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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 08:42

Je me laisse aller à la démagogie et au poujadisme. De temps en temps ça fait du

bien et c'est comme la soupape de le cocotte-minute.

Des pans entiers de l'économie s'effondrent.
Les haines cuisent et recuisent dans des fait-tout géants à propos de tout et de rien.

L'école est devenu le champs d'expérimentations catastrophiques et ne prépare que

des générations d'illettrés incultes.
L'armée est en Afghanistan, au Mali et est aussi utile là-bas qu'elle le fût au Rwanda.

les salaires réels d'une grande partie de la population sont affreusement bas.
Les prélèvements obligatoires sont affreusement hauts.
La hausse de la TVA va continuer à appauvrir ceux qui ont déjà des difficultés.

La classe politique est tellement dévaluée que la PME Le Pen risque de récupérer la

mise en 2017.

L'impopularité du Président et du premier ministre est inquiétante dans sa persistance.

Le marché de l'emploi est catastrophique.

Les perpectives d'avenir sont mauvaises.

La conjoncture mondiale n'est pas bonne.

 

 

...Après le mariage homo le nouveau combat vital de la majorité est donc une riposte à

tous ces nuages noirs qui s'accumulent dans notre ciel.

On va faire passer un texte pour punir les clients des putes.

 

Et j'ai voté pour ces cons-là!!!!

 

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 07:12

Avant tout je dois faire cet aveu: il est probable que je sois devenu un peu addict au net.
Cet aveu me coûte et je ne suis pas fier de passer tant de temps devant cet écran qui,

il faut le reconnaître, pourrait parfois égaler la télévision dans la bêtise qu'il génère et

même la dépasser parfois tant libre cours est donné à la parole, toutes les paroles.

 

Le plus stupéfiant étant la lecture des commentaires que font les internautes sur tous

les sujets possibles et imaginables.
Ceux-ci sont -même modérés- édifiants par l'intolérance, leurs limites intellectuelles et

l'expression de certitudes qui les caractérise.
Dès qu'ils concernent la politique, la vie dans la cité, mais aussi l'international, le social,

la médecine, le sport ou même l'histoire et les arts la véhémence des commentaires a

de quoi surprendre par sa vivacité et son manque de tolérance vis à vis de pensées

opposées ou tout simplement contradictoires.

Prenez l'affaire un peu grotesque, pitoyable en tous cas, de ce tireur fou qui a sévit un peu

plus d'une semaine à Paris.
Son bilan est certes lamentable (un blessé grave, quelques tirs dans des vitrines ou des

rédactions de journaux ou télévision, une prise d'otage et des vidéos) mais bon,

objectivement, on n'avait pas affaire à un attentat-suicide meurtrier ni à la tuerie d'Anders

Behring Breivik en Norvège (69 morts) mais à la dérive folle d'un maboul.
J'ai lu les commentaires sur le site de "Liberation" et en suis resté étourdi par ce qu'ils

révèlent de haines recuites et de raisonnements foireux.
Il y a des personnes qui, au nom de je ne sais quelle idéologie, excusent voire félicitent

indirectement (l'admirent presque) le dingo tandis que d'autres réintroduiraient le supplice

de la roue et de la poix fondue pour le même.

Ces gens là s'insultent et se promettent des horreurs au cas où une guerre civile leur

permettraient de mettre en acte leurs violentes paroles.
C'en est effrayant.

Est-on obligé de passer par cette violence verbale pour défendre des arguments auxquels

on croit? est-on obligé de ridiculiser la pensée de l'autre, de la déformer, de la comparer

à d'autres paroles abjectes pour mieux la nier?

Se croire détenteur de la vérité révélée n'est-il pas le symptôme d'une absence de réflexion?

Avoir un avis sur tout, n'est-ce pas la preuve absolue qu'on en a sur rien?

