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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:46

Je regardais hier la rediffusion de "C dans l'air", une émission d'information présentée par Yves Calvi que je trouve plutôt bien faite même si les invités possèdent (trop) souvent des visages qu'on voit un peu trop et partout et s'ils défendent, pour certains, une orthodoxie économique qui ne supporte pas la critique et encore moins la remise en cause.

Ainsi hier, à propos de la loi El Khomri une femme défendait l'idée pour le moins originale que les patrons, si on leur laissait le choix, pouvaient très bien vouloir augmenter leurs salariés et non, comme le prétendait un syndicaliste faire baisser leurs salaires.

Très naïve mais sûre d'elle même elle ajoutait que les patrons étaient des hommes responsables et qu'il était injurieux de les imaginer comme des rapaces.
Soit.

J'ai commencé à travailler à 19 ans. J'ai travaillé chez Gibert Jeune, chez Bébé-Confort, chez Vallourec, chez Sacilor, chez Hatier, chez Winterthur, chez SVP, chez Alma et chez Seeric. Sans compter des emplois de remplacement entre deux autres. 166 trimestres répertoriés et validés par la Sécurité Sociale et les caisses complémentaires.
166 trimestres pendant lesquels, à quelque poste où je fus affecté, (cadre depuis 1985) JAMAIS, je dis bien jamais je n'ai eu une promotion, une augmentation, un changement d'échelon ou l'accès à un statut supérieur sans que je me sois battu pour l'obtenir. Je vous épargnerais le parcours du combattant pour obtenir d'être simplement écouté, les trésors de patience et d'ingéniosité pour obtenir d'une hiérarchie sourde le simple fait d'être autorisé à demander ce qui est la raison d'être d'un salarié: avoir un poste qui lui convient, évoluer dans l'entreprise et gagner plus. Ma fille s'épuise à essayer d'obtenir mieux et mon fils est parti au Canada où sa vie professionnelle n'a rien à voir avec ce qu'il aurait connu s'il était resté dans ce bel hexagone où les "patrons sont des gens responsables". Reste à s'entendre sur le mot responsable et à intégrer que les arbitres et les bénéficiaires de leurs seules largesses sont les actionnaires.

Cette femme, à "C' dans l'air", n'a pas dû souvent travailler "dans le privé" pour dire de but en blanc que les employeurs augmentaient facilement leurs salariés. Ils ne les augmentent en réalité (presque) jamais d'eux mêmes ou alors les cadres de la direction au CV plus secret que les plans militaires...

D'ailleurs. Juste avant la rediffusion de l'émission j'ai regardé un documentaire sur les personnes qui disparaissent volontairement. Un ébéniste faisait l'éloge de son salarié disparu: "jamais il n'a tapé dans la caisse ou demandé d'augmentation". Pour lui c'est la même chose.
CQFD

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 06:40

Et puisque, récemment, j'ai dit tout le mal que je pensais d'un duo d'idiots je vais équilibrer le plateau de la balance en jetant mon fiel sur l'humoriste-femme la moins drôle de France.

Curieusement elle aussi possède un physique contestable. Faut-il être laid comme un cul pour faire rire? Dany Boon et Régis Laspalès sont des exemples pris au hasard qui indiquent le contraire..

Anne Roumanoff, car il s'agit d'elle, est depuis des années la seule comique qui met mal à l'aise tant les ressorts de son "art" sont minces. Elle est de droite, tendance Juppé-Raffarin et, chez elle l'inspiration vient exclusivement du camp politique opposé qu'elle voit avec les yeux de Serge Dassault, un autre humoriste désopilant.

Outre une inspiration presque exclusive mais toujours désolante, la rousse au visage en caoutchouc débite ses bassesses et, osons le mot, ses conneries avec une voix qui glace le sang. Il n'y a rien à sauver dans les prestations de cette amuseuse pas amusante qui, pourtant, remplit les salles et fait les beaux soirs des chaînes de la TNT et les soirées de résultats des entreprises.
...Sans oublier les congrès des Républicains du Poitou ou d'Auvergne...

