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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 07:35

Récemment, chez une très sympathique* amie de F qui nous avait invités chez elle

dans sa belle et accueillante* maison près d'Angers j'ai regardé deux films en DVD

que je n'avais pas vus et même, pour le second, dont je n'avais pas entendu parler.

Il y a fort à parier que pour le premier, notre difficulté à faire fonctionner le lecteur nous

contraignant à en voir la version Française doublée, nous avons beaucoup perdu en

qualité.
"Carnage" de Roman Polanski est un film qui m'a beaucoup déçu. On dit toujours que

Polanski est "génial" sans doute l'est-il parfois mais son génie est à éclipses car ce

film là rejoint "Quoi?", "Le locataire" et quelques autres qui défigurent sa filmographie.


Interprété par les toujours excellentes Kate Winslet et Jodie Foster, les deux interprètes

masculins de la distribution sont horripilants et grimaçants, bref mauvais comme des

cochons.

C'est du théâtre filmé, d'un réalisme cru et d'un intérêt rien moins que discutable.

L'intrigue est très "américaine" et charrie toutes les scories insupportables de la

culture bourgeoise new-yorkaise dont le galimatia psychanalytique et la bonne

conscience polito-écologiste.**

Si l'idée de départ (un livre de Yasmina Réza) est bonne, le traitement en est long,

fastidieux, convenu et, je le dis tout net, ennuyeux.

 

L'autre film que nous avons regardé, confortablement installés dans des canapés et

abondemment pourvus en excellents chocolats* s'intitule "The Reader". Les deux

acteurs connus y sont Kate Winslet à nouveau et le toujours superbe Bruno Ganz.
C'est une histoire assez grise qui nous est contée et nous sommes pris par l'histoire

et par les interprètes qui nous emmènent dans l'action.
Nous avons été obligés de couper le film au 3/4 à cause d'un violent orage qui

approchait et menaçait le lecteur et la télévision.
On l'a repris le lendemain, à l'apéritif du soir mais le charme était rompu et je ne suis

pas parvenu à me remettre dans mes sentiments de la veille.

Le même film et les mêmes comédiens me sont apparus soudain superficiels et

leur jeu affecté.
Et ce jusqu'au dénouement.

Souvent un film aimé au cinéma et vu dans un certain état d'esprit déçoit lorsque nous

le revisionnons à la maison.

Souvent aussi un film vu dans sa version DVD n'est pas conforme à nos attentes parce

qu'on n'entre pas en lui comme on le ferait au cinéma.
Un film n'est pas un livre: en l'arrêtant pour le reprendre à un autre moment on peut

l'assassiner.
Comme "The Reader" que ce violent orage m'a empêché d'aimer d'un bout à l'autre.

 

 

* je sais, ces adjectifs font un peu flagorneur mais ils s'imposent. Sincèrement.

 

** Ca y est! je vais pouvoir écrire des critiques dans "Marianne"! ma prose est lourde

comme la leur. Je dirais que "je m'écoute écrire"!

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 07:17

 

 

 

Il  y a quelques jours, le vendredi 12 juillet très exactement, je suis allé avec

Alain, sa femme A* et mon amie Françoise à Carcassonne voir le concert

gratuit d'une inconnue (pour moi) Barbara Carlotti.
Nous sommes arrivés dans la vieille ville (pas la Cité) juste au moment où elle

et son groupe achevaient leur premier titre (celui que je vous ai joint).


D'emblée j'ai trouvé que la dite Barbara chantait parfois faux, que ses paroles

étaient soit du 3ème soit du 4ème degré soit du "foutage de gueule", mais

aussi qu'elle était très détendue, sympathique et que son groupe était comme

le reste: à la fois excellent (le batteur, le bassiste et un des guitaristes) soit

exécrable (le guitariste-petit ami de la belle, les claviers, les choristes). 


Les chansons étaient interprétées avec beaucoup de fougue et, grâce à la

partie professionnelle de ses musiciens, tenaient la route même si, à plusieurs

reprises je me demandais si j'avais bien entendu ce que j'avais entendu.