Je ne sais pas si le net est responsable de ces excès (je ne le pense pas, il n'y a qu'à se

souvenir du "courrier des lecteurs" de certains journaux avant qu'Internet donne la parole à

tous) ou si on le doit à la crise, à la radicalisation du politique, à la perte des illusions

européennes,à la quasi disparition des idéologies ou à l'élévation du niveau scolaire mais

cette violence verbale est symptomatique et inquiétante.

Le plus stupéfiant est que ces anathèmes peuvent concerner, je l'ai vérifié, la critique d'un

film ("Intouchables"), un animateur de télévision (Sofia Aram) ou même un artiste

(Nicolas Bedos). Sujet primordial ou insignifiant, on le voit, génère les mêmes réactions.

Talleyand disait que tout ce qui est excessif est négligeable... j'espère qu'il avait raison.

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 06:54

Avez-vous, comme moi, une furieuse envie de devenir grossier lorsqu'à la caisse de

tout magasin on vous demande si vous possédez la "carte du magasin" ou la carte

de fidélité?

Si nous écoutions ces marchands nous posséderions une cinquantaine de cartes

de fidélité qui, toutes, nous donnerait accès au monde enchanteur des cadeaux et

des remises.

Quoi de plus stupide que ces cartes qui vous font gagner 0,20€ sur votre prochain

achat de crème fraîche aux aromates et à la cardamone? quoi de plus idiot que ces

journées à -20% qui tombent la veille du 15 août ou ne sont valables que sur des

produits ineptes que vous n'achèteriez pas, quand bien même ils seraient à -89%?

 

Moi, j'ai du mal à conserver ma proverbiale amabilité quand la pauvre "hôtesse de

caisse" (horreur! j'allais dire caissière) me demande (alors qu'elle vient de me

fourguer un sac à 0,03€ qui se déchire avant qu'elle ait terminé sa phrase):

"Vous avez la carte de fidélité"?

Non! je ne l'ai pas, je ne la veux pas et je voudrais qu'on me fiche la paix avec ces

cartes inutiles qui alourdissent le portefeuille et donnent la fâcheuse impression

de se faire entuber et d'en redemander.

 

Pendant des années j'ai eu la carte "Fnac" et, au bout du compte ça ne m'a pas

donné le moindre avantage. Même pas une photo du fils Pinault dédicacée!

 

J'ai eu la carte Shell et les saletés qu'elle permettaient d'acquérir n'intéressaient

personne, même bradées à 1€ dans un vide-grenier.

J'ai eu la carte de l'UMP et....... non, là j'invente!

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 06:30

 

J'ai appris hier matin le décès d'un homme que j'admirais.

Je le connaissais très peu et uniquement dans le cadre d'un plaisir que nous partagions:

c'était un passionné de montagne et, modestement, je me suis retrouvé quelquefois à

portée de sac au dos dans des "promenades" pour lui mais qu'il faisait avec des grimpeurs

bien plus faibles pour les aider et pour profiter de leur compagnie.

 

C'était un homme à l'ancienne. Il devait avoir dans les 65 ans et un passé dont j'ignore

presque tout.
Il avait refait sa vie avec une femme douce qui partageait son goût des randonnées et

qui lui témoignait une affection plaisante à voir.
La première fois que je l'ai rencontré nous avions fait une marche en montagne d'un

niveau trop élevé pour moi et je m'étais fait une entorse sur un nevé peu avant la fin.


Il avait porté mon sac et donné conseils et encouragements que je n'ai pas oubliés.
Figure tutélaire de notre groupe lorsqu'il était présent, le ton sage et calme de sa voix

et l'intelligence de ses propos, augmentés de son expérience faisaient merveille.
Lorsqu'il était là nous savions, plus encore que d'habitude, que nous arriverions à bon

port.

 

Je garde aussi un bon souvenir d'un dîner dans sa belle maison du Lauragais et de

l'atmosphère amicale et sincèrement détendue qui y règnait.