Ce que je lui reprocherais le plus est de flatter le côté bébête des Français. Ce côté "l'emmerdant c'est la rose" qui ne va pas loin et donne l'illusion d'une rébellion alors que l'on est dans une connivence subie. De fausses audaces en fausses audaces on arrive à un consensus beauf dans lequel Anne Roumanoff excelle. C'est la France des autocars de comité d'entreprises qui va visiter Chenonceaux en bermuda-tongs, va dîner au "Flunch" de Tours et termine aux Zénith pour rire avec Anne Roumanoff ou Canteloup, l'imitateur pas drôle...

Ce n'est pas du mépris, juste un regret que cette France là perdure depuis "Félicie aussi" et le fameux pétomane*

* je ne fais pas une fixation sur ce spécialiste des vents qui fit une carrière remarquée au début du XIXème siècle mais j'ai lu récemment une notice biographique édifiante qui dit la permanence d'un goût discutable de notre race pour une gaudriole vulgaire....

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 06:55

Toulouse est une grande ville. Pour qui dispose de temps et d'un minimum de curiosité il y a mille choses à faire et à voir et ce tout au long de l'année.
Le Museum d'Histoire Naturelle organise deux jeudis par mois des conférences baptisées "A la découverte des mondes" qui m'ont passionné pendant toute l'année. Celle de jeudi dernier portait sur "l'homme et l'animal, métamorphoses d'une relation" et elle était -par moments- éblouissante.

Parfois je me surprends à penser aux réunions d'entreprises, si bêtement ennuyeuses et qui empruntaient le même cérémonial du conférencier, du micro baladeur et des questions en fin d'exercice...

Les sujets abordés, comme le "pedigree" des conférenciers varie mais l'heure et demie passe si vite qu'on pense, nous spectateurs-auditeurs, que la fréquence serait portée à 3 voire 4 jeudis dans le mois sans que cela ne soit gênant!

Le 12 mai dernier, donc, les aspects de notre interactivité avec la gent animale étaient abordés sous l'angle pratique, philosophique, littéraire et scientifique. (l'horaire déborda quelque peu). Une des intervenante, Mme Vinciane Despret, fut non seulement intéressante mais pleine d'houmour et de répartie, capable d'aborder son sujet sous des angles différents et d'une modestie aussi rafraîchissante que sincère. Si j'ajoute que cette femme était belle et pleine de charme vous avez compris qu'il a presque fallu me mettre à la porte de l'hémicycle en fin de conférence!!!

j'ai dis "presque". Le moment le plus pénible dans ces conférences est celui où l'assistance, béotienne et n'ayant peur de rien, pose ses questions.
Ca ne rate jamais! on a droit au raseur qui a une thèse à faire passer (ce jeudi la lutte entre Darwinistes et Créationnistes dont il était, naturellement), à la personne qui a lu un livre (ou vu une émission de télévision), qui n'a pas tout compris et en répète stupidement les grandes lignes et enfin à l'élève de l'intervenant venu(e) là pour entrer dans les bonnes grâces de son professeur.

Ce moment (avec le gag du micro qui siffle ou ne fonctionne pas) excepté les conférences sont à la fois enrichissantes et préconisatrices d'ouvrages pour compléter nos connaissances.
Le tout dans un cadre plaisant et au milieu d'un public qui fait un effort... que demander de plus?

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 06:23

Sans doute ne suis-je pas sensible à l'humour des duos. Que ce soit les Chevaliers du fiel, Kad et Olivier, Omar et Fred, Eric et Ramzy et tant d'autres je ne les trouve pas drôle et le procédé d'un type qui sert de faire-valoir à l'autre, ou qui lui donne la réplique m'agace souverainement.

Cependant aucun duo ne m'exaspère autant que "Chevalier-Laspalès". Outre qu'ils possèdent chacun une tête de parfait abruti leur humour est, à mes yeux et oreilles, aux antipodes de ce que j'aime et qui m'amuse.
Jamais, je dis bien jamais, je n'ai pu écouter en entier un de leurs insupportables sketches sentant la France profonde que je n'aime pas. Oui, une France qui rit des belle-mères et s'esclaffe aux exploits du pétomane. Inutile de préciser que les allusions grivoises et le cocuage forment le fond de sauce de leurs spectacles.

