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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:16

Comme tout le monde j'ai vu Gérard Longuet, ex-ministre de la Défense faire un

bras d'honneur à ceux qui lui réclamaient la "repentance" de la France pour les

atrocités qu'elle a commise en Algérie entre 1954 et 1962.

Ayant eu la grande chance de naître pendant ce qu'on baptisait pudiquement "les

évènements d'Algérie" et donc de n'en être ni coupable ni comptable,  j'ai un

regard dépassionné sur cette effroyable période.
Evidemment, avec le recul et en connaissant l'issue de cette guerre, j'ai adopté

la position facile de "L'indépendance était inéluctable, on ne peut pas gagner

contre un peuple qui veut son indépendance, les moyens utilisés par l'armée

Française -et la torture en particulier- sont inacceptables".
L'avantage de cette position est qu'elle vous dédouane et qu'elle vous donne

bonne conscience a posteriori.
Les choses ne furent pas si simples et les ignominies furent partagées par les

deux camps.

L'histoire de l'Algérie, la seconde guerre mondiale qui venait de s'achever, les

conditions de vie des Algériens, le sens de l'histoire, la guerre froide, la politique

de la IVème République, le jusque boutisme du FLN  et tant d'autres facteurs

ont permis cette explosion de violence qui nous a entraîné à nous conduire de

manière ignoble et honteuse.

Le fait que les adversaires aient été au moins aussi cruels n'excuse en rien

l'attitude de la France lors de ces sombres années.

Une de mes amies a acheté en Lot et Garonne la maison d'un ancien "pied-noir"

qui s'y était installé après avoir quitté Alger.
J'ai trouvé, dans les documents qu'il avait laissés, des photos de bébés européens

égorgés, de femmes assassinées et d'hommes émasculés qui m'ont

impressionnées. Je revois encore ces photos de massacres qui me rappelaient

ceux que les nazis ont perpétués un peu partout dans l'Est à partir de 1941.

J'ai vu aussi, dans des livres d'histoire, les méfaits de l'armée Française sur les

civils et comment "les corvées de bois" et autres "nettoyages" faisaient disparaître

les algériens qui avaient le malheur de tomber entre ses griffes.

Il y a 50 ans que ces abominations sont terminées et je puis concevoir que si,

vaincus et humiliés, nous souhaitons oublier tout cela, les Algériens, eux, ne le

veulent ni ne le peuvent.
La réaction de Longuet est une offense gratuite que je pourrais peut-être

comprendre si elle venait d'une autre personnalité, moins marquée par ses

postions droitières sinon ultra-droitières.

Partisans de l'Algérie-Française lui et les siens défaillent maintenant devant

une femme en niqab ou des musulmans en prières dans une rue, cherchez

la logique!.

Qu'un homme comme ça ait pu être ministre est humiliant pour ceux qui ont

le sens de l'Etat et du respect pour les Institutions.

Sans doute les Algériens ont-ils de bonnes raisons d'espérer nos regrets, voire

nos excuses mais il est sans doute trop tôt pour le réclamer.

Nos voisins algériens nous ont toujours été présentés -via les médias nationaux-

comme un pays sous-développé dirigé par une semi-dictature du FLN soutenue

par l'armée.

Ses présidents fantoches désignés par l'armée et la longévité de Bouteflika

(qui a été ministre quand Pompidou n'était pas encore Président mais 1er ministre!)

n'ont rien fait pour que l'opinion se rapproche de l'Algérie.

Une sorte de condescendance hautaine gangrène nos rapports avec ce pays avec

lequel nous sommes et serons toujours amenés à traiter.
Gérard Longuet et les gens comme lui freinent ces indispensables retrouvailles.
Celles-ci ne seront possibles que lorsque la France aura reconnu ses erreurs.
Il ne s'agit pas de repentance mais de justice.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 07:26

Cela ressemble à deux voies parallèles qui ne se rencontrent jamais. D'un

côté le corps et l'esprit qui déclient lentement mais inexorablement et de

l'autre une sensation de plénitude dans l'acceptation de soi qui se renforce

de jour en jour.