 

Randonnee-a-entorse-5-juin-10-066.jpg


Il était très en colère et n'arrivait pas à accepter les ignominies classiques du monde

du travail où il avait une fonction éminente qui lui avait été reprise ignominieusement

et sans qu'il ait démérité. Au contraire.
Malgré un "gros salaire" toujours versé sa mise au placard le minait. Il souffrait de ne

plus prendre des initiatives et de ne plus être consulté.
Ce qui le génait le plus, au delà de l'offense et de la mesquinerie était de voir ses

compétences inutilisées.

C'est à peu près le seul aspect de sa vie personnelle qu'il laissait affleurer lors de ces

randonnées dont je garde un magnifique souvenir.
Son accent du Sud, ses sourcils broussailleux et blancs, sa voix profonde et son

sourire affectueux me manqueront comme il manquera à toutes celles et ceux qui

ont eu la chance de passer un de ces splendides dimanches avec lui.
Vous ne le connaissiez pas et je le regrette: comme moi vous l'auriez apprécié.

 

la photo a été prise lors de cette randonnée où j'ai fait sa connaissance. Malgré l'entorse

j'en garde un excellent souvenir.

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 07:17

On taxe, à juste titre, les 12 ans de présidence de Jacques Chirac (1995- 2007) de

période d'immobilisme. On pourrait tout autant le dire du second mandat de son

prédécesseur François Mitterrand et d'une partie des présidences de ses deux

successeurs dont l'actuel.
Ceux qui le font, les fameux irresponsables donneurs de leçons (ça va de F.O.G

à Christophe Barbier en passant par Michèle Cotta et tant d'autres) ont, il est vrai,

quelques arguments à faire valoir.
Mais tous oublient cette petite phrase d'un Chirac à la fois meurtri et désabusé par

les manifestations monstres contre "le plan Juppé" en 1996:

"Les Français n'ont que le mot réforme à la bouche mais dès qu'un gouvernement

essaie d'en faire ils sont vent-debout contre".
A part Raymond Barre et Alain Juppé (et un petit peu Lionel Jospin, juste ce que sa

"majorité plurielle" lui laissait de latitude, c'est à dire pas grand chose) les premiers

ministres qui se sont succédés depuis Laurent Fabius inclus n'ont fait que des

"réformettes"  et, pour la plupart d'entre eux, ont du reculer dès que les foules se

ruaient dans la rue pour manifester leur opposition et leur exigence du retrait du

projet de loi litigieux.
Parmi ces premiers ministres pusillanimes Pierre Bérégovoy (que sa mort a

sanctifiée),  Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin et l'ineffable Dominique de

Villepin ont fait de la reculade un système de gouvernement, pire, une sorte de

religion.

Dans les démocraties (et la France en est une, même si elle est imparfaite,

impuissante, gangrenée par la corruption et incapable de se reprendre) les élus

ont un dilemme à résoudre.
La caractéristique de ce dilemme est qu'il est insolvable: soit ils sont courageux et

réforment mais celà signifie qu'ils courent au suicide électoral soit ils font semblant

en remettant au lendemain des réformes qu'ils finissent par vider de leur contenu

avant de les abandonner en rase campagne.Ce faisant ils espèrent que l'électorat

leur renouvellera sa confiance.

C'est un calcul à courte vue car les électeurs ne sont gré aux gouvernements ni de

son éventuel courage ni de ses reculades.

A mon humble avis les périodes de cohabitation, qui redonnent temporairement

de l'importance et du pouvoir à l'Assemblée nationale permettraient au pays de

faire avancer les réformes indispensables puisqu'opposition et majorité marchent

sur des oeufs en attendant l'échéance de la revanche ou de la confirmation.
Hélas on a vu que même cette anomalie politique ne favorisait pas particulièrement

le mouvement politique.Comment d'un mal pourrait il sortir un bien? 

Reste donc l'incantation, une sorte de danse du scalp autour de mots vidés de leur

sens et que reprennent les majorité successives, les médias en mal de débats (et de

tirage) et le café du commerce.