Ils sont bêtes, ils sont laids, leur écriture vole au ras des pâquerettes naines et leur duo fait penser aux clown de la télé du jeudi du début des années 60.

J'imagine des salles de ville moyennes genre Limoges, la salle de spectacle qui accueille Annie Cordy, Axelle Red et un des participants à "The Voice 3". Le public est content, sa box enregistre "Koh Lanta saison 21 épisode 75" il a payé 45€ par personne (+20€ pour le programme et 13 pour un tee-shirt "Matmut") il va se "poiler". (Oui, à Limoges quand on va voir des comiques on va se poiler.)

Le chauve à voix de contrôleur SNCF et le barbu à la voix traînante arrivent sur scène.. Clameur de la salle qui ne regrette pas son investissement.

Rien que d'y penser j'en suis malade. Pour moi ce serait ça l'enfer: le disque de duos virtuels Joe Dassin et Hélène Segara alternant avec Drucker présentant les sketches des deux débiles de la Matmut.

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:46

Briefé, j'ai regardé une émission de télévision (sur M6) consacrée, façon télé-réalité, à la vente de biens immobiliers appartenant à des particuliers à d'autres particuliers, la chaîne de télévision "dramatisant" la transaction en faisant intervenir un animateur-agent immobilier et des décoratrices, toutes et tous talentueux et sympathiques, chargés de rendre le bien présentable et surtout vendable.

Les particuliers qui vendent sont eux aussi sympathiques, très "classes moyennes" et pourraient être n'importe qui. Leur maison ou appartement est standard, meublé standard et ils vivent de manière standardisée. Ils veulent vendre pour acheter plus grand ou ailleurs, pas pour flamber l'argent au casino de Deauville ou d'Acapulco.

L'émission est rodée et la personnalité de l'animateur, un certain Stéphane Plaza, fait beaucoup dans le charme et le succès de l'émission. Très naturel, bourré d'empathie, à l'aise avec tout le monde il allie une bonhomie naturelle à un professionnalisme avéré (il ne se trompe jamais dans ses évaluations de prix, il connaît le marché immobilier de n'importe où en l'abordant pour la première fois, il sait la décoration qui fait vendre et le détail qui tue). Dans son domaine c'est un Michel Cymes sans la boursouflure du moi.

Quant aux propriétaires-vendeurs, leur naïveté, le fait que tous surévaluent le prix de leur bien, leurs erreurs de goût, leur attachement à leur cadre de vie et leurs petites manies assure le reste du succès du programme.

On se laisse prendre au bluff que représente le "home staging" (toutes actions visant à améliorer un bien à moindre coût) et à regarder le remplacement d'une baignoire par une douche comme un spectacle intéressant. Idem pour un canapé, un sol ou une cloison de cuisine.
Ils sont forts sur M6.

Plaza en fait des tonnes dans une maladresse parfois suspecte d'être très étudiée, les décoratrices font usage d'une palette de 20 actions qui vont du sol plastique imitation parquet gris à la (pénible) vasque-lavabo en hauteur en passant par la suppression de portes intérieures aux carreaux jaunes, effectivement hideuses, et les encore propriétaires surjouent l'éblouissement devant 3 coussins à 15,75€ ou une lampe en bois flotté à 18,44€ quand ce n'est pas un tapis rond à 31,89€. Les enfants, des étoiles dans les yeux (comme on dit sur M6) font le spectacle à eux tous seuls lorsqu'ils découvrent leur lit à étage "Fly" avec une couette Batman.

Un suspens haletant est fourni par le fait pour l'animateur charismatique de sortir ou non une proposition d'achat-net-vendeur allant dans le sens des propriétaires...On frémit en frôlant l'AVC.

C'est bon enfant, c'est amusant et... on se demande pourquoi on a regardé ça quand ça se termine.

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 06:56

Il y a quelques semaines j'ai souri en voyant le petit film didactique dont les deux animatrices de "C à vous" jouaient les premiers rôles et qui était un clin d’œil pour dénoncer gentiment le harcèlement sexuel au travail.

C'est vrai, je l'ai constaté tout au long de ma vie professionnelle, mes homologues masculins sont parfois "lourds" et dès qu'ils sont en nombre il se sentent autorisés à laisser s'exprimer la part la plus mufle de leur masculine personne.

