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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 07:00

Ma fille était encore une toute petite fille. 4 ou 5 ans je crois. Une amie de la famille venait de mourir et nous en étions, quoique discrètement, tout retourné.

A un moment de la journée elle est venue s'assoir sur mes genoux et a posé des questions qui la taraudaient. Pourquoi elle était morte, où allait-on après la mort et enfin, pour elle, la grande question: "est-ce que tout le monde meurt un jour?".

Je voyais presque la progression de sa réflexion sur son visage attristé. Elle plongea son regard dans mes yeux et me demanda: "Et toi Papa, tu mourras aussi un jour?".
A ma réponse affirmative mais apaisée elle fondit en larmes.

Ému je tentais de lui dire que je ne mourrais pas de suite, que je serais là pour elle encore longtemps et autres réflexions destinées à soulager sa peine.
Les yeux baignés de larmes elle me dit: "ce n'est pas ça Papa, c'est que je vais mourir aussi".

Je me souviens bien de ce moment et de son intensité. J'avais vu cette petite fille alors gaie et insouciante (... du moins je le croyais) se pénétrer de l'idée de sa propre fin.

 

Récemment mon petit-fils par alliance, 8 ans, a vécu et nous a fait vivre sa peur de mourir. La tempête Fabien a secoué la Corse et, en dépit de la désorganisation due aux conditions météo d'une part et aux inondations d'une autre l'avion reliant Toulouse à Ajaccio a été détourné vers Bastia ce lundi 22 décembre. Au moment de l'atterrissage la pluie et le vent qui soufflait en rafales ont terriblement secoué le vieux coucou d'Air Corsica. N*** a lui aussi fondu en larmes. Inconsolable il pensait aussi qu'il allait mourir.

Cette connaissance profonde de notre "finitude" n'est pas, comme on l'a longtemps cru, le propre de l'homme. Mais, du fait qu'il peut exprimer son angoisse et matérialiser cette fin commune à tous elle est fondamentale. L'avoir vue chez des êtres si jeunes et si "innocents" est une expérience que je n'oublierais pas.

 

 

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 07:00
Federico Fellini et Luchino Visconti

J'ai appris que les deux très grands metteurs en scène de cinéma Italiens Federico Fellini et Luchino Visconti, qui ont été deux maîtres du cinéma Européen dans les années 60 et 70 ont été amis et ennemis, rivaux, fâchés puis plus fâchés pendant toute cette même période.
Il a même été précisé que leurs "coteries" (dirigée, riens de moins, par Franco Zeffirelli pour celle de Visconti) soufflaient sur les braises, donnaient du sifflet et ciselaient les déclarations de guerre par presse interposée.

Des années après que reste t'il de ces "guerres picrocholines"? Fellini a gagné la bataille de la postérité et, avec "La strada", "8 1/2", "Fellini Roma" et "Amarcord" est considéré comme l'un des plus grands du cinéma mondial. J'aurais d'ailleurs tendance a ajouter "Prova d'Orchestra" dans cette brillante liste.*

Tout le monde se souvient du rêve de Marcello Mastroiani, d'autant plus qu'il a les sublimes traits de Claudia Cardinale dans une de ses premières apparitions devant une caméra. ("8 1/2"). Encore plus de personnes n'ont pas oublié Anita Ekberg et ses formes généreuses dans la Fontaine de Trevi à Rome. S'il fallait illustrer Fellini et sa démesure on prendrait Donald Sutherland dans son "Casanova".

Pour Visconti les images sont moins nettes. Un peu de Burt Lancaster et de Claudia Cardinale (magnifique) tous les deux dans "le Guépard", Delon dans "Rocco et ses Frères", Dirk Bogarde dans "Mort à Venise". J'ajouterai Laura Antonelli sage comme jamais dans "l'Innocent". Helmut Berger en Louis II de Bavière le symbolise le mieux.

Au premier des films foisonnants, baroques, dingues, personnels, inclassables au second des œuvres un peu figées ("Ludwig", "Violence et passion") frôlant parfois l'académisme. ("Les damnés"). Le plus drôle est qu'ils partageaient souvent (qu'ils se disputaient serait plus juste) les mêmes techniciens et comédiens. Générant d'autres rancœurs ou en consolidant d'anciennes!

