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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 07:00
Art Moderne, cette fois à Toulouse; Art Moderne, cette fois à Toulouse;
Art Moderne, cette fois à Toulouse;
Art Moderne, cette fois à Toulouse; Art Moderne, cette fois à Toulouse;

Toulouse, ville de moins d'un million d'habitants en comptant les communes plus ou moins limitrophes possède naturellement un Musée d'Art Moderne, en l'occurrence d'anciens abattoirs transformés en lieu d'accueil, d'échange et de culture idéalement situés le long de la Passe du Bazacle, à deux pas de la Garonne. Les bâtiments, s'ils sont beaux tant extérieurement qu'intérieurement, semblent cependant petits pour la cinquième ville de France.  Personne ne semble s'en plaindre et les expositions, même les plus courues, se visitent sans bousculade ni attentes prolongées. Le patio, devant les entrées, est décoré de peintures "naïves" de Fernand léger. Peintures? je crois que ce sont des céramiques. Il faudra aller vérifier.

Le Musée des Abattoirs ou les abattoirs, les deux noms lui sont donnés, est au milieu du jardin Raymond VI, un magnifique écrin de verdure en ville. Beaux arbres, pelouses accueillantes, jeux pour enfants, buvette d'été et restaurant d'hiver, tout est fait pour attirer le chaland.

Celui-ci vient en grand nombre voir des "installations", des expositions thématiques parfois surprenantes, des toiles de passage (en ce moment les 6 panneaux de "la dame à la licorne", la tapisserie du Moyen Age en rupture de ban dijonnais) le tout sur des thèmes variés.

Seule faute de goût, le morceau d'intestin rose (il y a son frère jumeau au Luma d'Arles) qui trône sur une pelouse. Cette horreur est l'objet de soins intensifs (entretien) au grand dam des toulousains qui le verraient bien disparaître. Les goûts et les couleurs....

Une des fiertés de la ville est le rideau de scène peint par Pablo Picasso pour "14 juillet", la pièce de Romain Rolland présentée en 1936.

"La dépouille du minotaure en Arlequin" ne mérite ni l'excès de critiques ni les éloges automatiques qui lui sont quotidiennement adressées.

Comme tous les musées d'art moderne ou contemporain celui des Abattoirs soumet à l'âme artistique des visiteurs des œuvres déconcertantes voire provocantes. L'éternelle question "qu'est-ce que l'art"? est de celles qu'une visite au musée d'art moderne n'aide pas à trouver une réponse satisfaisante.

J'ai parlé (post du 1er novembre 2021) du toboggan trônant sur deux étages à Arles. A Toulouse une pièce entièrement recouverte de miroirs, plongée dans une lumière faible contient des formes gonflables rouges sur lesquelles il y a des points blancs ronds de 10 cm de diamètre. Le visiteur peut donner une impulsion à l'une ou l'autre des structures gonflables. J'imagine que le concept repose sur le fait que "l’œuvre" se renouvelle constamment.  (Dots Obsession de Yayoi Kusama)

Mouais.

 

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 07:00

Bien sur je m'incline bas devant l'Homme du 18 juin, naturellement je ne retire rien à la statue ni ne me permets de critiquer négativement les grandes réalisations du Général de Gaulle mais...

Mais. J'en ai plus qu'assez de la "statue du commandeur" qu'on lui a érigée, de l'absence de recul et d'analyse de son action, surtout après la guerre de 1939-1945. Je conçois que devant un tel homme l'on se sente humble mais il faut raison garder et remettre les choses en perspective. L'indécent mais comique pèlerinage à Colombey-les-deux-Eglises des éclopés candidats à la présidence d'avril prochain témoigne que des bornes ont été franchies: celles de la connaissance, de la raison, du culot et de l'hypocrisie, à n'en point douter.

L'hommage rendu, avec "pompe et circonstances" par des formations qui l'ont combattu voire condamné à mort ou désigné aux fusils des assassins, celui de ses pseudos-continuateurs qui ont vidé le leg pour n'en garder que le nom, ses opposants acharnés et ceux qui viennent "parce qu'ils ont vu de la lumière" il y a de quoi se pincer et même s'énerver. Tartuffes et gogos viennent en Haute-Marne comme d'autres font la queue pour être le premier à posséder l'Iphone 26. pour faire "une bonne affaire"!