("Et tu couches avec cette conne").

Le public était celui des concerts gratuits des festivals d'été: quelques branchés

en vacances, des SDF avinés et bruyants et des curieux peu concernés.
Peu semblaient connaître le répertoire de la Carlotti qui en est pourtant à son

quatrième CD.

Au fur et à mesure de l'avancement du récital Barbara Carlotti et son groupe

prenaient manifestement du plaisir à chanter et jouer ensemble à Carcassonne

par cette magnifique soirée d'été.
Ils n'étaient pas particulièrement applaudis et du public ne montait pas vraiment

une chaude connivence mais c'était bon enfant et assez agréable.
Après le 1er rappel Barbara Carlotti et son groupe interprétèrent au milieu de la

foule, sur la fontaine, une autre chanson déjantée dont nous avons tous repris

le leit-motiv en riant car, là encore, il s'agissait d'un peu n'importe quoi.

 

A la Fnac d'Angers j'ai vu son dernier CD. Barbara Carlotti à 5 étoiles Télérama

(no comment) et chante avec Dominique A. et Philippe Katherine.

C'est bien ce que j'avais pensé: c'est du second degré. Mais c'est bien fait, c'est

drôle et le groupe est bon.

Why not?


 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 07:35

Nous étions en Corse. Un magnifique endroit qui surplombe la mer (ce qui n'est pas

difficile; en Corse on surplombe très souvent la mer!).
Le ciel était bleu, l'air transparent et sec et les arbres s'apprêtaient à subir une pleine

journée de soleil implacable.

A l'hôtel nous terminions un substantiel petit déjeuner qui s'éternisait.
La nuit avait été longue mais la "clim" avait rempli son office et nous étions frais et

reposés.
Le programme de la journée était des plus prosaïques puisque nous avions projeté

notre première journée plage et un dîner au restaurant dans une ville touristique dont

j'ai naturellement oublié le nom. Propriano? peut-être était-ce Propriano.

 

Françoise et sa fille avaient mille choses à faire dans nos chambres respectives et

Arnaud et moi comptions bien ne les aider en rien en flânant loin d'elles.

 

J'avais un livre à lire et j'avançais un fauteuil sur la terrasse herbeuse pour m'installer

au soleil qui, à cette heure matinale ne brûlait pas encore.
J'ai beau habiter une ville qui n'en est pas avare le soleil m'a souvent manqué à Paris

et vacances rime avec soleil même si les dermatologues et les emmerdologues

poussent des cris d'orfraie à ce sujet.

Si on écoutait tous ceux qui nous veulent du bien sans nous demander notre avis on

aurait une vie aussi ennuyeuse que la leur...

 

Me voyant ainsi installé Françoise vient à moi et me demande tout de go si je veux

ressembler à la "Follasse de Saint Tropez" dont la caractéristique principale serait un

bronzage trop cuivré que mon exposition pourrait me valoir.

 

Frappé par l'expression et n'ayant aucune envie d'avoir le look de la follasse en question

(je n'en avais jamais entendu parler et Françoise a reconnu plus tard qu'elle non plus!!!!)

j'ai battu en retraite, rangé fauteuil et bouquin et me suis replié sur la chambre qu'elle

avait transformé en souk maroquin.

 

Foldingue contre follasse notre journée commençait sous les meilleures auspices.

 

J'aime la faculté de Françoise d'inventer des expressions, d'en modifier d'autres ou de

les arranger pour les mettre à sa botte.

Sa capacité à imager ses propos me réjouit et la "follasse de Saint Tropez" risque de

rencontrer des cousin(e)s en Ecosse où nous devons nous rendre prochainement.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 07:15

Dieu m'est témoin que je n'ai jamis prisé Catherine Ringer et les pseudos

Rita Mitsouko.
Je n'ai jamais apprécié leur branchitude boboïsante et leurs provocs un

rien fétides.
La "chanteuse" aux poils sous les aisselles et aux dents manquantes ne

m'a jamais semblée intéressante et feu son jules, le regrettable Fred

Chichin ne m'est pas apparu comme un musicien sublime ni comme un

compositeur particulièrement doué.