A force de parler de réformes et de ne jamais les voir, d'entendre des débats qui

accouchent de souris la grogne envahit tout et "Ca va mal", "on va dans le mur",

"ce gouvernement est nul".... s'entendent partout. Ces réflexions ne servent à rien

et sont fausses mais permettent au statu quo de perdurer et à tous de ne pas se

sentir responsable.

Pensons-y: si on donne une majorité pour 5 ans à un président élu sur un programme

c'est pour l'appliquer. Si à chaque mesure qui blesse un secteur catégoriel celui-ci

descend dans la rue et exige le retrait de la réforme on aboutit à ce qu'on voit aujourd'hui.

Et ne parlons pas de cette étrange attitude qui veut que "les Français" approuvent

toujours (selon les sondages) les gens qui manifestent pour conserver leurs privilèges.

 

Qu'est-ce que ça donne?
Un pouvoir laminé, exsangue, un président dévalué et à l'os tandis que sa majorité ne

sait plus où se planquer. Et pourtant il y a dix-neuf mois l'opposition faisait campagne

en disant qu'entre l'Assemblée Nationale, le Sénat, les régions et une majorité de

grandes villes, l'appui des syndicats et la presse (l'opposition pense toujours que la

majorité a la presse avec elle) le PS aurait trop de pouvoir !!! 

 

Quand on vous dit que cette Vème République est inadaptée et à changer d'urgence...

 

 

 

 

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 20:55

Les bleus. 


Toute la journée, sur toutes les ondes de radio, on a parlé des bleus.

 

De la possibilité de faire un exploit ou de l'impossibilité d'y parvenir.


Jean Marc Ayrault, François Hollande, Patrick Bruel... ils se sont relayés pour donner

qui un avis qui un encouragement.

 

Sur France Inter Jacques Vendroux a été le plus honnète en ne cachant pas qu'il ne

croyait pas instant que cette équipe puisse surprendre en bien.

RMC infos, la radio des beaufs et des footeux annonçait qu'elle consacrait sa "soirée"

(j'ai cru comprendre que ça commençait à 16H et finissait à 00H) à ce match contre

l'Ukraine. Il y en a qui n'ont pas grand chose à faire dans la vie!

Quelques reportages sonores nous ont conditionné -du moins ont essayé- dans lesquels

on entendait des "supporters" interpellant les joueurs pendant leur marche en forêt ce

mardi matin.

 

On a appris avec ravissement que les bleus prenaient une "collation" vers 17H00.

J'imagine Ribery avec sa tasse de Earl Gray et ses "fine bisquits"...

Enfin un psychanalyste, jamais en retard d'une connerie pompeuse comme tous les

escrocs de sa profession, a estimé que le foot virilisait les rapports entre hommes et

était un fantastique lien social.

 

Qu'ils gagnent ou perdent je le dis comme je le pense, je n'en ai rien à cirer. Je vais même

plus loin j'espère que leur gamelle -si gamelle il y a- enverra à la retraite cette bande de

bras cassés et que l'on verra moins ces débiles doués pour taper dans un ballon et que

les délices de capoue ont transformés en chapons.

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 07:11

j'ai regardé distraitement une émission politique diffusée sur FR3 (ou était-ce la 5?)

dans laquelle le timing laissait à l'invité la possibilité de répondre aux questions qui

lui étaient posées.


Théoriquement, parce qu'en fait il était obligé de contester la majorité des questions

pour des questions de formulation inadéquates.