A l'aune du Général -et je ne parle pas de sa taille- tous ou presque sont des nains (Pardon!, des personnes de petite taille) et la détention d'un petit bout de la croix de Lorraine n'en fait pas ses héritiers. Loin de là.

Personnellement j'ose dire qu'à travers ce que j'ai lu de la période qui va du retour au pouvoir (1958) à la démission de la Présidence (1969) je ne vois pas une action aussi admirable que certains se complaisent à le penser, à le dire et à l'écrire. Pire l'autocrate Républicain, le régime aux allures autoritaires, les plébiscites, la main-mise sur l'information etc m'indisposent et ne recueillent en rien mon admiration qu'on dirait à jamais acquise si on écoute les médias.

Autre époque, j'en conviens, mais pourquoi en faire autant pour la laver de ses défauts? de ses tares? de ses errements et de ses injustices? En lessivant le "règne", en en réduisant les aspérités jusqu'à les effacer on trompe le citoyen. Les onze années du Gaullisme-incarné de 1958-1969 mériteraient plus de retenue dans l'admiration. Si mai 68 a existé peut-être le pays en avait-il assez de l'incarnation élyséenne, de ses méthodes, de ses hommes et de ce qu'ils représentaient.

Je connais les aspects positifs et me garderai d'en dresser la liste, les thuriféraires le font depuis cinquante ans.

Je me contenterai de dire que ce culte (à rebours) de la personnalité m'indispose et que ces références à un passé sublimé ne grandissent personne.

Le règne de Charles XI? très peu pour moi!

 

 

 

 

 

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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 07:00
Les échecs

Catherine m'a donné, en disant pourquoi elle l'avait appréciée, envie de regarder la série Netflix "Le jeu de la Dame" ("The Queen's gambit"). Il s'agit d'une adaptation du roman de Walter Tevis (1983) dont je n'avais jamais entendu parler auparavant.

C'est ce que le jargon télévisuel appelle une mini-série. Il y a, pour le moment, 7 épisodes d'un peu moins d'une heure à regarder. Sur que le succès appellera une suite..

La série est particulièrement réussie sur le plan formel: images magnifiques, reconstitution des années 60 parfaite, musique agréable (souvent Erik Satie) et comédien(ne)s irréprochables. La jeune héroïne particulièrement qui joint un physique original et un jeu élégant et discret.

Réussir à intéresser avec une orpheline adoptée, avec des représentants de la classe moyenne américaine, mais surtout avec le jeu d'échec était une gageure. Le pari est gagné. Jusqu'à son décès surprise, la mère adoptive de Beth est un personnage attendrissant et les rapports qu'elles ont ensemble plaisants. 

Comme beaucoup je n'ai pas réussi, personnellement, à jouer aux échecs qui m'ont toujours semblés compliqués et, oserais-je le dire, ennuyeux. La série, au contraire, les démystifie en en soulignant certes l'intelligence mais aussi le plaisir du jeu, les cérémoniaux exclusifs, la beauté des pions et de la tactique, les réflexions et les attitudes qu'ils suscitent chez les joueurs.

Je suis au milieu du gué et ne sais ni où ni comment le scénario nous mène mais suis envoûté par l'éclairage, la couleur, les intérieurs, la vie quotidienne américaine des sixties sont rendus. Plus qu'une restitution je parlerais même de re-création. L'actrice principale, on le sent, nous mène quelque part mais on ne sait, à ce stade, où. J'aurais garde d'oublier les voitures rutilantes, les fringues vintage et, évidemment, les musiques des 6O's (Ah, "Venus" par les Shocking Blues!)

Je me demande s'il est possible de "jouer dans sa tête" comme le fait Beth Harmon (Anya Taylor-Joy), la "vedette" de la série. Je m'interroge aussi sur la possibilité, pour une "autodidacte des échecs" de 13 ans de battre des joueurs chevronnés dans des tournois pour lesquels ils se sont largement entraînés.