Dire que Fellini et Visconti se sont évités pendant plus de dix ans parce que l'un a dit de l'autre qu'il "faisait des films de PD" tandis que l'autre répliquait qu'il avait filmé une réception de la Haute Société romaine "avec des yeux de "larbin"!

Toutes ces disputes entre maestros, surjouées sans doute sont maintenant oubliées et constituent les scories de la grande Histoire du Cinéma Italien qui fut l'un des plus grands du Monde avant d'être violé puis assassiné par Berlusconi & Co.

 

* Prova d'orchestra" possède un des scénarios de film les plus culottés de l'histoire du cinéma.

 

 

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 07:00

Les "mouvements sociaux", expression faux-cul pour dire "le bordel" actuels ont quelques vertus indirectes. En clouant le bec au ronron quotidien du "7/9" de France Inter ils en soulignent le manque d'imagination éditoriale, son aspect partisan et son inutilité. Ils obligent à changer d'habitudes et à aller voir ailleurs.
Et à constater que, comme la télévision la radio est aux mains de sagouins qui en ont extirpé la moindre parcelle d'intelligence. Nagui et ses amis ont achevé de saborder "l'audiovisuel public". Il reste bien quelques fragiles ilôts qui résistent tant bien que mal. France Culture est de ceux-là. Le meilleur moyen de savoir qu'on est en terre intelligente est l'absence ou la rareté de la publicité.

Autre constat accablant la démocratie est dirigée au jugé: les sondages d'opinion déterminent en grande partie les actes des gouvernements, de ou des oppositions, les réactions et commentaires des médias et les "analyses" des politologues. Hier, 18 décembre 2019, le point (!) de bénéfice dans les sondages du couple exécutif a été cité comme une information alors que la fameuse marge d'erreur aurait dû l'empêcher. 1 point ça ne veut strictement rien dire.

Même constat pour ces sondages omniprésents sur l'opinion qui ferait "grève par procuration". Je serais heureux qu'on me présente des personnes qui voient en Martinez et la CGT des délégués symboliques. Martinez est le digne successeur des membres du bureau politique du PCF qui se sont succédés à la tête du syndicat le plus obtus et le moins démocratique du pays. Leur vision de l'économie date de la révolution industrielle de la fin du dix-neuvième siècle! Lisez leur production: Georges Marchais, Séguy et Krazucki ne seraient pas dépaysés s'ils revenaient.

Ce "mouvement social" aura aussi démontré que nous ne retenons strictement rien des épisodes précédents. De même que l'armée Française est toujours prête pour la guerre d'avant les gouvernements ne tiennent pas compte de ce qui s'est passé auparavant et se jettent dans les pièges qui leurs sont tendus. Pour faire bonne mesure ils le font en adoptant des positions de matamores et en s'interdisant, par leur propos, des retours en arrière impossibles à éviter.

Si l'on ajoute à cela notre caractère national qui nous conduit à l'affrontement et confond "dialogue" et "monologue" on a la situation absurde et consternante d'aujourd'hui. Pour ne rien dire des chosent qui jettent des foules dans la rue :  le mariage entre personnes du même sexe, la PMA ou les retraites. Heureux peuple!

Les anathèmes ("Macron est pire que Sarkozy" (vous pouvez développer?) et les positions irréductibles figent le tout et chacun y met du sien pour compliquer la donne.

Qu'est-ce que ce sera le jour où le pays affrontera une vraie dictature ou devra vraiment se serrer la ceinture...

 

 

 

 

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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 07:00
La Foire aux Vanités

Mardi 17 décembre j'ai, à propos du quotidien "Le Monde" parlé ici de l'adaptation télévisée (Anglaise et diffusée sur Arte en 7 épisodes) de "La Foire aux Vanités" de William Makepeace Thackeray à qui nous devons aussi "Barry Lyndon".