Physiquement le corps s'affaisse, se remplit, se transforme et ceci se fait

d'abord insensiblement avant, petit à petit, de nous obliger à en prendre

conscience.
Ce que l'on faisait sans même s'en rendre compte coupe soudain le souffle

ou fait naître un semblant de douleur inconnue.

On peut être surpris de souffrir d'endroits du corps qui étaient uniquement

fonctionnels jusqu'ici (les genoux par exemple. Avoir mal au genoux est une

surprise, le fameux "canal carpien" aussi)
On oublie certaines choses, on réagit un soupçon moins vite et on fuit les

raisonnements trop complexes.

Les cheveux (pour les hommes) prennent la tangente tandis que les femmes

voient leur silhouette caractéristique s'empater.
Le ventre des hommes s'arrondit (malgré des efforts surhumains pour

l'empêcher) tandis que rides et tâches s'incrustent sur une peau devenue

moins souple et élastique.

Le temps est impitoyable qui nous dégrade aussi bien de l'intérieur que de

l'apparence afin de nous conduire sûrement à la fin de tout.
Certaines fois c'est fascinant d'observer sur soi le passage des années, des

étés et des hivers. On est les mêmes et pourtant d'autres.
Existe t'il encore des cellules de soi qui aient notre âge ou ont-elles toutes

été remplacées? quelles différences entre les nouvelles cellules et leur

prédécesseures?

Si les facultés intellectuelles restent celles qui nous fondaient on les voit se

gripper parfois et la vivacité se retirer comme une vague molle.

Le seul avantage de ce processus de destruction, d'autant plus violent qu'il

est presqu'invisible au quotidien, est que l'on se sent mieux en soi, que l'on

s'accepte mieux et que  l'on fait enfin mentir Cocteau pour qui "être seul c'est

être en mauvaise compagnie".

On se connaît bien, on a accepté que notre personnalité soit faite à parité

d'éléments inchangeables et d'autres sur lesquels on pouvait agir.
Plus apaisé, plus patient, d'un jugement moins féroce sur ses propres

contradictions mais aussi sur ses actes et pensées nous sommes enfin

réconciliés avec notre "moi".

Nous avons enfin accepté d'être le résultat d'un immense échange de gènes

provenant d'hommes et de femmes différents (parents, grands parents,

arrière-grand parents et on peu remonter jusqu'à X générations).

Forcément sur ces gènes-là et notre fameux cerveau reptilien on ne peut

guère agir.


Si le physique nous tourmente le psychisme est source de réconfort.

J'ai entamé le processus mais n'en suis qu'à ses prémices. Et je n'ai pas à

me plaindre puisque je suis en grande forme et plutôt pas trop délabré.
... pas encore.


Le défi le plus considérable que nous ayons à relever est celui de vieillir.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 19:56

Sur Facebook j'ai été averti que Françoise Hardy (pour qui j'ai un faible qui dure)

chanterait son nouveau titre "Pourquoi vous" chez Drucker ce dimanche.


Pour moi Drucker le dimanche c'est 7H00 et c'est à éviter comme le fâcheux qui

veut vous taper 500€ ou le boudin qui vous assure qu'elle vous a toujours aimé.

 

Mais bon. françoise Hardy, la chanteuse bobo qui donnerait le cafard à l'optimiste

le plus chevronné ça ne se discute pas.
Naturellement je ne l'ai pas vue, elle a dû être programmée entre deux pubs ou

deux imitations pitoyables de Laurent Gerra "et son grand orchestre".
Car Drucker a remplacé Sheila et Cloclo par Laurent Gerra et Gad Elmaleh. Le

vieux cheval de retour de la télé de papa, lancé en 1965 par Raymond Marcillac

et qui a léché tellement de fausses-valeurs dans sa vie qu'il a fini par devenir

comme Garou-Garou, le passe-muraille de Marcel Aymé: transparent, invisible.
Drucker donc, ricanait bêtement aux vannes éculées de Laurent Gerra imitant