Comme ça, en spectateur, les parties semblent étonnamment rapides, se terminent en "échec et mat" très (trop?) souvent et paraissent ne demander ni concentration, ni audaces... On est comme fascinés par le chronomètre spécifique du jeu qui fonctionne à une vitesse sidérante. Loin, en tous cas de la légende de ce jeu d'esprit et des quelques championnats mondiaux de l'époque de la suprématie soviétique qu'on voyait comme des abstractions d'un monde inconnu. Pour "pimenter" la série l'héroïne est accro à l'alcool et aux amphétamines, elle n'est pas d'un tempérament sensuel (ses partenaires non plus qui parlent de stratégie de jeu en pleine action sexuelle!) et a du mal à nouer des contacts humains hors sa passion.

Telle qu'elle je vous recommande ce "jeu de la Dame" qui vous fera oublier, quelques instants, Zemmour, la Cop 26, la COVID 19 et Kylian Mbappé.

 

 

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 07:00

Comment peut-on à ce point mépriser le citoyen et l'électeur? flatter ce qu'il y a de laid en lui (son égoïsme), faire appel à ses bas-instincts (le racisme) ? la pré-campagne présidentielle qui voit les Républicains se choisir un champion est gratinée. Les thématiques choisies par les candidats à la candidature sont toutes négatives. Elles rejettent et stigmatisent. On reste plus que jamais dans ce libéralisme sacrificateur qui voit le marché omniprésent et révéré décider de tout. S'y ajoutent cette vieille lune de l'insécurité et le fantasme de l'immigration qui menace de submerger l'hexagone.

L'immigré, ce pelé, ce galeux, est responsable de tout ce qui, à leurs yeux, ne va pas dans notre pays. Qu'a t'il fait pour mériter ces anathèmes? pourquoi suscite t'il ce dégoût à peine masqué? Quitte t'on son pays, sa famille, sa langue, ses coutumes, en un mot ses racines pour une hypothétique amélioration de son quotidien le cœur léger? Affronte t'on le danger, la mort, le rejet, les camps de transit, le viol, par plaisir?

En réalité, et chacun le sent, la droite et la droite extrême (mais d'autres Français du bord opposé pensent de même et se gardent bien de le dire) les Républicains, le Rassemblement National, Zemmour et beaucoup d'autres rejettent purement et simplement les ressortissants du Maghreb, c'est à dire, ceux dont les origines sont algériennes, marocaines et tunisiennes. Qu'ils aient une carte d'identité bleu-blanc-rouge ou soient de nationalité Française importe peu. Ils détestent les Nord-Africains et les rendent responsables de tout ce qui ne va pas dans le pays. Un préfet Papon sommeille en eux.

Quand nos démagogues hypocrites parlent de "flux migratoires" ils cachent leur pensée: leur unique obsession est le garçon ou la fille, l'homme ou la femme, l'enfant qui présente des traits Nord-Africains.

Ils voudraient les chasser, les renvoyer outre-Méditerranée et savent que c'est chimérique. Plus ils prennent conscience de leur impuissance plus ils haïssent ceux qu'ils en tiennent pour responsables.

Les "jeunes", les "beurs", les "enfants des quartiers", les "rebeus" etc. (le vocabulaire pour éviter d'être trop précis est sans limites) réagissent, pour une minorité importante d'entre eux, de manière provocante et agressive. Quand on ne se respecte pas, quand on n'a pas d'estime pour l'autre, quand on le rejette la cohabitation ne peut être que conflictuelle. On s'observe en chien de faïence tout en singeant celui que les ennemis voient en vous. Dealers, intégristes, "barbus"... les avatars sont nombreux et effarouchent le "Français de souche". De l'autre bord on voit des Dupont-Lajoie partout.

Je reviens sur les candidats à la candidature, à leurs petits pupitres en plexi et aux discours au ras du bitume qu'ils ont débité lors du "débat" qui les opposait lundi. C'est pitié de voir Barnier s'abaisser ainsi. C'est navrant de constater que Bertrand et Pécresse ne dédaignent pas voler les bassesses de Ciotti.

A se mettre ainsi au niveau de Marine Le Pen ou d'Eric Zemmour on risque de les voir vous supplanter électoralement. Si ce n'était pas si grave je le souhaiterais presque!