 

Leur oeuvre discographique parle hélas pour eux et se résume à trois ou

quatre titres supportables et autant d'autres, tubes assommants.

En son temps j'avais trouvé déplacée et inutile la sortie de Serge Gainsbourg

sur Catherine Ringer (il l'avait traitée de salope en direct sur un plateau de

télévision parce qu'elle avait tourné dans des films pornos, ce qu'elle n'avait

jamais nié).
L'homme (paix à son âme) avait fréquenté d'autres personnes autrement plus

contestables (Claude Berri par exemple....) et qui, à coup sûr, méritaient plus le

qualificatif que l'élément féminin du duo déjanté.

 

Pourquoi Diable vous parlais-je de ces Rita Mitsouko à l'heure où ils n'existent

plus (et pour cause) et où Catherine Ringer doit sans doute faire des festivals

aussi prestigieux que ceux de Romorantin, de Vaisons la Romaine ou de Foix

pour gagner de quoi subsiter tout en maintenant la flamme d'Andy et de Marcia?

tout simplement parce que le journal "Libération", faux-cul comme souvent,

vient rappeler* l'ex-actrice de films X en détaillant les productions à la fois tristes,

dérisoires et pathétiques dans lesquels elle s'illustra avant le succès

discographique.

 

L'article en question, écrit avec une plume trempée dans la bave de crapaud,

décrit les actes sexuels (avec un nain) auxquels se livrait Ringer devant des

caméras à une époque où elle devait avoir 20 et quelques années.

Quel intérêt? aucun! zéro. Le néant.

 

Juste, méchamment, rappeler à une femme de soixante ans et, accessoirement

à ses enfants, leurs amis et familles ses turpitudes passées dont nul n'a rien à

faire. Et encore moins n'a le droit de les juger.

Une sorte de délation gratuite et branchée....

Du "libé" quoi.D'autant plus dégueulasse que ce journal considère le porno avec

bienveillance (c'est son droit) et publie une rubrique intitulée "Les 400 culs" qui

ferait passer les galipettes de la soeur Ringer pour des jeux de fillettes en

comparaison avec ce qui y est décrit parfois. Alors? condamnation hypocrite

ou règlement de compte?

 

C'est, je le confesse, ce genre de textes qui me fait un peu peur lorsque je vois sur

les "réseaux sociaux" des jeunes détaillant leurs soirées, leurs goûts, leurs plaisirs

et leurs bêtises.
Rien ne dit que l'un des émules du KGbiste de Libération ne ressortira pas, dans très

longtemps, ces infos pour salir un(e) concurrent(e), un(e) candidat(e), un(e) rival(e).

Qui sait si une photo ne sera pas utilisée contre eux? la simple idée que celà soit

envisageable devrait au moins être prise en compte.

 

 

*Site de "Libération" dimanche 21 juillet 2013. 18H00

 

 

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 07:05

Je ne sais pas si, par définition, il y a plus de choix dans une bibliothèque que

dans une grande librairie.
Je ne sais pas non plus pourquoi mon comportement est souvent différent

selon que je suis dans l'une ou dans l'autre.
J'ai remarqué qu'il m'arrivait souvent de déambuler longuement dans une

bibliothèque et d'en repartir sans le moindre ouvrage.
Trop de choix nuirait-il au choix?

En fait les volumes reliés peuvent rebuter par leur encombrement et par leur

état qui peut donner envie de s'abstenir de les choisir.
Enfin il y a tant de livres sur un sujet donné que je ne sais souvent pas lequel

prendre.

L'idée de rendre à date fixe le livre que j'ai choisi, d'être donc obligé d'en avoir

achevé la lecture à telle ou telle date peut me dissuader de le prendre.