Johnny et Céline Dion (que le même Drucker flagorne à longueur de vie).
Irrésistiblement insupportable.
Puis vint l'ami de l'ex-Président, le redoutable Bigard. Cet homme là est un

concentré de ce que j'éxècre chez certains hommes: la vulgarité, la grossièreté,

une virilité faite de petitesse et de force animale (genre Depardieu: gros bide et

cerveau réduit) et surtout une complaisance dans le graveleux qui découragerait

une caserne d'adjudants. C'est pipi-caca et le vieux Drucker rit de ses dents

refaites tandis que la salle est heureuse. On lui sert ce qu'elle est venue chercher

du mépris et de la bassesse. Bigard raconte une sordide histoire de WC

(authentique) et je me dis, les yeux écarquillés: "Non, françoise Hardy ne peut

pas venir chanter une de ses chansons tristes et profondes après ça!".
Eh non! après ça cette pauvre Chantal Ladesou (jadis mieux inspirée) vient faire

un sketche des années 70 qui nous fait de la peine pour elle.

Suivent un couple de vedettes au rabais et la beurette de service et hop! c'est fini.
Dire que cette émission est regardée et aimée me donne envie de pousser un

hurlement de bête traquée.
Drucker, le faux gentil mais vrai affairiste (suivez donc ses aventures de permis

de construire dans des sites protégés des Alpilles) remplit son contrat: abêtir

un peu plus ces pauvres Français qui ne savent pas que la télévision est leur

chaîne et qu'elle les transforme en boulets.

 



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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 07:23

Comme "Ce que pensent les femmes" le film "Dans la peau d'une blonde" part d'une

excellente idée cinématographique.
Blake Edwards, qui a réalisé cette comédie n'en était pas à son coup d'essai.

Au début, même s'il y a des invraisemblances et des facilités de scénario (sans

oublier une certaine vulgarité) le rythme est soutenu et le film amusant.
C'est déjà un vieux film (1991) et ce qu'on peut lui reprocher est maintenant devenu

la norme.
Des acteurs qui en font trop, des personnages caricaturaux et un scénario qui, à mi-

course part on ne sait où vers la morale et une pseudo émotion.
Cette obsession du happy end ou de la fin du film qui respecte l'Américain moyen

est proprement insupportable.
Je ne vais pas voir un film qui soit mi-comédie, mi-drame psychologiue mi-film

d'espionnage mi-péplum alors pourquoi les cinéastes s'obstinent-ils à mélanger

les genres (!) et à vouloir faire pleurer celui qui vient pour rire?

Donc, rapidement résumé, un macho grossier et parvenu (en fait l'Américain friqué

type) se fait revolveriser par 3 anciennes amies liguées contre lui.
Dieu ou ce qui en fait office lui donne l'opportunité de revenir sur terre pour trouver

une femme qui aurait pu l'aimer.

Pour donner raison au Diable qui pense qu'il pourrait tricher en séduisant une oie

blanche il revient en femme.
Une femme caricaturale à souhait qui jure comme un charretier, ne sait pas tenir

sur des talons aiguilles et fait des reflexions salaces sur ses consoeurs.
Ha ha ha qu'on se marre! Et dire que Blake Edwards c'est aussi "La Party" dont je

vous ai déjà parlé!

Voilà une comédie US comme il en existe 100 000 et comme les Etats Unis en

produisent par wagons.

Les scènes en entreprise sont glaçantes (c'est le règne du fric tout puissant et de

l'arbitraire), celles au restaurant sont gènantes (savent-ils ce qu'est un bon repas?)

et, naturellement, l'American way of life nous gratifie de la partie de basket-ball et

la soûlerie au bar.

En fin de film la très peu classe réincarnée meurt en enfantant et devient une

sorte de sainte. La morale est sauve et la critique doit verser une larme.

J'avoue que les comédies Françaises -faire valoir des humoristes- me consternent

mais je constate que ce ne sont pas celles d'outre Atlantique qui vont me faire

(sou)rire.