 

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 07:00

J'ai beau faire, impossible de m'adapter à ces journées froides et grises, à la nuit qui tombe dès 17H00, aux gaufres Belges qui ont remplacé les sorbets et à ce qui signifie pleinement l'entrée dans les frimas hivernaux: le retour de Sylvie Vartan, Halloween, la buée sur les fenêtres de la voiture et le retour des soupes aux menus.

Pour me consoler j'ai visionné à nouveau la version d'Emmanuel Mouret d'un passage fameux du "Jacques le fataliste et son maître", 1796,  (connu sous le titre "Histoire de Madame de la Pommeraye") un film à qui, cette fois, j'ai trouvé beaucoup de qualités. C'est -je le dis pour vous éviter de le penser- une histoire du XVIII éme siècle terriblement datée. Il y est question de femme qui se venge de n'être plus aimée par un homme (j'ai vu votre bâillement),  cette vengeance s'exerce par deux femmes interposées et la perte de son honneur et de sa dignité pour le protagoniste masculin.

Vous comprendrez mieux de quoi il s'agit si j'explique que Madame de la Pommeraye se croit encore aimée par le Marquis des Arcis. Ayant un doute elle feint d'avoir cessé d'aimer et obtient des aveux du Marquis qui lui confesse ne plus l'aimer également. Elle décide de se venger et met sur le chemin du séducteur deux femmes déchues, la mère et la fille, qu'elle fait passer pour des dévotes recluses. Évidemment le libertin s'amourache de la jeune femme et plus elle se refuse plus sa passion grandit. Voyant qu'aucun de ses stratagèmes n'aboutit il finit par offrir le mariage et le jour même apprend la machination et l'indignité scandaleuse de sa situation.

La fin est morale qui veut que Madame de la Pommeraye soit comme bannie de la bonne société tandis que l'épouse scandaleuse se rachète et obtient le pardon et même l'amour du Marquis des Arcis.

Si Diderot, Robert Besson (qui a porté cette histoire à l'écran en 1945 sous le titre "les dames du Bois de Boulogne" dialoguée par Jean Cocteau et interprétée par une Maria Casarès impériale) et Emmanuel Mouret se sont intéressés à cette histoire c'est parce que ses ressorts psychologiques sont éternels et que le thème de la chute et de la rédemption est vieux comme l'humanité.

De plus l'époque, les dialogues, les décors, la musique et les costumes permettent une mise à distance des personnages, de leurs ressorts intellectuels, moraux et sociaux pour mieux les étudier et les comprendre. J'émettrais quelques réserves à propos des deux acteurs principaux de la dernière adaptation: Cécile de France, que j'aime beaucoup par ailleurs, a -me semble t'il- un visage et un phrasé trop contemporains pour une femme noble du dix-huitième siècle. Edouard Baer, lui, ne me semble pas entré complètement dans le personnage. Il est trop "joyeux" de nature pour que l'on croit à son amour destructeur.

Quand un film (on ne peut pas, ici, parler de remake) raconte la même histoire qu'un autre découvert avant lui il est difficile de s'affranchir de la première version et de lui trouver les mêmes vertus, surtout si on a aimé "l'original". En ce sens le film de Mouret (2018) souffre, pour moi, de la comparaison avec celui de Robert Besson et Cécile de France de celle avec sa devancière.

On avait fait se dérouler l'action des "Dames" au vingtième siècle: cette audace est la seule erreur du film de 1945. En replaçant celle-ci à la fin du dix-huitième Emmanuel Mouret lui a redonné sa légitimité et, je le reconnais, sa cohérence.

Ni Paul Bernard ni Edouard Baer n'ont réussi à incarner le Marquis des Arcis, personnage sans envergure, antipathique et frisant le ridicule. J'avoue que je ne vois pas quel comédien aurait pu se fondre en cet anti-héros.

 

PS: j'étais certain d'avoir parlé ici même de cette histoire et de ces deux films. Je n'en ai pas retrouvé la trace. Excusez-moi s'il y a redite.