 

La formule "Presto" qu'a mise au point la Médiathèque et qui permet de

n'emprunter que 10 jours un livre fortement sollicité par les lecteurs est, par

exemple contre-productif en ce qui me concerne; je l'aurais peut-être (sans

doute) terminé à temps mais je n'aime pas l'idée d'y être contraint.

 

De la librairie aussi, évidemment,  il m'arrive de repartir les mains vides.

Souvent même.
Si je n'ai pas une idée précise de ce que je viens y (re)chercher je peux aussi

tourner dans les rayons jusqu'à ce qu'un livre me fasse suffisamment de l'oeil

pour que j'aie envie de le découvrir.

 

Il a, à mes yeux de maniaque, un atout considérable: il est vierge de tout regards

et n'a jamais appartenu à personne puisqu'il est neuf.

 

Par rapport à la bibliothèque la libairie, commerce à but lucratif, est à même de

m'aiguiller dans mes choix, de me donner un avis autorisé et de me vendre un

conseil judicieux.

 

Les livres sont plus récents et donc plus liés à l'actualité: on ne passe pas à côté

du bouquin dont tout le monde parle, a parlé ou parlera.
Mais ce dernier aspect est-il positif? j'en doute un peu même s'il a son importance.

 

Le classement des livres aussi interfère dans ma décision de l'acheter ou de le

prendre à la bibliothèque. S'il faut essayer de comprendre dans quelle catégorie il

a été classé, dans quel sous-classement ou catégorie -malgré les ordinateurs qui

devraient vous aider à le retrouver- je préfère renoncer à le chercher.

Il y a, enfin, ce point et ce doit être la vraie différence entre la librairie et la bibliothèque.

Dans la première on se procure les livres qu'on veut posséder, immédiatement ou pas

et dans l'autre ceux que l'on veut uniquement lire ou consulter.

 

Au moment de mon divorce et une fois les livres qu'elle souhaitait conserver redonnés

à mon exquise ex, je me suis retrouvé avec des piles et des piles de livres dont je ne

savais que faire.
A nouvelle vie nouveau décor: je ne tenais pas à ce que des rayonnages de

bibliothèques assombrissent mon futur appartement qui ne pourrait être que plus

petit.

J'en ai donc vendu une partie à des bouquinistes, ai fait venir des libraires qui en ont

acheté d'autres (une misère, naturellement), en ai donné et ai mis sur le trottoir des

cartons en contenant d'autres.

Comme après la mort de "Bouboulina" dans "Zorba le Grec" qui voit sa maison vidée

à peine elle a poussé son dernier soupir, en quelques minutes les livres réprouvés ont

trouvé preneurs.

Les enfants et moi regardions du balcon et trouvions amusante la rapidité avec laquelle

les cartons se vidaient. Nous les avons alimentés tout un après-midi.

 

...Et j'en ai conservé. Trop. Comme en cinq ans j'en ai aussi acheté d'autres je me retrouve

de nouveau avec beaucoup de livres qui m'encombrent. Je garde tous ceux qui sont

dédicacés (c'est une règle) et, arbitrairement, ceux que j'aime.

Pour moi la solution idéale serait la bibliothèque, tout le temps!

 

 

 

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 07:16

C'est entendu on n'a pas la famille que l'on mérite et surtout on ne la choisit pas.
On est donc obligé de faire avec!

les amis sont heureusement là pour compenser les déboires qu'on rencontre

avec la famille légitime. Et eux, on les choisit.

Frères, soeurs, neveux, nièces, cousins, cousines, oncles, tantes, grands parents

père et mère, petits enfants voire arrière petits enfants la famille peut être tout

simplement pléthorique et les soucis qu'elle engendre proportionnels au

nombre de personnes qui la composent.

N'oublions pas que chacun des membres adultes de la famille a un conjoint qui,

souvent, cristallise les agacements même s'il ou si elle n'a rien fait pour celà.

Le caractère de l'un, les problèmes de l'autre, si on n'y met rapidement le hôla,

peuvent devenir insupportables.

