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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 07:00

Sur la scène de l'un des plus beaux et des plus préservés théâtres de Paris, le Théâtre du Ranelagh, on joue une pièce adaptée d'un court  roman de Dostoïevski "Le double".

L'histoire d'un homme extrêmement timide mais attiré par les autres dont la vie est bouleversée par l'apparition d'un double de lui même.

Bien jouée et bénéficiant d'une jolie mise en scène (avec un bon point tout particulier à l'éclairage et au pianiste -Olivier Mazal- qui accompagne l'action) le spectacle est prenant. Sur la petite scène 5 hommes et une femme se donnent la réplique avec des mots choisis. La langue est belle, les dialogues sont brillants et, malgré l'intelligence des situations et des propos échangés on sourit souvent et rit parfois.

Pas parfois. souvent.

L'histoire de ce double qui a même nom, même adresse, qui convoite la même femme (avec plus de chances d'y parvenir) et même travail que le protagoniste principal et qui finit par le phagocyter totalement n'est pas sans rappeler "la Métamorphose" de Kafka et est bien une idée slave.

Un moment intemporel dans un cadre, je le répète, absolument magnifique. Le théâtre du Ranelagh, de l'extérieur, ne paye pas de mine. Il en est autrement de l'intérieur où, dès la caisse, on est transporté plus de 2OO ans dans le passé. double escalier élégant, foyer-salon de thé discret et salle avec fauteuils de velours rouge, boiseries, plafond à caissons et éclairage sobre. Un écrin.

 

Théâtre du Ranelagh 5 rue des Vignes 75116 Paris. "Le Double" de Dostoïevski, Adaptation et mise en scène de Ronan Rivière.

 

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 07:00

Le cinéma Français est très injuste. Il fait des mamours à un Jean-Luc Godard qui n'a tourné que 2 ou 3 films regardables il y a plus de quarante ans et fait la fine bouche devant Henri-Georges Clouzot à qui l'on doit un cinéma autrement audacieux.
Ils préféreront toujours voir Anna Karina s'ennuyer et le dire ou Jean Seberg vendre des journaux à la criée que voir Charles Vanel écrasé par un camion dans une mare de pétrole...

Comme tous ceux qui sont au-dessus du lot Clouzot n'était pas homme de compromis. Pire, il avait des idées et les imposait.
Le documentaire qui lui était consacré et qui a été diffusé sur Arte dimanche 20 octobre 2019 rendait justice à un metteur en scène respecté, certes, mais rarement jugé à l'aune de son époque, de ses confrères et du cinéma en général. Je considère, pour ma part, que les essais techniques qu'il a fait (et qu'on trouve assez aisément en Blue ray) pour le film "l'enfer" avec Romy Schneider et Serge Reggiani qu'il ne pût finalement tourner sont tout simplement éblouissants et renversants. Cet homme avait le cinéma dans le sang.
Je ne reparlerai pas du film IN-DIS-PEN-SABLE qu'il a consacré à Picasso et qui voit le peintre créer en direct pour l'avoir déjà fait ici. ("Le Mystère Picasso" 1956).

Arte a rediffusé, pour cette "soirée Clouzot" la fameuse adaptation qu'il a faite du roman de Georges Arnaud "Le salaire de la peur" (1953).

Pour l'avoir vu à plusieurs reprises j'avais un sentiment mitigé sur le film. Un équilibre instable entre admiration pleine et entière et déception. Je trouvais Montand mauvais, le prologue beaucoup trop long, les rapports humains un peu "cliché" et le film  un peu long.