Et pourtant à la base comme on dit quel sujet formidable! comme dans l'autre film

cité qui démarre vraiment bien et se dégonfle au fur et à mesure du traitement.

Il y aurait pourtant des choses à dire sur les différences Homme/Femme, même et

surtout en comédie. Dommage de se cantonner aux clichés éculés et égrillards!

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 07:21

Je suis parfois de bon conseil pour les autres et je deviens exécrable dès lors qu'il

s'agit de moi.
Capable de tergiverser pendant des temps très longs et, finalement, de prendre la

décision la plus néfaste lorsqu'il s'agit de moi j'ai -quelquefois!- donné des conseils

avisés à mes proches qui se sont félicités de les avoir suivis.


Pourquoi, lorsque nous sommes nous-mêmes en jeu ne voyons nous qu'une

partie des problèmes et des solutions?

 

Sans doute est-ce là l'effet du syndrome "juge et partie" à moins qu'un manque de

confiance en soi ne soit le responsable principal.

Il m'arrive donc de donner des avis et, pire des conseils. Ils font partie de la

conversation et je leur accorde un intérêt distrait. Sans mesurer l'importance des

enjeux qui, de temps à autres peuvent être non négligeables.

C'est lorsque je les ai oubliés et que j'apprends qu'ils ont été suivis et qu'ils ont

été couronnés de succès que je prends conscience de ma responsabilité.

Ce n'est pas moi qui ai pris la décision mais j'estime avoir une part dans celle-ci.

Je suis toujours très heureux lorsque je me rends compte que j'ai été de bon conseil

 et un peu surpris qu'ils aient été suivis.
Mieux, j'apprécie qu'on me consulte et constate qu'on le fait de plus en plus et

pour des décisions qui ne sont pas insignifiantes.

Le bon sens populaire qui dit qu'on va en s'assagissant est une réalité, pour moi

comme pour les autres: je sollicite et, mieux encore, j'écoute les conseils qu'on me

donne avant de prendre une décision.
Là ou je m'agaçais de ceux ci je serais presque vexé de ne pas recueillir les conseils

des amis, de la famille et des relations.

Pas plus que ceux qui m'ont écouté je n'ai eu -jusqu'ici- à regretter d'avoir écouté les

autres.
La maturité a du bon qui vous rend moins spontané et plus réfléchi.
Enfin... chez moi.

Un point me semble utile à préciser. Bannir les conseils commençant par; "A ta place",

"j'ai pas de conseil à te donner mais", "Ton père aurait fait (ou dit)" et, le pire: "tu n'as

pas d'autre solution que"... qui donnent envie de faire le contraire. 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:15

Comme l'immense majorité des Français j'ai un faible avoué pour Barack Obama

et je souhaite sa réelection.

Notez que le président Obama n'a pas trop besoin de tels soutiens. Un pays qui

a eu Mitterrand,Chirac et Sarkozy comme présidents n'est peut-être pas le mieux

placé, question crédibilité électorale.
Comme pour les autres Français ce choix est dicté par des considérations

subjectives qui faussent les perspectives de l'élection présidentielle américaine.

Tout d'abord j'exécrais son prédécesseur républicain que je considère, avec

Richard M.Nixon comme les pires présidents que les USA aient eus.

 

Donc, pour son élection en 2012 mes raisons de soutenir sa candidature étaient:

 

- En se faisant élire Obama levait l'hypothèque (Hillary) Clinton.

 

- Barack Obama est un homme élégant, intelligent, cultivé et qui a une carrure de

Président des Etats Unis.(n'oubliez pas que j'ai parlé de subjectivité)

 

- Son programme poilitique était vraiment démocrate et le sort des défavorisés était

pris en compte, (ne serait-ce que verbalement).

- les noirs américains, les latinos, les jeunes souhaitaient son élection.

 

- Il redonnait une image positive des Etats Unis après 8 années d'arbitraire et de

mensonges, de guerres unilatérales et des discours agressifs et supérieurs.

 

- Barack Obama a fait une très belle campagne en 2008.

