait à polémique. Il y avait du bon et du beaucoup moins bon dans ce document qui, si j'en juge par les  innombrables coupures publicitaires, s'adressait prioritairement aux jeunes. En effet les publicités concernaient presque exclusivement des consoles de jeux et des jeux qui leur étaient destinés. De la violence, du sang et des combats un peu comme dans le document sur l'Allemagne d'Hitler. Tant de cynisme ou de bêtise marchande finit par laisser indifférent.

Le document, que j'ai pris au moment du putsch Munichois de 1923 se terminait sur l'arrivée des Soviétiques à Berlin en 1945. Comme à chaque fois que la Seconde Guerre Mondiale est évoquée on ne pouvait qu'être frappé par l'enchaînement effroyable des évènements et la course à l'abîme d'un de ses plus grands pays et de l'Europe toute entière. Les documents étaient de qualité, quelques uns inédits ou rarement utilisés et l'ensemble n'était pas indigne, loin de là. La caution du grand historien britannique Sir Ian Kershaw n'était pas insignifiante.

Le doc n'était pas exempt de ces facilités de présentation inutiles et dans l'air du temps qui font "mode" mais éloignent du sujet: gouttes de sang tombant dans une flaque d'eau, image qui se détruit sous nos yeux en flambant etc. Certains documents en couleur étaient remarquables et d'autres possédaient la séduction d'images prises sur le vif et non destinées à être regardées par des non-initiés (propagande ou autre). Beaucoup de films montraient Hitler en personne, discourant, voyageant, ou en chef de guerre et l'évidence "sautait aux yeux": l'homme avait un regard dément et un comportement psychotique. Ses yeux noirs rappelaient ceux des requins.

Naturellement je ne pense pas qu'il était "fou" (ce serait trop facile et exonérerait en partie le peuple Allemand de lui avoir confié le pouvoir et de l'avoir suivi jusqu'à la débâcle finale) mais sa personnalité aurait dû l'écarter de toute responsabilité. Celle des gangsters qui l'entouraient aussi. Le document montrait bien la succession de coups de poker  que furent le réarmement, l'annexion de l'Autriche, celle des Sudètes en Tchécoslovaquie, les attaques de la Pologne de la Belgique, des Pays-bas, de la France et enfin de l'URSS.

Avec le recul le commentaire du film disait que l'impréparation, l'aventurisme, l'indécision parfois (comme pendant les premiers jours de la Campagne de France) et le sentiment de toute-puissance d'Hitler ne pouvaient que conduire à la catastrophe. Jusqu'à Stalingrad au moins et longtemps après en réalité, l'Allemagne Hitlérienne a semblé invincible malgré la folie furieuse et inhumaine de son programme politique et guerrier.

Le plus frappant pour moi était, comme à chaque fois que je regarde un document sur cet homme, non la mise en scène des rassemblements nazis, non l'adhésion visible et enthousiaste des peuples Allemands mais l'incroyable violence verbale de ses discours et la voix rauque et effrayante qu'il utilisait. On a beau savoir comment tout celà s'est terminé on est stupéfait que cet homme, ce "Caporal bohémien" comme disait Hidenburg, envoûtait les foules avec des délires exprimés avec une voix de malade mental.

Je reste ébahi par sa gestuelle, sa violence, son aspect et ses paroles. Comment un peuple entier, pendant une dizaine d'années (car tout ceci n'a duré "que" 12 ans (sur les millénaires promis!) a pu suivre un tel chef, cette question laisse un profond sentiment de malaise. Jusqu'ici et avant lui aucun homme n'avait aussi complètement souillé l'âme d'un peuple. Maintenant, et avec les moyens dont il disposerait, on préfère ne pas imaginer qu'un autre puisse faire que cela puisse se reproduire.