 

L'intervieweuse m'était inconnue et possédait hélas tous les tics et tous les défauts de

sa profession.
Et d'abord et avant tout celui de vouloir briller aux dépens de son invité.
Je dis briller je devrais dire exister puisque Jean Luc Mélenchon n'est pas homme à

servir la souper, fût-elle télévisuelle.
La dame, donc, pour une fois moins masculine qu'on pouvait s'y attendre avait, cela

sautait aux yeux, un schéma pré-établi qui ne cadrait pas avec les  réponses de

Mélenchon.
Que croyez vous qu'elle fit? elle essaya de le lui imposer, comme un enfant essaie à

tous prix de faire entrer une pièce erronée dans un puzzle.
Je m'explique: Mélenchon, avec un certian brio, venait d'expliquer que le changement

de premier ministre, la dissolution ou un remaniement du gouvernement ne serviraient

à rien puisque, selon lui, l'important était de changer de politque -pour adopter la sienne-

et que ces trois actions ne le permettaient pas si Hollande conservait les mêmes buts

à atteindre avec d'autres hommes.
La donzelle lui coupe la parole et fait défiler sur l'écran les photos des "premiers

ministrables" montrant par là qu'elle n'avait rien écouté de sa démonstration et

qu'elle restait stupidement prisonnière d'un mode de fonctionnement journalistique

people, creux et détaché de toute réflexion. Voire de toute logique.
Pavlovien en quelque sorte.
Et la pauvre n'y peux rien! partout, toute cette fin de semaine, on a entendu la même

antienne. Aubry capitalisait dans son silence, Bartolone et Valls se rapprochaient de

Matignon.

Et ces doctes discussions ou monologues sur l'impopularité présidentielle.... quel

manque de réflexion, quelle incapacité à innover dans le raisonnement.


On ne tire pas sur une ambulance paraît-il mais nos médias sont tellement formatées

à l'identique et incapables de se renouveler que je les crois aussi sclérosées que les

institutions dont elles devraient nous informer du fonctionnement.
Je ne serais pas étonné que la contestation qui gronde les prenne aussi en ligne de

mire.

 

Qu'on ne se méprenne pas, je ne pourrais vivre sans informations et considère celles-ci

comme vitales, passionnantes et extrêmement importantes. Ce que je déplore c'est que,

par facilité, par panurgisme, par économie et finalement par manque de curiosité nos

médias sont toutes semblables et répondent comme des robots à des stimulus.

Regardez un kiosque ou la boutique des journaux de l'aéroport: vous constaterez le

manque d'ambition et la sclérose que je décris. Trop de similitudes, des signatures

interchangeables, des petits arrangements avec la déontologie.... les maux sont connus

mais peu combattus.

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 00:00

On ne le sait pas toujours mais le monde que décrivait Emile Zola n'a pas complètement

disparu.
Ou plutôt un autre s'est substitué à celui de "Germinal" et "L'assommoir".

Pour s'en apercevoir il faut un concours de circonstances ou, tout simplement, le hasard.
Vendredi était pour moi un de ces jours où mon sens de l'observation était affûté et où

je n'étais pas sur la réserve, c'est à dire accessible plus que d'ordinaire.
Travaillant exceptionnellement cette semaine-là dans une petite commune de la banlieue

toulousaine, j'en ai adopté les us et coutumes et, pour ce qui est du travail, ce que ceux qui

viennent tout au long de l'année y vivent.
Il s'agit en fin de compte de la même vie qu'à la Défense, à la Part-Dieu ou au Cabot, c'est

à dire dans un quartier affecté au travail et au commerce.


Mais ici pas d'arche ni de gratte-ciel. On est au sol, tout à fait au sol.

 

Tout tourne autour de l'Intermarché à qui appartiennent pratiquement toutes les boutiques:

du centre commercial bien sur, mais aussi le "restaurant", le portique pour laver les voitures,

le tabac-journaux et les pompes funèbres.
Non! j'exagère. pas les pompes funèbres.
Le bruit de fond de ce quartier laid et moderne est constitué par le bruit des moteurs de

voitures et des camions.
Le bruit que font les "caddies" est l'autre bruit dominant.

Celles et ceux qui ne vont pas au complexe Intermarché vont dans les supermarchés cheap

qui le jouxtent (Aldi Marché etc...).
En guise d'église et de château (il y a un donjon mais publicitaire!) un hangar où les clients

viennent entreposer au mois ou à l'année ce que leurs appartements exigus ne peuvent contenir.