Je comprends aussi que de lourd à insupportable c'est une question de mots et d'attitudes mais aussi de sexe: ce qu'un beauf perçoit comme de la "drague gentillette" est un odieux harcèlement pour celle qui est concernée.

Je ne les excuse pas et ai toujours eu en horreur ces attitudes machistes de petits mâles ramenards.

Une autre campagne se serait tenue qui a vu des responsables politiques dénoncer le machisme et son corollaire, le harcèlement sexuel. Denis Baupin faisait partie des dénonciateurs.
Qui est Denis Baupin? c'est un vilain écologiste qui, durant les deux mandats municipaux de Bertrand Delanoë à Paris a fait de la surenchère verte en mettant en place des dispositifs anti-circulation automobile contraignants et générateurs d'embouteillages monstres par fidélité à des dogmes idéologiques. Pas un parisien qui n'ait pesté contre les pistes de bus, les murets de pistes cyclables et autres "idées" rendant la vie impossible à l'automobiliste parisien.

L'homme a été tellement sectaire et jusque-boutiste qu'on l'a affublé du surnom de "Khmer vert" qui lui a collé à la peau.
Baupin vient de démissionner de la vice-présidence de l'Assemblée Nationale suite à des plaintes circonstanciées de harcèlement sexuel. On a retrouvé des tweets du scélérat qui montrent que le harcèlement est patent.

2 questions me viennent dans cette affaire: sur quoi Baupin se fondait-il pour estimer qu'il ne risquait rien? en d'autres termes qu'un type qui fait des propositions sexuelles nombreuses et répétées participe à une campagne publique anti-harcèlement en pensant que personne ne dira rien montre t'il que les politiques se croient à l'abri de la justice et des révélations médiatiques?

La presse, au lieu de tartiner des pages sur les 90 ans de la reine d'Angleterre n'avait elle rien à dire sur Baupin et son comportement?

Enfin puisque Baupin n'est visiblement pas Marlon Brando le harcèlement lui permettait-il de sortir avec des femmes? ce comportement assez courant, s'il ne se censure pas, conduit-il à une certaine réussite dans les avances?

En tous cas Baupin est grillé et, exceptionnellement, je me réjouis de cette chute.

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 07:00

J'entends, ici ou là, des personnes donner plus ou moins raison à la mère d'une des victimes du Bataclan qui s'insurge contre le fait que Salah Abdeslam va bénéficier de l'aide juridictionnelle et d'un avocat de qualité.

Or ce point ne peut être discuté. Tout justiciable, en démocratie, a droit à une défense et Abdeslam y a droit. Que l'on songe qu'Adolf Eichmann a bénéficié, lui aussi, d'une défense digne de ce nom alors que l'acte d'accusation portait sur le meurtre prémédité de 6 000 000 d'hommes, de femmes et d'enfants dont il a permis et même organisé le transport vers les lieux d'extermination..

Ce qui semble poser un problème aux personnes qui relaient l'indignation de la mère d'une des assassinées du Bataclan est que Salah Abdeslam peut prétendre à l'aide juridictionnelle.
Là encore, aucune raison de se rebeller contre une disposition démocratique qui fait que tout justiciable ne pouvant assumer les frais de sa défense voit celle-ci prise en charge par l'Etat.

En fait l'émotion soulevée par l'ignominie du massacre et sa "gratuité" empêchent ceux qui crient le plus fort de réfléchir à la situation.
Que le pire de salauds en temps de paix (Fourniret, Francis Heaulme....) soit défendu est normal. Nous sommes une démocratie, dans ce domaine du moins.

Que cette défense soit prise en charge par la communauté, si le mis en examen est insolvable, est normal. Et j'ajoute logique. Rien ne dit d'ailleurs à ce jour (07/05) que l'aide juridictionnelle ait été demandée par le défenseur du terroriste de novembre.