On parle toujours du "devoir de mémoire" au point d'en rendre le concept fourre-tout et assommant. Notre devoir à tous est aussi et surtout de refuser toutes les idéologies, les discours et les projets qui désignent des boucs émissaires à nos problèmes et de tuer dans l’œuf toute velléité chez les politiques d'exploiter nos mauvais penchants.

Et de surveiller comme le lait sur le feu des chefs d'états, élus ou dictateurs qui, pour arriver à leur fin, sont prêts à tout.
Une mappemonde suffirait à en désigner une dizaine....

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 07:36

Quelquefois, heureusement pas tout le temps, je suis MALADROIT. Dans ces moments j'ai beau essayer de faire attention, je commets des catastrophes en série.

Mes voitures, depuis la première jusqu'à celle d'aujourd'hui, professionnelles et/ou privées ont eu à souffrir de ces périodes où je les raye au parking, tamponne aux feux rouges quand ce n'est pas pire.

La technique, dans ces moments où je suis une calamité sur pattes, rend son tablier et se met soit à ne plus fonctionner soit à fonctionner en dépit du bon sens: télévision, I-pod, chaîne stéréo, lecteur de CD, four, lave-linge.... ils se mettent tous à mon diapason et font un bruit d'enfer ou ce qu'on ne leur demande pas.

Je fais alors tout tomber (avec une prédilection pour les verres à pied remplis de vin rouge), je casse tout et plus je m'énerve plus je suis dangereux pour mon environnement.
Naturellement c'est lorsque je suis dans une telle phase que la clé de la boîte aux lettres se casse dans la serrure, que le verrouillage centralisé des portes de la voiture se met à faire n'importe quoi et que le sac poubelle (avec la litière du chat) s'ouvre dans l'ascenseur.

Le chat justement... Smirnoff (c'est son nom) doit reconnaître ces moments où je suis un danger public. Elle se met à me fuir et à s'applatir, tétanisée, à mon approche en montrant que soudainement je deviens l'élement perturbateur de son univers.

Il est vrai qu'à la troisième ou quatrième fois que je butte dans sa gamelle d'eau ou de croquettes et que je la renverse il y a de quoi s'inquiéter un peu. Même un félin peu concerné par la réflexion ou le doute.

 

J'ai remarqué qu'à ces moments là je fais tomber le CD dont le boîtier se disloque, j'allume le mauvais feu sous la casserole (et je fais donc crâmer la belle cafetière) et que je dis juste ce qu'il ne faut pas à la voisine qui recommençait tout juste à m'adresser la parole.(je l'avais froissée à la dernière crise)

La seconde femme de ma vie, qui n'est pas encore habituée à ces crises subites, est toute surprise lorsque je commets des maladresses devant elle. Elle se met à ranger les sièges qui pourraient devenir des obstacles et à mettre hors de portée ce qui attirerait ma fureur casseuse.En vain, vous l'aurez compris.

Lorsque la période se termine (comme le vent d'Autan ça ne dure jamais longtemps, 1 ou 2 jours maximum) je souffle avec plaisir et je suis tout heureux d'être de nouveau adroit comme n'importe lequel de mes contemporains.
A propos de contemporains, j'ai une bonne amie, médecin de talent (c'est dire si elle a oublié d'être bête) qui pulvérise mes scores de maladresse. Elle l'est quasiment tout le temps et avec tout. Lorsque nous sommes ensemble elle est tellement malhabile que ma propre maladresse s'arrête d'elle-même.
Elle est adorable parce qu'elle regarde les catastrophes qu'elle provoque avec un regard las en se disant qu'elle fera peut-être pire dans les heures qui suivent.
La maladresse est parfois génétique: mon fils en a hérité une bonne part (Agnès, lorsqu'il était petit, avait eu un fou-rire en nous reconnaissant dans la foule qui attendait le téléphérique à nos skis croisés et dangereux pour les autres) et ma fille m'a dit que, quelquefois, elle devait faire face à la rebellion des objets qui l'entouraient.