Tout ceci est d'un exotisme à faire frémir et où que le regard porte c'est l'ennui et la

désolation. Si j'ajoute que les avions se succèdent dans le ciel en vue de leur très proche

atterrissage et qu'en ce mois de novembre vendredi était plus gris que gris, froid et pluvieux

je me serais acquitté de la description du décor avec un chapitre complet.

 

J'ai déjeuné, comme tout le monde (enfin, ceux qui ne vont pas au fast-food) au restaurant

du centre commercial. On ne peut pas dire que c'est mauvais, ce serait mentir que dire que

c'était bon. Toutes les tables étaient rapidement occupées et j'ai accepté à la mienne deux

caissières de l'hypermarché des "mousquetaires" (quel gag cette accroche publicitaire!).

Timides au début, mon silence et mon écoute les a rendu loquaces.
J'ai appris ainsi les horaires aberrants qu'on impose à de jeunes mères, les conditions

effroyables de travail qui sont les leurs, la méchanceté des clients et de leurs employeurs,

les réflexions incroyables auxquelles elles ne doivent pas répondre, les astreintes, les

horaires.... des conditions que Zola n'envisageait qu'"Au bonheur des dames"!

 

Leur colère allait vers la "pause" qui n'était jamais respectée. Elles ont théoriquement droit

à 2 minutes par heure travaillée mais on leur impose 18 minutes (pas vingt) quand ça

arrange le service. Elles doivent donc dompter leurs vessies  ce qui n'est pas toujours faisable.
J'arrivais au café et j'en avais assez entendu.
Je ne crois pas que Miss Lapix, MM Hanouna ou de Caunes et encore moins MM Sarkozy et

Hollande aient jamais entendu parler de ces caissières de supermarché qu'on empêche de
satisfaire leur besoin naturel

 

M Zola non plus d'ailleurs!

 

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 08:35

La blonde sur son gyropode est venue près de moi. Malgré mon air renfrogné (sans doute la seule

chose dont j'ai hérité de mon père). Elle m'adresse la parole en me tendant un prospectus, le 3ème

ou 4 ème qu'on me colle dans les mains depuis vingt-cinq minutes: "je ne vends rien, je conseille

seulement d'aller visiter la nouvelle boutique Orange qui est dix mètres plus haut." précise t'elle.

Ainsi une nouvelle enseigne a disparu dans la rue Alsace pour laisser place à un magasin de

téléphones. Avec ceux qui vendent des appareils auditifs et ceux qui sont consacrés aux

cigarettes électroniques ils sont bien les seuls à pousser comme des champignons après l'averse.

Les magasins, des institutions pour certains, ferment les uns après les autres et sont remplacés

aussi par des magasins de jeux électroniques ou des marchands de sandwichs orientaux.

 

Je passe devant le magasin que m'a indiqué cette surprenante cavalière et constate que la superbe

façade art déco abrite désormais une de ces ruches où l'on débite du portable, du portable sous toutes

ses formes. Il y a un attroupement devant la large porte: pensez ! on peut gagner la 4G!

 

Les centres-villes sont désertés par tout ce qui est commerce de bouche: plus d'épiciers (ou alors

ces enseignes faussement rustiques ou trivialement américanéisées ("Carrefour Market"), plus

de charcuteries, plus de comestibles, plus de boucheries; quelques boulangeries qui débitent de

la baguette réchauffée malgré des noms qui font illusion (fournil).

 

A défaut de manger ou de faire des provisions pour le dîner vous avez le choix des coiffeurs: un

tous les dix mètres et une folle originalité dans les noms ("Coup'tifs").


Dans le centre des villes on ne vend plus plus que des godasses, des téléphones, des vapoteurs,

des granulés pour se sculpter un corps d'athlète (en bidons!) et des sonotones.

Tristes villes où la fringue standardisée se vend dans des FNAC ou Virgin remaniés tandis que les

produits culturels se débitent dans des boutiques grandes comme des mouchoirs de poche.