Je trouve Montant agaçant (il l'a toujours été à mes yeux) mais sa prestation dans le film est sobre et juste. On croit qu'il est ce looser prêt à tout, un peu gamin mais solide et déterminé. Vera Clouzot, sans être une "vraie" comédienne, donne corps et âme à son personnage pour le moins parti perdant. Peter Van Eyck est excellent tout comme Folco Lulli qui est un concentré d'humanité touchant.
Charles Vanel est tout simplement exceptionnel et prend la vedette du film dès son apparition à l'aéroport de "Las Piedras". Cet homme qui se déballonne, qui tombe une à une ses défenses jusqu'à la nudité de l'âme est à la fois insupportable et bouleversant. Oser interpréter un tel rôle n'est pas à la portée de tout le monde. Charles Vanel était coutumier de ces rôles peu reluisants et je me souviens encore de Simone Signoret, exaspérée, dans un film de Bunuel, lui cracher au visage: "t'es vieux, t'es moche, t'es minable". Qu'il ait déjà été dans ce registre n'enlève rien à son travail dans "le salaire de la peur". Je le répète, il est magistral.

Ce que j'ai appelé le prologue est indispensable à la compréhension du film, de la seconde partie et des 4 principaux personnages. Il possède la durée nécessaire et est à la fois riche, amusant, anecdotique et important. Les rapports futurs entre Montand et Vanel sont la conséquence du positionnement que prend le dernier entre son arrivée en ville et son départ comme co-conducteur du camion chargé de nitro-glycérine. La déception de Montand sera cause de sa brutalité (sans omettre un rapport sado-masochiste sous-jacent!).

On s'en souvient le film raconte le voyage à très haut risque des équipages de deux fois deux hommes convoyant des camions "normaux" sur lesquels on a placé des jerrycans d'un explosif instable destiné à souffler un incendie de derrick. Le mauvais état des pistes, la vitesse, la chaleur et les aléas des humeurs et de la nature humaine compliquant l'infernal trajet.

A l'issue d'une équipée tragique et pleine d'embûches le chauffeur Montand est le seul rescapé qui se tuera stupidement, tout à sa joie, sur le chemin du retour.

La copie restaurée, le noir et blanc très beau, une image recherchée et des situations bien amenées rendent ce film inoubliable et son suspense, pourtant éventé fonctionne toujours.

Certains passages comme le ticket de métro (séquence nostalgie), celui ou 3 chauffeurs pissent de concert et le personnage féminin interprété par Vera Clouzot sont clairement démodés et datent. Il est aussi incontestable que les dialogues ont pris de l'âge. Je pense en particulier à la réflexion de Charles Vanel à propos d'une indigène noire: "celle-là elle vient de descendre de son cocotier"!

 

 

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 07:00

C'est entendu, Olivier Gourmet possède le charisme d'une Huître. Il est sympathique comme la grille d'entrée des Catacombes et a commencé sa carrière avec les frères Dardenne, deux joyeux lurons rois de la déconne.

Ce n'est donc pas sans réticence qu'on prend un ticket pour "Ceux qui travaillent", film de Antoine Russbach (2019) dont le sujet est à lire avec un verre d'eau et un cachet de Prozac à la main.                  Ce n'est ni "Camping 3" ni "La vérité si je mens 4", on s'en doute. Et tant mieux car je déteste ces comédies pas drôles où les ficelles sont voyantes et usées à la corde.

Oui. La ficelle usée à la corde est une image étonnante.

Gourmet joue un cadre d'une société de fret maritime qui prend sur lui une décision monstrueuse en se mettant à la place de sa hiérarchie et en tenant compte uniquement de l'aspect financier du "problème" qu'il lui faut résoudre dans l'urgence. Il perd son emploi et en est sonné comme un boxeur sur le ring. Sa vie, confortable mais vaine est bouleversée et il ne sait comment faire face à ce cataclysme sans remettre en cause l'abjection de son ex-entreprise et de ses dirigeants ni sa soumission aux règles affreuses et non-dites de son travail.

Pour conserver sa vie, son standing, sa famille et l'argent qui achète tout il signera un contrat de travail avec un concurrent aux méthodes pires et qui implicitement l'engage pour qu'il se conduise toujours comme il l'a fait par erreur.