 

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 07:00

Le mélange des genres, le laisser aller et la course à l'audience, sans oublier le n'importe quoi érigé en modèle ont conduit notre pays à voir un trublion condamné à plusieurs reprises par la justice pour des propos racistes à faire acte de candidature -ou à s'estimer capable de le faire- à la Présidentielle.

Tout le monde s'accorde ou semble s'accorder à trouver "normal" qu'un journaliste-chroniqueur-polémiste aux idées d'extrême droite puisse monopoliser radios et télévisions et bénéficier, à titre gratuit, d'une caisse de résonance phénoménale avant même d'avoir pu prouver sa capacité à être candidat. 

Eric Zemmour n'a pas, à l'heure où j'écris ce post, les 500 signatures lui permettant d'être officiellement candidat. Il n'a pas d'équipe constituée autour de lui pour préparer son éventuelle candidature hormis des amateurs séduits par les ignominies verbales de leur "héros". Il n'a ni programme ni stratégie électorale et sa seule ambition est probablement de souiller un peu plus la politique. 

Il bénéficie du soutien aveugle d'un capitaine d'industrie qui se retrouve dans les positions extrêmes de son salarié et de l'appui imbécile de milliers de journalistes idiots utiles qui font le boulot pour lui. 

Grâce à un emballement médiatique obscène et suicidaire Eric Zemmour, en vendant un livre se retrouve à égalité dans les sondages avec la représentante de la franchise Le Pen qui, semble t'il, n'a pas vu venir le coup. Il dépasserait, si on croit ces  outils d'analyse de l'opinion faussés, les candidats déclarés du Parti Socialiste et des Républicains, qui ont l'expérience gouvernementale et la logistique nécessaire en hommes et en idées.

Ce n'est pas que révoltant: c'est aussi grotesque. La honte m'envahit quand je vois et entend des personnes qui devraient protéger la démocratie prostituer leur talent pour faire la courte-échelle à un olibrius décider à jeter bas la dignité, la crédibilité, l'édifice politique et la démocratie dans notre pays. 

Le mal est fait. On écartera, j'en suis persuadé, ce candidat vaudevillesque et ses idées nauséabondes, la droite extrême sera écartée également mais il faudra demander des comptes à celles et ceux qui se sont compromis dans cette fange. 

La dignité du pays l'exige. 

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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 05:45

Les tueurs du Bataclan et des terrasses de bars parisiens, en massacrant leurs victimes, en ont rendu responsable le Président de la République d'alors, François Hollande. Ils l'auraient, nous dit-on, cité à 4 reprises en incriminant sa personne et sa politique vis-à-vis de la Syrie. Cette assertion aurait été enregistrée et diffusée au procès, noyée au milieu des balles tirées sur la foule. 

De ce fait il a été prié de venir s'expliquer, en témoin, à la barre du tribunal qui juge une vingtaine d’acolytes responsables secondaires (sauf un) de la tuerie parisienne.

Que le président puisse être entendu dans un tribunal après son mandat n'a rien de choquant même si, me semble t'il, les juges abusent un peu de la formule. Premiers ministres, responsables politiques et autres ne doivent pas être plus justiciables que les patrons, les célébrités ou les détenteurs de fortune, non plus que le citoyen ordinaire.

Dans le cas de ce procès du Bataclan il m'apparaît AHURISSANT mais aussi choquant, ridicule, consternant et scandaleux que l'ex-chef de l’État doivent s'expliquer, devant des assassins de droit commun, des brutes sans foi ni loi qui ont massacré des civils sans défense et innocents sur la politique du pays. 

Quand le président Sarkozy refuse d'être présent à un procès qui le concerne personnellement il a des partisans et des journalistes pour l'approuver. Quand François Hollande est auditionné pour "justifier" la politique extérieure de la France personne ne dit qu'il aurait dû faire comme son prédécesseur: refuser de venir et s'interdire une auto-justification.

Je vois là, sans connaître le Droit, une faute grave. Un précédent dramatique.