Un cordonnier, un réparateur d'électroménager ou une papeterie n'ont plus de place dans ce monde

standardisé.

Moi non plus, je le crains.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 07:36

C'est le début novembre, il fait encore beau mais les journées sont plus courtes.

Avant de s'abîmer dans le froid et l'hiver ma hargne a de quoi s'exprimer devant

les trop fameuses "incivilités" qui ont beau jeu d'exploser.


Ce ne sont, au départ, que des comportements extrêmement grossiers mais

ils deviennent vite de véritables agressions car ils nous atteignent de face

par le mépris qui leur est attaché.

 

C'est le type qui profite, à la tombée de la nuit, du calme des rues désertées

pour y descendre, ni vu ni connu, un ignoble matelas, un frigo répugnant

(ou une gazinière qui ne l'est pas moins), des vieux fauteuils épuisés et sales

ou des planches et autres "encombrants" en se fichant éperdument de la

gène occasionnée ou de son devoir qui est soit de les déposer à la déchetterie,

soit d'appeler les fameux "monstres" qui viennent les enlever après avoir donné

une date pour les déposer.

Lui, il s'en fout, il n'a plus chez lui ces rogattons qui l'ont subitement indisposé.
Et le quartier profite de ses saletés. (Et se demande qui peut avoir des meubles

aussi sales, aussi laids ou aussi délabrés chez lui).

Il faudra 3 ou 4 jours (dont une de pluie) pour que ces douteux présents à la

collectivité disparaissent.

 

C'est aussi le groupe de jeunes, garçons et filles, qui s'arrêtent sur des marches

pour parler, rire, manger et boire et qui laissent les reliefs de leur "repas", papiers,

gobelets, canettes et bouteilles (quand ce n'est pas le pack et les 6 bouteilles

vides) là où ils les ont consommés.
...Il y aura bien quelqu'un pour nettoyer derrière eux!

 

C'est aussi celui qui laisse son vieu pneu, sa batterie morte ou l'aile emboutie

de sa bagnole sur un trottoir également ou dans un parking qui ne lui appartient

pas. Merci du cadeau!

 

Enfin, j'ai gardé pour la fin celui qui sort en pleine rue son appareil uro-génital et

qui vide consciencieusement sa vessie sans plus se cacher que ça. Il y a aussi

ceux qui vomissent devant votre porte. On oublie le caractère d'exemplarité ou de

panurgisme que celà induit et qui fera que dix autres dégoutants feront comme lui,

transformant votre porte en WC puants.

On l'accepte mal d'un chien qui n'a pas le choix, beaucoup moins d'un humain

qui s'humilie et nous humilie de son comportement associal.

 

Lassés, nous sommes tellement habitués à ces attitudes grossières que, la

plupart du temps, nous n'y faisons plus attention.
Pourtant le fameux "lien social" est mis à mal par l'addition de tous ces coups

de canif qui rendent la vie en communauté si stressante.

 

L'ivrogne qui pisse entre deux voitures, le SDF qui donne une immonde pâtée

à son chien à même le trottoir, la dame avec la poussette pour triplés qui

empêche de monter dans le métro, le type qui jette ses rebuts n'importe où

ne commettent pas des fautes graves mais contribuent à rendre la vie pénible.

 

Les rues impeccables de grandes villes d'Europe visitées ça et là me font

envie!Je repense à Edimbourg ou à Dublin, à Dortmund ou Madrid et n'ai pas

le souvenir de comportements si individuellement déplorables!

 

 

*PS: j'adore l'anecdote que m'a racontée Fr****. Lorsque sa fille était petite elle

lui avait demandé "maman, c'est quoi?" en lui montrant des vers de terre.
Fr*** avait répondu: "jette ça, c'est dégueulasse!".
Une autre fois, longtemps après, sa fille lui avait désigné des vers qui étaient

non pas des vers mais, naturellement, des gueulass.

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