Si le titre est éblouissant le roman est beau et touffu et le personnage principal Becky Sharp, bénéficie d'un portrait qui a fait date dans la littérature. Une femme ambitieuse et déplaisante qui ne manque ni d'esprit ni d'initiative. Foisonnant, alternant les bonnes et les mauvaises fortunes, le livre conte les "aventures" d'une femme pauvre et mal née en quête permanente de solutions pour s'élever dans la société atrocement hiérarchisée de Grande-Bretagne. Intelligente et calculatrice elle parvient parfois à ses fins parfois elle retombe mais n'abandonne jamais.

Elle affronte une société dure, cruelle, impitoyable. Les habits magnifiques et les soirées mondaines cachent des sentiments médiocres, des jalousies épouvantables et des secrets d'alcôve , sans oublier une passion effroyable et sinistre pour deux des fameuses vanités: le paraître et la possession (de titres, de terres, de domestiques, d'argent) partagée par presque tous. On le voit Thackeray s'intéressait à l'ambition des hommes et des femmes et à ce qui la contrariait. Et, pour en décrire si bien les effets, il s'y connaissait en bassesses humaines... qui, trois siècles plus tard, restent les mêmes.

Un beau roman et une adaptation, je le répète, qui n'est pas indigne.

Vers l'âge de 20 ans je m'étais dit que je ne mourrais pas avant d'avoir lu "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen, "Ulysse" de James Joyce et le cycle de la Recherche de Marcel Proust.
J'ai lu (et, autant qu'il m'en souvienne aimé) le premier, acheté mais pas réussi à lire plus de dix pages du deuxième et je sais que je ne lirais jamais Proust.

 

 

 

 

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 07:00

En regardant mon chat faire trois fois le tour de son fauteuil (pardon, du fauteuil qu'elle a annexé) avant de s'installer j'ai fait l'analogie avec ce que l'on  ressent lorsqu'on a rompu, dans les tous premiers temps.

On pourrait parler de "coup de foudre" à l'envers tant celle qui n'est plus là occupe toute les pensées et fait échafauder les plans les plus audacieux et les plus idiots pour la reconquérir. On oscille entre le désespoir que tout est fini et l'excitation qu'on va reprendre avec elle, comme c'était avant.

Avant? mais quand avant? on se souvient alors que si les mots définitifs ont été prononcés ils suivaient une période de désagrégation accompagnée du sentiment partagé que "cette fois" c'était la fin.

Dans ce moment je m'en prends à moi-même pour avoir dit des choses cruelles et irrattrapables. C'est plus fort que moi; il faut que je blesse. Sans doute pour qu'il y ait un point de non retour.

Mais aussi je suis alors bien puni. Comment faire oublier ces propos qui ont diffusé, comme un poison?

Je sais ces phrases dures à entendre: "on a essayé, je n'en peux plus", "tu ne changeras jamais", "je ne t'aime plus", "tu as eu ta chance et tu ne l'as pas saisie", "séparons nous avant que ça ne devienne insupportable", "tu ne me comprends pas", "je ne te comprends plus", "j'ai réfléchi" et "la relation (entre nous) est devenue toxique". C'est moi, c'est elle qui la prononce. Peu importe.

Après les éclats, après les larmes, le silence et la solitude font prendre compte de l'aspect définitif de cette rupture que l'on souhaitait tout en la redoutant.

Brusquement cette personne qu'on connaissait par cœur a une vie autonome. On découvre des facettes de sa personnalité inconnues. Elle qui ne voyageait pas et n'en manifestait pas l'envie va au bout du monde. Elle devient sportive. Elle a des "copines". Elle a des hommes dans sa vie.

Au début on est presque intimidés quand on est en sa présence. On évite les sujets qui fâchent (le passé ensemble!) on marche sur des œufs. 

Et puis un jour on a presque besoin de se faire confirmer qu'on été très proches elle et moi. La distance s'est agrandie. Mêmes les souvenirs communs ne suffisent plus.
On ne souffre plus. Ah? on a souffert?

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 07:00

Terminons la semaine en nous faisant des amis!