A la lecture de ce qui précède on conçoit que le film n'est pas à conseiller aux neurasthéniques, aux dépressifs, aux angoissés d'octobre finissant et à ceux qui ne jurent que par Franck Dubosc.

Et de fait c'est une plongée dans des eaux grises où rien n'est vraiment positif à part la plus jeune des enfants du "héros" qui est lumineuse et joue très juste. La femme, les enfants, les collègues, les voisins, les hommes et femmes du film sont durs et prévisibles, froids et routiniers. La jolie jeune femme qui est chargée de redonner envie de chercher un job à Olivier Gourmet, par exemple, s'efface derrière des protocoles glacials. "L'ami" qui lui remet le pied à l'étrier de montre d'un cynisme noir et met bat le masque: il n'a que faire de la souffrance de son ami. Pire il s'en sert.

Le film est inattaquable sur la forme et sur le fond. La société est vraiment ainsi faite et le capitalisme donne de tels choix à faire, que l'on songe aux abattoirs, aux usines Ceveso, à AZF.....

Les rapports humains sont bien dépeints et la vacuité des jours sans travail, comme le mal-être du personnage principal s'expriment par sa conduite d'une voiture de grand luxe dont le bruit du moteur est le symbole. La lumière aussi participe à l'ambiance. Les êtres, même vivant sous le même toit, se côtoient sans se parler et encore moins se témoigner des sentiments.

Tout ceci est à la fois vrai et triste. Un cinéma du réel qui n'enjolive rien.

 

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 07:00

Ainsi les Français en général et les Parisiens en particulier pourront voir de près "l'Homme de Vitruve" de Léonard de VincI. En effet La justice italienne a autorisé ce mercredi le prêt de plusieurs œuvres de Léonard de Vinci au Louvre, dont le célèbre dessin “L’Homme de Vitruve” (ci-dessus), qu’une association de défense du patrimoine ne voulait pas voir quitter l’Italie.

Bien avant les fumisteries puériles du "Da Vinci Code" Léonard de Vinci bénéficiait d'une très grande popularité en France où, disons-le sans ambages, on se l'était un peu facilement annexé.

Mona Lisa ou "la Joconde" est l'une des toiles les plus célèbres du grand musée Parisien et on ne saurait compter le nombre d'admirateurs quotidiens venus la visiter depuis qu'elle est. revenue de sa "petite escapade".

On ne peut que se réjouir d'avoir la possibilité ici, dans le cadre d'une rétrospective assez complète consacrée au génie, de voir ce dessin mondialement célèbre et qui a inspiré tant d'artistes tout en suscitant des interprétations parfois surprenantes.

Ces grandes expositions internationales de prestige permettent au plus grand nombre de découvrir en face à face les œuvres les plus connues du "patrimoine de l'humanité". Les risques d'une fréquentation insuffisante de l'exposition sont limités mais, selon moi, il y a moins de raisons d'éviter Léonard de Vinci que les collections fumeuses des milliardaires ennemis ...

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 07:00

Après tous ces énervements il est bon de faire retomber la tension. Ce monde d'abrutis (comment qualifier autrement un monde dont l'homme le plus puissant est...Donald Trump?) possède un envers acceptable qui, hélas, retient moins l'attention.
On entend, lit ou voit plus de choses inintéressantes par tranches de 24 heures qu'on n'en entend, lit ou voit de passionnantes. C'est ainsi.

Cette longue et lourde intro pour parler de Pascal Bruckner, romancier et essayiste Français qui vous transporte vers le meilleur dès qu'il parle ou écrit.

Son récent livre "Une brève éternité" est sous-titré "Philosophie de la longévité". Il aborde le vieillissement en traitant tous ses aspects avec clarté, recherche et soucis de ne rien laisser dans l'ombre.