Que Salah Abdeslam bénéficie de l'aide d'un grand avocat, considéré comme un "ténor" du barreau est moins acceptable intellectuellement mais tout aussi légitime. Cet avocat ne fait pas cela pour de l'argent et s'il accepte un tel "client" la somme des points positifs (notoriété, fierté professionnelle etc.) est certainement inférieure à la solde des points négatifs (haine, incompréhension, publicité négative pour lui et son cabinet, retombées médiatiques à double détente etc.). Personne, j'imagine, n'a forcé Franck Berton, du barreau de Lille à accepter de défendre ce triste et terrible "client".

Il n'y a donc pas matière à palabrer dans le vide. Soit on est démocrate et l'on s'incline devant les règles de la démocratie soit on ne l'est pas...

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 07:00

Les arguments des un(e)s et des autres ne réussissent pas à faire accepter et comprendre pourquoi nous sommes au mieux agacés au pire dérangés lorsque nous croisons une femme voilée de la tête aux pieds, portant parfois des gants et dont seuls les yeux sont visibles.

Il est inutile de le nier ces silhouettes que l'on rencontre souvent mettent mal à l'aise et ces réflexions toutes faites sur la "libération de la femme" d'un côté et "la foi qui l'impose" de l'autre sont des explications trop courtes et qui donnent bonne conscience à celle-celui celle-ceux qui les prononce(nt).

Admettons d'abord que le fait de porter une tenue sombre et couvrante n'a rien, en soi et pour les autres, de gênant ou d'offensant. Serait-ce une affaire symbolique?

Rappelons nous par exemple que ceux qui combattaient violemment dans les rangs de "l'Algérie Française" ne voyaient pas de mal à ce que la population féminine algérienne soit voilée.
Les mêmes ou presque sont vent debout contre cette tenue de ce côté de la Méditerranée. Serait-ce une affaire de géographie?

Certains, pour la refuser, parlent de climat et de températures. Serait-ce une affaire de climat?

D'autres anti-voile (par commodité la tenue qui pose problème ne sera jamais définie; tantôt on parle du voile, tantôt de la burqua, mais aussi du foulard ou du niqab..) disent que ces silhouettes noires ou foncées leur font peur. Serait-ce une affaire de forme vestimentaire?

D'autres encore parlent de "refus de s'intégrer" qu'induirait le port de tels habits. Serait-ce une affaire politique?

D'autres enfin, les plus nombreux, parlent de religion et de marques ostentatoires d'appartenance à une croyance, qui plus est prosélyte. Serait-ce une affaire religieuse? ne serait-ce que cela?

Naturellement je n'ai pas de réponse et, comme tout le monde, je me pose mille questions sur les raisons de ces crispations dont profitent les extrémistes religieux et politiques.

Je ne suis pas plus tolérant que quiconque et suis aussi, dans un premier temps, énervé lorsque je vois une de ces silhouettes fantomatiques qui semble me dire: "passe ton chemin, nous ne sommes pas de la même essence".

Après je me raisonne en me disant que, de toutes manières, ces femmes-là, prises dans un corset religieux et sociétal ne m'auraient de toute façon pas "intéressé". (et réciproquement).

Mais qu'il faille se raisonner pour accepter est signe que cela ne va pas de soi.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 06:55

Hier soir, sur LCP Assemblée Nationale, j'ai regardé un film de cinéma stupéfiant. Oui, un film de cinéma et non un documentaire télé: la différence est dans le regard et dans la non-utilisation de cette plaie qu'est "la caméra cachée".
Le film en question s'appelle: "Pôle Emploi, ne quittez pas" date de 2014 et est signé par un certain Philippe Nora.

Pour qui a déjà passé quelques moments dans cette institution le film montre les coulisses de ce qu'il a vu et entendu. Des agents harassés, sans moyens, victimes de règlements ubuesques et contradictoires, des personnes remplies de bonne volonté mais dépassées par la tâche impossible pour laquelle elles ne sont pas préparées et, on le devine, mal rémunérées et considérées.

L'agence ou le sieur Nora a posé ses caméras est située dans le 9-3 à Livry Gargan. le rite de l'ouverture de la porte aux D.E (demandeurs d'emploi, le Pôle Emploi est friand de sigles bizarres ou ridicules) filmés en contre-jour. Dès le matin ces DE semblent fatigués.
l'entretien de quelques uns d'entre eux avec des agents du pôle est filmé: on est chez Ionesco, on est chez Jarry, on est chez Kafka. Un comptable tunisien, diplômé et trilingue se voit proposer un classement en "agent de sécurité". Une femme parle le langage des signes avec son fils de 8 ou 9 ans qui "traduit" à l'agent qui emploie des mots et des expressions absurdes et intraduisibles...