Samedi dernier, à Ax-les-Thermes (station de sports d'hiver des Pyrénées, domaine skiable d'Ascou-Pailhères et de Bonascre), après deux heures à barboter dans l'eau chaude dans des installations parfaites puis après une délicieuse fondue savoyarde nous avons regagné la belle chambre d'hôtel que nous avions réservée la veille.

F*** s'est vite endormie et j'ai eu le tort de m'affaler sur l'immense lit devant C8 qui consacrait sa soirée à la publicité entrecoupée d'un "hommage aux Nuls". Les Nuls sont ces "comiques" qui firent les beaux jours de Canal +. L'humour pipi-caca-bite porté aux nues par des gens aussi importants que Pierre Lescure (dont la décadence audiovisuelle est implacable), Jean-Marie Bigard et d'autres intellectuels du même acabit.

Entrecoupés de sketches, d'extraits d'émissions, d'interviews et de commentaires énamourés par des gens qui doivent quelque chose à cette chaîne donnée à son ami Rousselet par François Mitterrand et qui se voulait dérangeante...

Les Nuls détournaient des publicités ("Tonyglandil, et ma bite c'est du béton"), faisaient du happening (une moto-crotte qui vidait son chargement -factice- sur le plateau, waf waf waf), faisait un faux journal télévisé avec des infos idiotes ("explosions de foufounes") le tout dans des ricanements qui m'ont rappelé les soirées du service militaire!

Si Alain Chabat et, dans une moindre mesure Chantal Lauby s'en sont sortis le troisième du quatuor devenu trio erre d'émission en émission en exhibant l'immensité de son vide intérieur. Un débile qui a fait des émules.
Quatuor? oui, un temps, avant qu'il décède, ils eurent avec eux un intellectuel (Bruno Carette) dont le titre de gloire est d'avoir joué les pétomanes de comédie pendant des mois...

J'ai trouvé tout ça tellement bête, tellement inutile, tellement bassement provocateur que j'ai vite arrêté de regarder. Et dire que les Nuls ont des fans absolus qui se répètent leurs "bons mots"....

Le plus consternant, finalement, est de voir ce pantin de Lescure se faire une gloire d'avoir mis ça à l'antenne. Il se tordait de rire et c'était gênant. sa face de vilaine pomme de terre cramoisie était en harmonie avec l'humour des nuls!

Je disais que "j'allais me faire des amis" c'était pour rire.. Je vais m'attirer des commentaires haineux en critiquant des idoles intouchables. Les amoureux de Dominique Farrugia vont me coller une fatwa.

 

 

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 07:00

La "vieille politique", celle que je croyais aux ordures depuis le coup de balai électoral Présidentielles + législatives de 2017 reste malheureusement encore bien vivace dans notre triste pays.


Voir la CGT et ses drapeaux en tête de cortèges de manifestants, voir Elkabach, Bourdin et la fratrie Duhamel commenter les simagrées d'une classe politique incapable de se renouveler et de renouveler ses représentants, voir Jean-Paul Delevoye tomber pour des affaires et des salaires fastueux et indécents, Rugy et ses homards, Balkany et leurs magouilles de 35 ans, les procès qui tardent (Sarkozy, Fillon....) Woerth qui pérore, Guillaume Peltier qui ose critiquer "l'arrogance" de Macron alors qu'il est un Pasqua à peine ripoliné... la politique Française me donne envie de demander l'asile politique n'importe où.

Si, comme beaucoup, je me demande où est l'urgence de cette réforme des retraites et en quoi elle est meilleure pour le pays que la précédente qui a moins de 10 ans, si je trouve que, parallèlement la privatisation d'ADP (Aéroports de Paris) laisse un arrière goût amer (tant on sent que c'est l'Europe qui dicte) je ne vois pas en un Stalinien non repenti (Mélenchon) dirigeant sa secte comme une dictature sud-américaine ni dans la bécasse du débat du second tour de la Présidentielle 2107 de possibles solutions d'alternance.

Loin de là!