Sa pensée est forte et ce qu'il écrit est facile à comprendre. Pas de concepts fumeux chez lui, à la différence de "philosophes" plus en vue. Une seule critique de ma part, le trop grand recours à des citations et, particulièrement à des citations d'auteurs très éloignés.

Certaines pages sont éblouissantes et l'on se prend à regretter de ne pas avoir formulé soi-même ces constatations ou ces idées.

Bruckner ne se prend ni pour Badiou (heureusement!), ni pour Onfray (ouf!) ni pour le cuistre à chemise  blanche. C'est reposant.

Ce petit livre vous fait vous sentir intelligent et sa lecture "fait du bien".

C'est dit!

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 07:00

Ainsi donc il suffit qu'un demeuré au Q.I de bigorneau, naturellement encarté au RN (ex-Front national) agresse stupidement une femme voilée parce qu'elle est voilée pour que le pays entier, comme commotionné, ne parle plus que de ça.

Ah! ils doivent rire les terroristes, les Djihadistes et autres Islamistes: nous leur offrons les visages successifs ou simultanés de la peur, de l'affolement, de la lâcheté et, car ce n'était pas suffisant, de l'idiotie.

Nos euphémisations ("loup solitaire", "radicalisé", "antécédents psychiatriques" doivent faire se gondoler les émules de Ben Laden: nous réagissons exactement comme ils le souhaitent, comme ils l'espèrent.

A ceux qui se transforment en bloc de haine, compacte et inébranlable, répondent ceux qui trouveraient des excuses au conducteur du camion de Nice. Car il y en a: Il suffit de voir les affiches et les autocollants réclamant la libération de G.I.Abdallah partout à Toulouse.

La France réagit (sur-réagit devrais-je écrire) et se déchire à belle dents devant l'ennemi qui n'en demandait pas tant.

Les 4 ou 5 jours d'hystérie médiatique collective à propos de cette histoire de maman voilée qui accompagnait une sortie scolaire ont dépassé tout ce qui avait précédé. On en a moins fait, proportionnellement, pour de vrais attentats.

Je ne sais si je l'ai déjà dit mais notre pays me fait penser à ces fourmilières qu'on voit parfois en forêt: on agite l'intérieur avec un bâton et c'est l'effervescence. On revient une heure après tout est redevenu calme. Sauf que nous, Gaulois indomptables, passons de Dupont de Ligonès en affaire du voile avec la même excitation psychotique.

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 07:00

Je me fous, mais alors complètement, de l'héritage de Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday qui ne m'a jamais intéressé et dont je n'aimais ni la voix ni l’œuvre tout en reconnaissant que durer ainsi était un exploit.

Les tribulations de sa veuve, les histoires de gros sous, le projet d'exhumation, le Droit Français et le Droit des Etats Unis, les disques posthumes, les obsèques nationales et tutti quanti m'ennuient profondément et je fuis tout ce qui, de près ou de loin, concerne le rocker Franco-Belge (relisez ces 3 derniers mots et essayez de garder votre sérieux!).

Cependant la veuve m'amuse un peu. Elle a déjà eu, si j'en crois la rumeur médiatique, un demi-milliard d'euros et elle veut récupérer l'autre demi-milliard que lui contestent les enfants d'unions précédentes.

Le fils aîné chante et la fille pas adoptée fait du cinéma, rassurez-vous. Ce petit monde est à l'abri du besoin. Mais ils s'estiment lésés, nous dit-on, par cette belle-mère plus jeune qu'eux et, semble t'il, plus intéressée par les dollars et les euros que par tout autre chose. (la mémoire du défunt, l'harmonie familiale, la décence....). Comme ce ne sont pas d'authentiques bourgeois ils ne se disputent pas violemment dans le secret ouaté de leur étude notariale mais au vu et au su de l'univers dans la presse de caniveau et les médias de ragots.