 

- Bruce Springsteen (mon chanteur préféré) en "pinçait" pour Obama et l'a soutenu

à travers tout le pays, qui plus est par... des concerts...

 

- Il était suffisamment brillant pour ne pas s'en laisser imposer par notre président

à nous, N.Sarkozy avec qui il a toujours été aimable mais distant.

 

En 2012:

 

- Son challenger, Mitt Romney est la synthèse de tout ce que je n'aime pas en

Amérique (les armes, Clint Eastwood, les Mormons, les milliardaires, les

WASP, les two-Incomes -no-kids, les films de super-héros, Disney, la bonne

conscience, le mépris du reste du monde,  l'obsession religieuse et la

"Morale" sociétale

 

- De mon point de vue d'Européen (mal) informé par des médias français en dessous

de tout il a fait une "bonne présidence".

- ses maux lui viennent d'un congrès à majorité républicaine (= cohabitation)

 

- ses ennemis (Tea-party, pro-guerre....) sont toujours les miens

 

- 4 ans c'est peu pour un pays comme les Etats Unis et son 1er mandat a été très

chahuté par la crise économique, le terrorisme et la difficile guerre quotidienne que

lui a livrée le Congrès.

 

- Il est toujours métis

 

- George W. Bush a bien été réelu!

 

- Il s'intéresse (un tout petit peu) à l'Europe

 

- Bruce Springsteen le soutient encore

 

- Je ne connais pas grand chose à la politique américaine.

- l'image de la superpuissance américaine sera de nouveau très négative si Romney

est élu

 

- Je tremble que Netanyahou, le premier ministre Israélien ne profite de l'élection de

Romney pour mettre à exécution son idée folle de bombardements sur l'Iran.

- Je tremble que Romney n'appuie Netanyahou dans son entreprise préventive sur

les sites d'enrichissement d'uranium en Iran s'il décidait de les déclencher.

 

- Peut-être Obama congédiera Hillary Clinton?

 

- On lui doit de ne plus voir les vidéos barbantes d'Oussama Ben Laden dans sa

caverne.

 

Voilà! Dans 8 jours je saurais si le pays de tous les excès reste fréquentable ou s'il

se donne à la caricature de ce qu'il y a de pire en lui. (vous noterez mon sens de la

mesure).

Obama & Springsteen

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:30

A l'hôtel dimanche j'ai regardé à la télévision un documentaire* sur le "Grand

bond en avant" des années Mao en Chine et dont les historiens consultés

ont dit qu'il a entraîné la mort de 36 à 45 millions de chinois.

 

Arrêtez vous quelques secondes sur l'énormité reconnue de ce chiffre.

 

Il a été précisé, en fin du document, qu'un homme seul (Mao) est directement

responsable de cette hécatombe qui a fait  le même nombre de morts que

l'ensemble de la seconde guerre mondiale.


(Il a été un peu aidé par le PCC parti communiste Chinois, naturellement).

 

J'ai eu une sorte d'illumination en regardant les images et en écoutant le

commentaire: Mao n'était pas un monstre et le communisme voulait vraiment

améliorer le sort des masses. Seulement ces masses étaient trop

nombreuses! On a vu des documents signés disant que si la moitié des

paysans mourraient l'autre moitié vivrait mieux.
Donc la famine n'était pas une catastrophe. CQFD

Les silos à grains pleins à craquer mais réservés à l'exportation et une foule

réduite à manger l'écorce des arbres ou à avoir recours à l'anthropophagie

découlaient du même raisonnement et m'ont renvoyé à d'autres lectures.

Le mépris absolu de la vie humaine, des relations parents enfants, de la

femme, de la sexualité et des relations sociales, en un mot de l'individu

et la violence institutionnalisés (que même Kroutchev réprouva!) m'ont fait

comprendre avec un effroi mêlé d'incrédulité, ce que je n'avais jamais

réussi à faire jusqu'ici, à savoir que Pol Pot, Ieng Sary et kieu Samphan au

Cambodge n'avaient fait qu'appliquer les recettes éprouvées du "Grand bond

en avant" et de "la Révolution culturelle" cumulés.