Il faudrait qu'une fois pour toutes les dirigeants ne prennent plus le peuple pour des imbéciles, que la presse fasse son travail qui est d'informer plutôt que de commenter et que les Français intègrent enfin la réalité.

Nous sommes endettés, nous sommes une petite puissance, nous devons modifier certaines choses.

Sans faire la révolution ni se ranger derrière des gens qui sont les pires conseillers possibles.
 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 07:00

A plusieurs reprises J'ai regardé l'un des trois films consacré à la mutinerie du Bounty. Je dirais même, si ce terme n'était pas galvaudé et usé jusqu'à la garde que cette histoire est "culte" pour moi. Entendez par là qu'avec celle du "Batavia" cette affaire maritime hors norme me passionne et me fait rêver...

Depuis la version Hollywoodienne avec Clark Gable et Charles Laughton, (1935) à celle de 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins en passant par celle avec l'inoubliable duo Marlon Brando et Trevor Howard les deux marins de sa Majesté Fletcher Christian (le révolté) et le capitaine Bligh (le commandant inflexible) l'histoire de cette mutinerie a -plutôt bien- inspiré le cinéma.

La rivalité entre les deux personnages que beaucoup sinon tout oppose est un ressort dramatique efficace. Interpréter le sévère mais juste capitaine Bligh n'est donné qu'aux meilleurs. Curieusement, alors que la mutinerie est en elle même une décision désastreuse et son accomplissement une folie le héros de ces films est Christian interprété par trois des plus beaux et charismatiques acteurs américains.
(ou assimilés).

La tension du voyage à bord de la Bounty, les sévices corporels et la discipline de fer imposés par Bligh et la rébellion sont éminemment dramatiques. L'opposition des caractères et l'inéluctable affrontement vers lequel ils sont conduits constitue le puissant ressort de cette histoire vraie.

La durée du voyage à bord du voilier, les atermoiements du lieutenant Fletcher Christian et l'épisode du retour à Tahiti ne sont que des péripéties de remplissage mais ils restent plaisants et indispensables à la dramaturgie..

Les films laissent en suspens en ne s'y attardant pas l'équipée hallucinante de la chaloupe mise à la mer avec Bligh et 19 marins et officiers qui lui sont restés fidèles. On sait qu'au prix d'une traversée hallucinante et d'une résistance aux épreuves surhumaine ils sont arrivés vivants d'un enfer dans lequel ils auraient dû cent fois disparaître.

J'ai pris à la bibliothèque le livre que Charles Nordhoff et James Norman Hall consacrent à cet épisode. "Dix-neuf hommes contre la mer" (l'Odyssée de la "Bounty") publié chez Phébus Libretto, une belle collection et un livre palpitant.

Ce qu'ils racontent est incroyable et pourtant, comme le précise la quatrième de couverture, les moindres détails racontés sont vrais. De quoi s'évader, loin, très loin des développements des grèves contre la réforme des retraites et des maux de dos de Patrick Balkany!

 

 

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 07:00

Il m'arrive, de plus en plus rarement je le confesse, de parcourir le quotidien "Le Monde" mais plus jamais son effroyable supplément du week-end "M". Ce dernier, je pense, a contaminé le journal en y exportant son snobisme, son élitisme, sa futilité et son attirance pour un "Bling-Bling" de grand luxe.

"M" aurait pu faire sienne la grotesque et offensante formule de Séguéla: "si à cinquante ans on n'a pas une Rolex on a raté sa vie".

(PS: le correcteur d'orthographe me suggère de remplacer "Rolex" par "Solex"!)

Le Monde s'est fait, depuis la célèbre directive de son fondateur Hubert Beuve-Méry ("faites emmerdant") le spécialiste des articles longs, complets mais sérieux. Hélas ils sont souvent partiaux voire partisans. Dogmatiques toujours.

Malgré l'arrivée tardive de la couleur et des photos le quotidien du soir reste rébarbatif. Il se complait dans l'utilisation d'une langue de bois journalistique génialement décrite par Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud "le journalisme sans peine" (1997). Tous les travers de la profession sont disséqués avec un humour ravageur et impitoyable dans ce livre irrésistible et juste.