J'arrête là parce que tout ceci ne présente aucun intérêt. Je voulais seulement en venir là: L'idole a été marié à Sylvie Vartan (la momie liftée de 75 ans qui ressemble désormais à Ludmilla Tchérina morte) qui a passé son enfance dans la Bulgarie communiste.  Elle a dit ou fait dire que les méthodes de la veuve Hallyday rappelaient celles de la police politique stalinienne bulgare.

Ils en sont là.

 

 

 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 07:00

Vous souvenez-vous de l'émission télévisée "Vive la Crise", présentée en 1986 par Yves Montand et qui fit beaucoup parler d'elle ? Il s'agissait, rien de moins, que d'initier les Français à l'économie de marché et de rendre acceptable, sinon estimable, l'économie libérale.

Diffusée en février 1984 (soit 3 ans après l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République et 2 ans avant la première cohabitation) cette émission avait un côté "bourrage de crânes" un peu top visible pour ne pas déclencher des débats sans fin.
Le cachet élevé du comédien présentateur avait été la goutte d'eau qui avait achevé de déconsidérer l'opération, opération que l'on devait à Pascale Breugnot, maîtresse en communication-manipulation inévitable et omniprésente à l'époque.

Pourquoi fais-je référence à cette vieillerie cathodique? parce-que des mêmes laboratoires, modernisés pour la circonstance mais à la marge seulement, est sorti "L'émission pour la Terre", une production  France 2 consacrée à l'écologie et qui faisait appel aux mêmes techniques de lavage de cerveau.

A l'époque de "Vive la Crise" c'était l'incompétence supposée des Français en économie qu'il s'agissait de fustiger tout en les rééduquant.  "L'émission pour la terre" partait du principe que les Français n'en font pas assez pour la planète (mais les Chinois et les Américains, ils ne polluent pas cent fois plus?) et de leur apprendre, en "jouant", à faire les gestes élémentaires.

Le but était, une fois encore, de convaincre les Français que ce sont eux les pollueurs et qu'il ne tient qu'à eux de s'amender pour que Greta Thunberg sourit enfin. Les industriels mettent l'eau en bouteille; la publicité pousse à acheter l'eau en bouteille mais ce sont les consommateurs les coupables qu'on montre du doigt.

Montand n'était plus disponible (!) et France 2 moins riche? on sort Nagui, récemment lifté et toujours batteleur de centre commercial. A époque étriquée présentateurs étriqués! on a même ressorti Michel Cymès, "le-médecin-préféré-des-Français" de son exil de 24H00 et invité d'autres "people" plus ou moins capés.

je n'ai pas regardé ce programme offensant et n'en dirait donc rien d'autre. Les intentions étaient mauvaises, méprisantes et le procédé bas. Il n'y a rien d'autre à en dire.

 

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 07:00

Je suis abasourdi, révolté,, furieux, incrédule, bouleversé, anéanti quand je lis ce que je lis sur l'environnement antisémite du pauvre taré allemand qui a tiré sur la synagogue de Halle la semaine dernière.

Je ne suis pas né de la dernière pluie et sais combien le poison antisémite est virulent et indestructible. Je connais l'histoire juive et n'ignore presque aucun pogrom et presque aucun massacre dans quelque partie du Monde et à n'importe quelle époque.

Je suis hanté par ce que nous, humains, avons fait à d'autres humains pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'anéantissement des Juifs d'Europe est le crime ultime, la signature de la pire barbarie et la raison absolue de ne pas pouvoir croire en l'homme ou seulement jusqu'à un certain point.

Que les libelles nauséabonds et les discours de haine, potentiellement gorgés du sang de tant de victimes puissent à nouveau circuler et trouver des yeux et oreilles complaisants est source d'un profond malaise.

A ceux qui tuent une seconde fois Iréne Nemirowski, Bernard Natan ou Anne Franck et leurs millions de coreligionnaires il faut sans relâche expliquer l'absurdité qu'est le reproche à l'autre d'être lui.