 

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 07:00

J'ai lu quelques pages du livre de Thierry Ardisson "Baby Boomer" que j'ai trouvées assez consternantes. A plus d'un titre. Le narcissisme de l'auteur n'est pas une surprise mais il dépasse de loin ce que j'avais pu rencontrer jusqu'ici. Certes il s'agit d'une autobiographie mais quel égocentrisme! Pour donner le change il donne, rarement, des arguments contre lui. Ceux-ci concernent surtout son physique, c'est dire si ce sont des alibis.... Quand on n'a que ses "grosses fesses" à déplorer sur presque 400 pages c'est qu'on a rien à se reprocher. Et que l'on s'aime et auto-admire plus que de raison (CQFD).

Ardisson est très fier de lui et s'admire beaucoup. Il est ébahi de sa vie, de ses succès, de son aura et de sa célébrité. L'argent, la dope, les femmes, le sexe et la fréquentation des personnages de la télévision constituent ses passions exclusives. Il feint de s'intéresser aux arts, au cinéma, à la littérature (ce qui nous donne d'autres pages d'auto célébration) mais chaque page témoigne du fait que la seule passion d'Ardisson c'est Ardisson. Il célèbre avec faste et pompe le culte de lui-même, homme de plume, créatif dans la publicité (un monde creux fait pour lui), animateur de télévision (le summum du vide), producteur etc.

L'homme aime choquer et il le fait en conscience. Il est ébahi de ses propres audaces et en relate quelques unes qui témoignent non de la richesse de sa vie mais au contraire de son vide sidérant. Il est encore (au moment où il écrit "Baby-Boomer") à s'extasier de fréquenter des people, de tutoyer untel ou d'embrasser une-telle. Il termine d'ailleurs le livre par son exaltation pendant une rencontre du désormais proscrit Harvey Weinstein producteur pervers aujourd'hui déchu.

Sa description du monde télévisuel est, sans qu'il s'en rende compte, absolument pathétique. Des personnes dont la médiocrité est inversement proportionnelle à la notoriété. ou à la fortune. Un microcosme d'égos boursoufflés et de sous-culture. Des personnes qu'on ne voudrait voir sous aucun prétexte tant ils sont vains. Après certains sportifs de "haut niveau" les gens de la télévision remportent aisément la palme de la nullité prétentieuse.

Ardisson se tire par une pirouette de l'affaire de plagiat de son livre "Pondichéry" et rase le lecteur avec son goût pour la monarchie. Le seul passage drôle et vivant du livre est la préparation, le réalisation, le succès puis les disputes internes de l'émission de femmes "frou-frou": quelle dérision!

Je suis sans doute un cas en n'admirant pas ce septuagénaire imbu de lui-même et répétant toujours les mêmes choses. J'avoue que, un temps, j'ai aimé certaines de ses émissions et rit de ses questions abruptes et du ton de certaines de ses émissions du samedi soir. En entrant dans les coulisses par ce récit on s'aperçoit que tout était calibré, réfléchi,  planifié... La présence de faire-valoir aux saillies longuement préparées, les questions choquantes aux réponses ciselées; toute la scénographie décrite dans le livre démontre que la spontanéité était feinte, l'humour calibré et le spectateur pris pour un c...

Je n'avais pas tort de cantonner Ardisson à sa question à Michel Rocard: "est-ce que sucer c'est tromper". Il se limite quasiment à ça. Pourtant, dans la galaxie des animateurs télé c'est "un des moins pires"!

 

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 07:00
Jacques Perrin, un comédien aux facettes brillantes

Il fait partie de ces comédiens Français qu'on admire parce qu'ils ont une carrière exemplaire, qu'on les voit rarement dans des festivals bidons ou à la télévision qui racole; que leur filmographie est digne et qu'ils ne se sont pas limités à endosser des rôles devant la caméra.

Comédien reconnu, réalisateur et producteur respecté Jacques Perrin est de ceux-là. Doté d'un physique de "jeune premier" il a longtemps été une sorte de prince charmant car il faisait trop jeune pour certains rôles. Dans trois de ses films ("La 317ème section", "le Crabe-Tambour" et "L'Honneur d'un Capitaine") le metteur en scène Pierre Schoendoerffer n'hésita pas à lui confier des premiers rôles dans lesquels il excella.