Le document ne parlait que de la Chine mais mon très vif intérêt pour son

petit voisin et "protégé"** m'a alerté.

Nous faisons fausse-route en jugeant les responsables cambodgiens pour

génocide: comment pourraient-ils accepter d'être condamnés pour la mort

d'1,5 millions d'habitants de leur pays alors que Mao reste idôlatré et est

l'objet, embaumé en son mausolée, d'un culte post-mortem qui ne remet en

question ni sa vie ni son action?

N'oublions pas les suiveurs qui applaudissaient en occident et le concert de

pleureuses qu'on a vus à sa mort en 1976.

Au Cambodge les Khmers ont appliqué les méthodes du communisme chinois

et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, elles ont effectivement abouti

à la mort de 1 million et demi de civils au moins sur 7 millions d'habitants.

Sur une population réduite et dans un laps de temps équivalent les "élèves"ont

fait aussi bien (et même mieux puisqu'ils ont cumulé les 2 révolutions!!!!) que leurs

puissants voisins.
Puissants voisins qui, aujourd'hui encore, sont au pouvoir et ne renient pas

officiellement leur passé qu'ils s'obstinent à minimiser et dont ils refusent qu'il

soit abordé.

C'est en tous cas ce que doivent se dire les 3 vieillards sanglants de Phnom-Penh

et beaucoup de régimes montrés du doigt pour bien moins qu'un "Grand bond en

avant".
Rappelons nous toujours cette forte sentence qui veut que "si on ignore l'Histoire on

est condamnés à la revivre".

 

*("La Grand famine de Mao", FR5 28/10/2012)

** Sihanouk a toujours trouvé un accueil enthousiaste à Pékin et la Chine a soutenu

     jusqu'au bout (et encore aujourd'hui) les Khmers rouges et leur régime.

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 08:04

Allez! juste un petit post pour descendre une fausse valeur et un vrai imposteur.
Je veux parler de Bernard Pivot qui enfume les médias et le public avec sa

fausse bonhommie et son cynisme déguisé en gentillesse.

Moi qui ai lu le premier livre de Botton je n'ai pas oublié comment Pivot profitait

des largesses du gendre prévaricateur de Michel Noir et comment, une fois

celui ci dans les rets de la justice et des médias il a feint de ne pas le connaître.
A cet égard j'ai encore en mémoire la phrase de Pierre Botton dans laquelle il

décrit la fois où ses pas ont croisés ceux de Pivot qui s'avançait vers lui avec

deux femmes à ses bras. "Dans un demi-tour parfait Pivot est reparti en évitant

mon regard".
Poivre profitait des hélicos de M Botton tout comme Pivot. Le premier a été

rattrapé par la justice, pas le second.

Tout comme l'insubmersible Poivre Pivot est un drogué de la télévision et un

ludion médiatique qu'on subira jusqu'à son dernier soupir.
Pourtant, à bien y réfléchir, son passé est largement derrière lui et ses émissions

d'autrefois ne montraient pas le génie de l'interview qu'il est devenu dans les

mémoires.
"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois" dit le proverbe... face à Drucker,

Guy Lux et autres passe-boules il n'avait pas de mal à paraître plus élevé!

Ses passions usées jusqu'à la corde pour le vin et le football (quelle originalité!)

et ses parti-pris pour des auteurs aussi sulfureux que d'Ormesson ou Duras

lui tiennent lieu de rente et de passeport culturel depuis si longtemps qu'à

chaque fois qu'on le voit on se dit: "Tiens! il a encore vieilli".
Actuellement l'animateur doté d'un don d'ubiquité est occupé par le Prix Goncourt

et est obligé de dire du bien d'Edmonde Charles-Roux, valétudinaire présidente

du jury dont il guigne la place. Je ne l'envie pas. flagorner et cirer des pompes à

longueur d'années. Quelle vie!

 

 

A titre d'exercice essayez seulement de trouver un livre que Pivot vous a fait

acheter et que vous avez aimé. Un seul.