 

La rébellion des objets qui nous entourent. Quelle plus belle définition de la maladresse pourrait on trouver?

 

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 06:42

Je précise tout de suite que le Père Noël du grand Nord, un homme pas plus barbu que vous et moi

et qui a la hotte et la tête bien pleines m'a apporté une sublime paire de gants le 25 décembre.

Ca devrait règler le problème une fois pour toutes.

Dès que le thermomètre fait la glissade jusqu'à tutoyer les 2 ou 3 degrés j'ai le bout des doigts qui

se parchemine, s'ouvre et forme de vilaines et piquantes crevasses.
J'ai beau me ruiner en crèmes Norvégiennes et déformer mes poches rien n'y fait. Elle guérissent

aux pouces pour mieux s'ouvrir aux index et, comme les c.... se comptent par deux.

Si un annulaire en a une l'autre main fait exactement pareil. C'est comme les ongles: ils se

répondent exactement et se cassent par paires opposées;

Là, normalement vous vous dites: "Il a trop bu ou il délire le vieux? qu'est-ce qu'on en a à faire de

ses crevasses et de ses ongles de mains?"

Rassurez vous. Je sais où je vais. Enfin. un peu.
Pour soigner ces maudites coupures spontanées qui piquent et me gènent j'ai acheté à la pharmacie

un petit produit transparent, un "Film soin crevasses" dermo adjuvant.
Si.

Ca se met comme un vernis à ongles et ça laisse un film transparent qui le rappelle bougrement.
Je suis généreux avec le produit et en ai donc mis sur le coin des pouces et des index.
Et sans regarder à la dépense ni à la discrétion, partant du principe que plus j'en mets plus rapide

sera la guérison.

C'est efficace, il n'y a pas à dire.
L'autre jour je suis allé renégocier mon contrat d'assurance auto chez mon courtier de quartier.
C'est un homme précieux et efféminé. Un homo sans l'ombre d'un doute.
Je lui explique donc mes souhaits en termes de garanties et de tarif et je mets ma main sur le

contrat pour appuyer mes dires.
Je devine son regard sur mes ongles vernis et je vois son regard interrogatif.
"Ce vieux-là ?".
Un grand moment de solitude comme on dit dans ces cas là.

 

 

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 13:16

A l'aéroport d'Orly où j'étais encore très récemment le redoutable JCDecaux a fait placer des "sucettes" électriques tout le long des accès stratégiques.
Même si on ne le veut pas on passe devant et on y voit 4 ou 5 publicités qui se succèdent indéfiniment.
Vous avez peut-être -sans doute- vu l'une d'entre elles. C'est une réclame pour un parfum ou une eau de toilette féminine.
La couleur dominante de la publicité (robe du mannequin, éclairages....) en est le doré qui,ce n'est pas une coïncidence, rappelle le nom du parfum et celui de l'industriel qui le fabrique.

Une actrice américaine croise successivement une fausse Grace Kelly et une fausse Marilyn Monroe. C'est une jolie femme mais gigantesque et qui a une démarche grotesque de mannequin. Quelqu'un, dans la vie de tous les jours, marcherait comme elle essuirait les critiques et les moqueries de la terre entière.

Si le message est clair (parfum luxueux, marque prestigieuse et ancienne) le véhicule n'a ni queue ni tête: il ne rensigne ni sur la senteur, ni à quel type de femme il irait ni la quantité du contenant ni le prix du flacon. Il ne dit RIEN sur le produit qu'il est chargé de faire acheter!

Les images sont belles, les sosies ressemblants (c'est très rapide, plus encore que la version cinéma ou télévision) l'atmosphère luxueuse bref c'est sophistiqué mais un peu ridicule (Monroe est idiote).

Il faut vraiment que notre "temps de cerveau" soit très disponible pour qu'on courre acheter de tels articles et que le marketing soit une manipulation très au point pour nous inciter à le faire...

 

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Published by Bertrand P
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