Il fut aussi dans "Z" et "Section Spéciale" de Costa-Gavras, dans "les demoiselles de Rochefort" et "Peau d'âne" de Jacques Demy (ça, j'aime beaucoup moins!) dans le beau film de Valerio Zurlini "la fille à la valise" dans lequel il formait, avec la sublime Claudia Cardinale, un des plus beaux couples de l'histoire du cinéma et il possède une filmographie nombreuse, diverse, variée et brillante mais sans éclats.

Il fut ensuite le producteur avisé et exigeant de documentaires prestigieux tels "le peuple singe", "Microcosmos" (un enchantement), "le peuple migrateur" et "Tabarly". Des films ambitieux sur des sujets qui ne le sont pas moins.

Connu sans être célèbre Jacques Perrin est un homme intéressant et modeste qui préfère la reconnaissance à la célébrité: dans ce métier de "m'as-tu-vu" c'est suffisamment rare pour être souligné.

Un de ses partenaires au parcours semblablement exigeant, Jean-Louis Trintignant en dit du bien avec réserve et gentillesse dans le documentaire réalisé par Emmanuel Barnault diffusé en ce moment par la chaîne Histoire. On sent qu'il s'agit d'une admiration réelle, pas de cinéma.

 

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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 07:00

Comme en Écosse la cornemuse, la référence systématique à Napoléon 1er et à sa famille élargie en Corse est d'abord séduisante (fidélité) puis vite ennuyeuse (exagération).

Il n'est pas nécessaire d'être féru en Histoire pour admettre que le règne du 1er Empereur ne mérite guère de satisfecit. Régime autoritaire, guerres incessantes, défaite majeure (Waterloo), invasion des ennemis coalisés contre le pays, perte importante de territoire, la simple description de ces  grands traits suffirait à le condamner. L'homme, à la tête de ce régime mérite largement un jugement plus modéré. Génie pour les uns, monstre pour les autres Napoléon 1er est unique dans l'histoire humaine. Doté d'une intelligence phénoménale, force insatiable, organisateur émérite et stratège génial, capable de rétablissements incroyables l'homme étonnera encore des générations*.

Mais enfin... si on juge un système humain à ses résultats, positifs et négatifs, l'Empire et Napoléon sont des échecs qui ont coûté cher à la France. Une culture du coup d'état (18 Brumaire, plus tard le coup d'état du 2 décembre 1851), d'innombrables vies humaines hachées sur les champs de bataille, un régime autoritaire surveillé par une police arbitraire, l'Europe malmenée puis finalement obligée, presque à l'unanimité, d"écraser "l'ogre", la folle et ruineuse équipée des "Cent-Jours" et une division accrue des Français se perdant dans des antagonismes désespérants.

Sa défense légitime implique de rappeler qu'il succédait à la Révolution, à la Grande Terreur, aux victoires militaires de la République, à Robespierre et qu'il s'imposa à un pays exsangue.

Restent une image (souvent dessinée par l'empereur dans ses mémoires), une épopée, des récits et une trace indélébile qui offrent au pays quelques raisons de glorifier son passé et de surévaluer sa place dans le monde.

Pas de ces subtilités en Corse en général et à Ajaccio en particulier. Le "grand homme" est partout, célébré comme si son règne avait été long et fécond, ses réussites exemplaires et son régime stabilisé. Malgré le cynisme de notre époque Bonaparte est souvent une caricature bonhomme sur son île natale. Portraits retouchés, dessins naïfs, interprétations grandiloquentes, détournements... tout le monde se l'accapare et sa figure est visible partout. Tant de fois quotidiennement qu'on n'y fait plus attention .

Sauf quand, à Bastia, Cours St Nicolas, il est représenté en monumental empereur romain, à l'antique, au corps sculptural et à la figure bien faite, en toge avec un aigle à ses pieds. (Il m'a fait penser à Marlon Brando!).. là on se dit que l'admiration perd le sens de la mesure.

Chaque ville, chaque village a ses références au grand homme. Son "rival" Corse, Pascal Paoli ayant le reste et un ferry.

 

* Parmi ses nombreux défauts humains on rappellera son caractère emporté, sa grossièreté, son impatience, son mépris de la vie humaine, sa vanité et le sentiment de sa toute-puissance l'aveuglant au fur et à mesure de l'avancement de sa vie avant son exil rédempteur.

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