L'antisémitisme criminel est si mortifère qu'à 71 ans de distance, deux petites filles sont tombées sous les balles de cinglés antisémites, la première Sorella (10 ans) dans un massacre en Lettonie photographié par ses meurtriers* et la seconde Myriam (8 ans) traquée et tuée à bout-portant par le salaud Merah à Toulouse en 2012.

Les nazis des Einzatsgrüppen de l'Est et le terroriste imbécile Merah avaient en commun la haine d'un autre  imaginaire justifiant qu'ils tuent des enfants.

L'antisémitisme n'est pas une "opinion". Ne le laissons pas revenir ou s'installer dans les têtes.

 

* On peut voir le film retraçant sa vie et sa fin en tapant "Sorella, une enfant dans la Shoah" sr Google. Un beau film de Philippe Lebrune (2014)

 

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 07:00

A l'époque de Napoléon III on les appelait "plébiscites". Dans le langage courant plébisciter quelqu'un ou quelque chose c'est être nombreux à l'adouber ou à l'acheter.

Dès lors que le plébiscite est, en France, redevenu référendum; il a été étroitement surveillé et longtemps été utilisé avec parcimonie, voire frilosité.

Dans l'absolu le Général de Gaulle est "tombé" sur un référendum posant une question sur la régionalisation et la réforme du Sénat.

Son lointain successeur, feu Jacques Chirac, est resté tranquillement Faubourg Saint-Honoré lorsque les Français ont dit un "non" franc et sonore au projet de texte valant constitution de l'Europe.

Un article du "Point" de cette semaine, signé Denys de Béchillon et intitulé "Sévères leçons du Brexit sur la toxicité des référendums" (15/10) attribue une grande partie des effets néfastes des référendums à la nécessité d'y répondre par oui ou non. Il appelle même ça "la radicalité binaire des questions référendaires".  C'est, en quelque sorte, reprocher aux orties de piquer ou à la publicité de prendre ses aises avec la réalité: "dans son ADN".

Très peu de questions trouvent une réponse complète en un oui ou un non.  Les référendums, souvent maniés par des politiques retors, sont censés être "gagnés" et la question posée évidente pour que le résultat soit à la hauteur des espérances de ceux qui la posent. En d'autres termes si on attend un oui on va poser une question qui, logiquement, va obtenir un oui massif.

Dans le cas du non à de Gaulle en 1969 le Général jouait la suite de sa présidence à quitte ou double.  Résultat oui ou résultat non, il avait déjà arrêté une attitude personnelle.

Dans l'exemple du Brexit la question était bien posée et la réponse claire. Qu'elle ne plaise pas à celles et ceux qui ont voté le contraire s'entend. Il n'empêche que la DEMOCRATIE veut que l'on respecte les résultats d'une élection incontestable.
Quelques soient les conséquences du référendum voulu par Cameron et obtenus par le Royaume Uni la majorité a voulu et veut quitter l'Europe et doit le faire.

Des votes à répétition jusqu'à "ce que l'électorat vote bien" se sont vus par le passé (Maastricht). Ils restent une tâche sur l'Europe, tout comme le tour de passe-passe du "Traité de Lisbonne" qui entérinait en douce la presque totalité de ce que les Français avaient refusés par référendum.

Que le référendum soit "dangereux", nul n'en disconvient: les Français, par exemple, ont tendance à dire non au pouvoir sans tenir compte de leur propre intérêt.

On a vu des dissolutions d'Assemblée Nationale se transformer de facto en référendums pour ou contre la majorité sortante, ce que d'aucun ont qualifié d'"expérimentations hasardeuses"!

Le référendum existe, dans l'arsenal électoral, pour valider, me semble t'il, des grandes options et "prendre le peuple à témoin". On ne doit pas l'utiliser pour faire décider le peuple à la place des gouvernants ni, a contrario, pour décider du maintien de Guillaume Pépy dix ans de plus à la tête de la SNCF!

 

 

 

 

 

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