Dans l'absolu ces cousinades, ces réunions de famille, ces noces d'or ou ces

mariages ont tout pour être des moments parfaits où le plaisir d'être réunis

devrait l'emporter sur toute autre considération.

C'est pourtant loin d'être le cas et nous appréhendons souvent ces moments où

l'on sent presque la tension qui parcours l'assemblée.
La cousine truc fait sa scène, la jeune soeur Machin fait la gueule à ses belles

soeurs et Paul ignore Octave. bref, c'est raté.

Vous avez sans doute remarqué que c'est ce jour là que les enfants (et quelques

adultes) font leurs plus lourdes gaffes, que c'est à l'occasion de ces retrouvailles

que ressort une vieille histoire oubliée ou que vient sur le tapis le sujet qui

fâche.

Sans parler de nos proches qui se mettent à agir et parler comme des psychopathes.

On a presque le sentiment que chacun veut se conformer à son image voire à sa

caricature.

 

Comme réunir autant de monde n'est pas chose aisée et que personne ne veut

vraiment s'y coller ces grandes occasions sont éloignées les unes des autres et

les réflexions désagréables ont plus de chances d'être faites.
Si aux enfants on dit "Dieu que tu as grandi" aux adultes on fait remarquer que

les cheveux se sont fait la belle (à moins que ce ne soit la femme!), que la

silhouette s'est empatée ou que l'on accuse bien les 6 années qui nous séparent

de la dernière réunion.

Ce qu'il y a d'insupportable avec la famille c'est qu'une fois pour toutes vous êtes

défini par un aspect de votre personnalité et qu'à jamais il servira à vous désigner.
Rigolo, coincé, séducteur, timide, radin ou effacé vous étiez à six ans, rigolo, coincé

séducteur, timide, radin ou effacé vous êtes forcément encore à 50 ans passés.


Enfant je faisais la vie dure aux bicyclettes que je transformais en tout-terrain avant

que le concept ne soit inventé et que de tels engins existent... Un cousin m'a

demandé, malgré mon statut de père et de quinqua si j'étais toujours "casseur de

vélo". (j'ai hésité à lui dire que lui, par contre, était resté une tête de con!).

 

Mais je critique. Je critique. j'aime bien ces réunions qui, si elles n'évitent pas ces

travers apportent aussi du plaisir de retrouver des personnes qui nous ont marqués,

des gens qu'on aime sans les voir tous les 4 matins et qui sont notre histoire.

 

On s'inscrit dans un groupe et on en garde des traits qui nous définissent. Avec la

famille de notre conjoint(e) on a la même sensation rassurante de faire partie d'un

ensemble cohérent et nécessaire.

 

Le tout est de venir sans à-priori à ces raouts familiaux et de faire bonne figure à tous,

raseurs inclus.

 

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 07:40

Je n'y avais pas pensé. Mais Marine, en voyant le livre que je lis m'a demandé

s'il me rafraîchissait.

Il s'agit du livre "Dans les forêts de Sibérie" écrit par Sylvain Tesson et publié

en poche par Folio.
Je ne sais pas s'il me rafraîchit mais il est passionnant comme tous les livres

qui parlent d'une personne isolée du monde (volontairement ou pas) et qui

livre à la plume et au papier ses sentiments, ses impressions, ses pensées

et son humanité.
Dimanche le contraste entre le passage que je lisais (comment Tesson crée

des appâts pour la pêche, creuse la glace et attrape péniblement deux ou trois

ombles) tandis que j'étais dans un jardin, au soleil de juillet et qu'il devait faire

plus de 34°C était singulier...

J'ai dit la passion que j'avais, enfant pour le Robinson Crusoé de Defoe, tout

l'intérêt que j'ai eu à lire "Sa majesté des mouches" de William Golding, celle

que j'ai ressentie à la lecture des naufragés du Batavia (en particulier par la

façon dont l'a racontée Simon Leys) et, en général, pour les histoires d'hommes

qui décident ou sont contraints de quitter la civilisation.