La responsable de l'agence, une femme au bord de la crise de nerfs, s'évertue à parler "pôle emploi" et fait siennes toutes les directives, même les plus dingues de la direction du Pôle ou du Ministère.
Les agents sont filmés dans leur vie professionnelle de tous les jours (pause-café, recéption d'un demandeur d'emploi (un usager dit la directrice), pot de départ d'une collègue, discussion entre deux femmes employées du Pôle qui ne cachent pas leur amertume et leur découragement...).


Le film touche au sublime, (ou au surréalisme) lorsque l'on voit un agent coller des bandeaux "En panne" sur un, deux ordinateurs puis, dans la foulée, sur une puis deux imprimantes réservés aux demandeurs d'emploi.

Même chose lorsque la directrice et son adjoint (à moins que ce ne soit le contraire, lui étant le directeur, elle l'adjointe) remplissent avec difficulté un tableau de leurs résultats d'agence complètement bidonné, faute de temps et de comprendre les sigles et ce qu'ils signifient..

Le film se termine par un sommet de ridicule qui met mal à l'aise. Quatre garçons dont 3 noirs ou nord-africains ont "décroché" un emploi aidé de la ville. Le maire et quelques élus grotesques font un discours lamentable ponctué d'applaudissements tandis que la caméra s'attarde sur le visage impénétrable des "heureux possesseurs d'un emploi pour 3 ans". L'élu ose même dire que "le travail rend libre" sans que cela ne choque personne..
Un film remarquable qui laisse un goût de cendres et de colère.
Quelle belle époque, quel effroyable cynisme!

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 06:17

Tout le monde connaît la sentence selon laquelle il n'y a pas de grand homme pour son valet. Jusqu'ici, et à de rares exceptions près, elle ne se vérifie pas pour les proches et très proches: ils ont conscience d'avoir vécu près d'une personne hors-cadre et en sont fiers.

Hélas, bien souvent, ils n'ont connu que le côté banal du grand homme dont ils partageaient la vie et les histoires qu'ils racontent sont infiniment moins intéressantes que la légende.

Ainsi pensais-je en regardant le gros et beau livre que Christiane Kubrick a consacré à son mari, décédé en 1999 et que je considère, avec nombre de mes contemporains, comme un authentique génie réalisateur de 4 ou 5 vrais chefs d’œuvres.

Lorsqu'on est en face d'un homme aussi passionnant le risque est de vouloir le "percer à jour" et de s'intéresser à toutes ses facettes, en finissant par de l'inutile.

Avant d'être un génie dans son domaine, la réalisation de films, il était un homme avec des qualités et des défauts dont, finalement, il n'est pas nécessaire d'avoir connaissance.Dans notre salle de bains ou devant le barbecue nous sommes tous pareils.

Outre les aspects de sa personnalité ceux de sa vie personnelle n'offrent pas plus d'intérêt: qu'il aime le bon vin ou les cigares ou les deux ne présente pas le moindre intérêt pour le comprendre.

Christiane Kubrick, dans son livre de photos qui couvrent toute la vie professionnelle de son mari publie des clichés rares ou personnels qui, objectivement, n'apportent rien. C'est la limite de l'exercice: certes elle a connu dans l'intimité un homme étonnant et secret, plus que personne d'autre elle a des choses à dire et on reste cependant sans voix devant les photos de leurs 2 filles, de leurs chiens, de Kubrick et Brando ou de Ryan O'Neal pendant le tournage. Il pourrait s'agir de n'importe quel autre réalisateur. On n'apprend rien.

Les exégèses de l’œuvre l'ont disséquée en profondeur. Les tenants et les aboutissants des films qu'il a réalisés nous sont désormais entièrement connus.

C'est difficile à admettre mais l’œuvre est appelée à vieillir et à devenir objet d'études pour cinéastes qui redécouvriront Kubrick dans les générations à venir. Pour cela les études et biographies ont déjà été écrites depuis longtemps.

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