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 07:52

Je regarde par la baie vitrée. Le temps est magnifique et un soleil triomphant

éclaire une zone industrielle si belle qu'on la dirait sortie des Sims. Je suis à

Vitrolles dans les Bouches du Rhône.
Arbres, immeubles de bureaux et entrepôts s'y partagent harmonieusement 

l'espace.

L'aéroport de Marignane n'est pas loin et de très nombreux avions passent

au-dessus de nous, train d'atterrissage sorti, à l'approche des pistes. Le vent

soufflant fort mais dans un autre sens fait que je n'entends pas le bruit de

leurs réacteurs.

Des dizaines de camions longs comme des dimanches d'hiver vont et

viennent. Des camionnettes leur disputent les voies. Des voitures les imitent.

J'en ai vu une passer avec deux hommes parfaitement assis et vêtus de

la combinaison de sécurité jaune fluo: on aurait dit un jouet.

Quelques très rares piétons, souvent l'oreille vissée au téléphone, se

dirigent avec détermination vers la brasserie de la zone. Chacun est dans sa

bulle, chacun vaque et, je ne sais pas pourquoi, j'ai soudain pensé à une

ruche ou à une fourmilière.
Toutes ces voitures ayant leur seul conducteur pour passager, tous ces

camions pleins de marchandises, tous ces dépôts, tous ces bureaux , ne

travaillent-ils pas, eux aussi,  pour la reine? (en l'occurence la reine Parisot

et ses pairs)? J'exagère, bien sur et Serge Dassault et ses collègues

ne ressemblent en rien à la reine des abeilles...
Des frelons asiatiques peut-être?

Les sociétés humaines, je vous l'accorde, sont plus complexes que les

sociétés d'insectes, mêmes évolués comme les fourmis ou les abeilles.

Cependant la comparaison m'est apparue comme pertinente... Disons

que nous ne travaillons pas pour une reine mais pour.... un ensemble de

rois et de reines!

Si on veut en rester au plan symbolique ces piétons qui s'arrêtent pour

échanger quelques paroles ne rappellent-ils pas la danse des abeilles par

laquelle elles se communiquent un beau parterre de fleurs? et tous ces

passagers juste sortis d'avions ne rejoignent-ils pas leur ruche pour y

apporter sa substantifique moelle?

On ne prend pas assez le temps de s'arrêter pour l'observer. On a tort. La 

complexité de l'organisation de notre société est absolument passionnante.

 

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 07:52

Instant étonnant hier matin au marché de plein air de St Cyprien à Toulouse.
Un jeune père (la trentaine) et sa petite fille (15/18 mois) achetaient ensemble

des légumes frais et des fruits du même tonneau.
Le père avait choisi une belle grappe de raisin que le vendeur pesait en même

temps que les autres achats de ces clients.
Le père surprit sa fille en train de détacher des grains de raisin et de les manger

à même l'étalage.
Il lui dit de ne pas faire ainsi et qu'ellle mangerait "au dessert" le raisin qu'il venait

d'acheter.
Peu après il voit que sa fille recommence. Il lui interdit derechef de se servir ainsi

et la petite se met à hurler, à trépigner, à se frapper le visage avec ses mains et

elle finit par se rouler par terre. La queue était stupéfaite et tout le marché regardait

cette invraisemblable colère d'une enfant qui marchait tout juste.
Le père, dépassé, était très mal à l'aise et finit par faire semblant de s'en aller.
Les cris que poussa la petite fille dépassent la description.
Je ne sais pas comment s'est terminé ce petit drame mais j'ai été frappé par

l'impuissance du père et la démesure de la colère de sa fille.

Je ne crois pas avoir jamais été confronté à une telle scène par mes enfants et me

demande si le règne de "l'enfant-roi" tant décrié n'a pas été illustré pour moi par

cette coléreuse petite chose.

Je me demande si parents, crèche, nounou ou autres peuvent empêcher de tels

comportements et s'ils sont "normaux" à un tel âge mais je suis persuadé que s'ils

ne le sont pas la vie en société risque d'être cahotique!

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