 

Là, bien sur, c'est un retrait volontaire et limité dans le temps. Tesson sait qu'il

la retrouvera même s'il ne l'aime guère et en décrit bien les fausses promesses

et les vraies aliénations.(mais aussi les bienfaits, car il y en a. Si!)

 

J'avais tout cela en tête en me rendant au rendez-vous de déjeuner avec Marine

ce midi. Si la "Scalopina Milanese" m'a montré le bon côté de notre civilisation

le téléphone portable que plus d'une personne sur trois consultait ou utilisait

m'a donné envie aussi de me faire ermite dans une cabane de 4m² par moins

35° avec des mésanges et des visons comme seuls voisins.

 

Sylvain Tesson a de l'affection pour les Russes et plus particulièrement pour les

"sauvages" qui vivent en Sibérie. Il les décrit comme des êtres (très) frustes mais

aimant le contact humain.
J'ai souligné ces deux phrases, bien dans le ton du bouquin, et qui m'ont plu:

 

"Ils ont des gueules à dépecer le Tchétchène et ils partagent délicatement leur

biscotte avec la mésange" et "Moins on parle et plus on vivra vieux dit Youri. Je

ne sais pas pourquoi mais je pense à Jean-François Copé. Lui dire qu'il est en

danger."

Ou comment être loin de tout et conserver à l'esprit notre insondable capacité à

nous gâcher la vie avec le néant...

Tesson-001.JPG

 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 07:42

Dimanche soir dans la nombreuse et impressionnante foule qui se pressait pour voir

le spectacle offert par la mairie de Toulouse (cette année est importante, on vote au

prochain printemps!) j'essayais de retrouver cette déprime qu'on nous dit être le trait

principal qui caractérise les Français en ce moment.
Alors, bien sur, lorsque les gens ont la possibilité gratuitement d'assister à un bon

concert et à un feu d'artifice sérieux, par une belle soirée d'été et dans une ville aussi

agréable il n'y a aucune raison objective qu'ils soient de mauvaise humeur ou qu'ils

ruminent leur pessimisme.

 

Il y a toutefois des signes qui indiquent que, probablement, notre pays traverse une

crise morale réelle et sérieuse.

Les quantités d'alcool (souvent des packs de bière au bout des bras d'un homme

sur 3 ou 4) que nous incurgitons en sont un des signes.
Le nombre de personnes que l'on croise n'ayant pas toute leur tête et dont le

comportement erratique nous interpelle est un autre indicateur de ce passage à vide.

La facilité avec laquelle le ton monte pour un regard déplacé, un pied comprimé ou

un appareil photo intempestif en est un autre.

L'exceptionnel sans-gène avec lequel nous nous infligeons les uns aux autres

l'écoute de notre intimité en téléphonant sans la moindre discrétion participe, à mon

avis, de cette difficulté d'être.


L'aspect physique d'une bonne partie de nos contemporains, gras à lard et fagotés

comme des épouvantails révèle un relâchement presque inquiétant.

Je disais ici-même que la décontraction compréhensible et nécessaire a laissé la

place à une indigence de présentation et une carence vestimentaire qui, là encore

c'est subjectif,  témoigne pour moi d'une sorte de fatalisme grincheux.

En d'autres termes décontractés oui, naturellement mais pas débraillés. Je penche

pour une corrélation entre notre état d'esprit et notre apparence.

La hargne avec laquelle on se renvoie les critiques selon qu'on est pour ou contre

l'actuel maire, l'actuelle majorté, l'actuel président est un autre signe éloquent du

mal être de notre pays. On se croirait revenus à l'époque de la guerre froide alors

que les enjeux sont (heureusement) infiniment moins brûlants.

Entre les partisans de Sarkozy et ceux de Hollande c'est la haine pour le "camp

d'en face".

J'y verrais presque des ferments de guerre civile tant les positions sont raides.

 

 

Dernier symbole de ce malaise que j'ai cru interpréter hier; la discrimination entre

les "happy fews" qui se garent avec autorisation là où personne ne peut le faire,

ceux qui arrivent après tout le monde mais à qui est réservée une place avec une

vue parfaite, ceux qui ne se mélangent pas à la foule piétinnante en vertu d'on ne

sait quel privilège que la prise de la Bastille, justement, allait abolir.

 

Il y a comme un parfum de "lutte des classes" qui sourd de ces rassemblements

et les pouvoirs devraient peut-être s'y intéresser autrement qu'en demandant des

sondages à des margoulins qui les fabriquent au doigt levé.

 

Les politiques sont trop surs d'eux qui pensent qu'avec le loto, le Tour de France,

l'abrutissement provoqué par la télévision et l'endormissement suscité par

des médias ineptes le peuple peut endurer toujours plus sans se rebeller.
Il me semble qu'ils ont tort et que la souffrance sociale réelle doublée de la

sensation "qu'on s'en fout" pourrait être redoutable, et pas seulement dans les

urnes.

 

Ce disant je sais que je remplace Madame Soleil et le con du journal de midi, 

que tout va pour le mieux dans ce beau pays du fromage et de l'accordéon (Dieu

que cet instrument est moche!) et que "nous vaincrons parce que nous sommes

les plus forts"...

On ne devrait s'intéresser à rien et ignorer où nous ont conduites nos précédentes

chutes de morale nationales....

 

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 06:54

Mais pourquoi donc sommes nous condamnés au noir et blanc, au ying et yang et au

bien ou au mal? ne pourrait-il exister des nuances?

Prenez le concert du 14 juillet hier soir. Le chef de l'orchestre national de Toulouse*

avait concocté un medley de musiques variées (Carmen et l'Arlésienne, le "Mambo"

de West Side Story, la musique de Nino Rota de "Huit et demi" de Fellini....) Bernard

Lavilliers a rendu hommage (alcoolisé) à Léo Ferré et à Louis Aragon ("Est-ce ainsi

que les hommes vivent?" Maurane a chanté du Nougaro tandis que Juliette

interprétait Carlos Gardel.
Ca c'est pour l'excellent jusqu'au bon.

Pour le moins bon, voire l'exécrable, un "chanteur à voix", Calogéro, a chanté des

insanités avec un air pénétré. Inutile de dire qu'à l'applaudimètre c'est lui qui a gagné!

Il a laissé sa place à un chanteur black , Passi, qui mériterait qu'on invente un mot

plus fort que consternant. Navrant? pas assez encore.

Voilà! une fois de plus c'est bien, c'est mal, c'est beau c'est laid....
A propos de laideur... les habits de vacances, les fringues décontractées sont de plus

en plus hideuses.
Les filles et les femmes s'en sortent mieux que les hommes. Eux osent porter des

sandales monstrueuses, des sortes de sandales à scratch qui font frémir de ce qu'elles

laissent apparaître.
Et les "bermudas"!!!!! ces choses informes d'où s'échappent deux jambons blancs

ridicules.

Ne parlons pas des tee-shirts tirebouchonnés sur lesquels des slogans débiles

s'affichent fièrement.
Ah, ils sont beaux les estivants!

Décontraction signifie t'il obligatoirement relâchement et offense(s) au bon goût?

On dirait que dès les beaux jours arrivés chacun se sent obligé d'exhiber ce qu'il y a de

plus vilain en lui! tatouages gerbeux, coupes de cheveux indignes, surpoids et le tout

dans des tenues que même un Jean-Paul Gautier n'aurait osé commercialiser.

le-jardin-des-finzi-contini-1970.jpg

 

Je ne dis pas que tout le monde devrait s'habiller comme les jeunes gens du film de

Vittorio de Sica "Le jardin des Finzi Contini" (photo) mais ce serait pas mal si on s'en

inspirait parfois!

 

* Tugan Sokhiev.

 

 

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 06:43

Cliquez sur une des photos du texte "le chemin" pour avoir accès au texte.

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