Le vocabulaire de la plupart des journalistes du Monde est volontiers pédant quand il n'est pas abscons. Exemple qui me vient: le 10 décembre, dans un article consacré à la future nouvelle Golf de Volkswagen le signataire de l'article (rébarbatif au possible) parle du "barycentre de la stratégie du constructeur". Combien de lecteurs ayant lu ce papier ont cherché le sens de ce mot "barycentre"?

( En mathématiques, le barycentre d'un ensemble fini de points du plan ou de l'espace est un point qui permet de réduire certaines combinaisons linéaires de vecteurs.) Ça n'éclaire rien!

Le Monde s'obstine à publier les dessins indigestes et surévalués de Plantu qui n'a plus fait sourire personne depuis 1977 ou 1978.

Enfin, et je terminerai par cela, le Monde -comme moi- a des partis-pris définitifs souvent injustes. Il a traité avec une condescendance qui confinait au mépris la diffusion par Arte d'une adaptation de "La foire aux vanités" de Thackeray qui, c'est le moins que l'on puisse dire, partait d'une ambition plus élevée que 89,9% des programmes de télévision, toutes chaînes confondues.

Il faut lire et relire cette critique (dont suinte un élitisme intellectuel exaspérant) pour voir ce qu'est le positionnement (et donc sans doute le lectorat) de ce journal qui, c'est encore vrai, reste malgré tout infiniment supérieur aux autres quotidiens du pays.

 

 

 

 

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 07:00
corps humains et vestiges archéologiques

Étant occupé à casser les tympans de pauvres innocents je n'ai pas pu voir la soirée d'Arte sur Pompéi mercredi soir.
Je me suis rattrapé en la visionnant en Replay sur mon ordinateur. J'ai trouvé les documents très intéressants et en particulier celui intitulé "les morts-vivants de Pompéi". Il était consacré à ces personnes statufiées (je pensais par la lave) au moment de l'éruption du Vésuve en l'an 79 de notre ère.

En fait il ne s'agit pas de statues mais de corps humain et de vestiges archéologiques en même temps.

Les empreintes des corps ont été faites en plâtre d'après les cavités entourant des squelettes au XIX ème siècle. Ces moulages, du fait du temps et des matériaux utilisés se sont abîmés et fragilisés.
Profitant de la tenue prochaine d'une exposition des scientifiques ont eu 4 semaines pour restaurer et analyser 21 moulages. (NDLR: 20 siècles d'existence 4 semaines pour les restaurer... notre époque!)

Pompéi a disparu en 30 heures et, sur une population estimée entre 6000 et 20000 habitants elle en aurait vu périr 1150. (les autres se seraient enfuis).

Le documentaire s'intéresse particulièrement à "la famille de la maison du bracelet d'or", soit 2 adultes et 2 enfants et aux corps enchevêtrés de deux jeunes filles.

Les moulages sont restaurés, interprétés, analysés et de l'ADN mitochondrial est prélevé et envoyé chez des spécialistes pour analyse. Il est recueilli sur les dents des Pompéiens qui révèlent à cette occasion qu'ils ne devaient pas manger de sucre car leurs dents sont parfaites.

La restauration est compliquée car on agit sur une alliance de plâtre et d'ossements, c'est à dire du mou et du dur ce qui crée une tension artificielle. Il sera finalement possible de séquencer l'ADN des échantillons et de définir qu'aucun des 4 corps n'a de lien de parenté et donc qu'il ne s'agit pas d'une famille et, parallèlement, de redonner un genre masculin à l'une des "2 jeunes filles".

Les moulages des corps du "jardin des fugitifs" (belle appellation!) sont envoyés dans une clinique pour une tomodensitométrie. (étude de l'intérieur des corps)

Une numérisation millimétrée facilitera la création de modèles 3D qui permettra de moins solliciter les "originaux".

Le film insiste sur le "cas unique dans l'histoire de l'archéologie" que représente ces moulages de corps humains en situation si longtemps après leur décès.

De fait tout ce qui touche Herculanum et Pompéi est passionnant et ce film leur rend un juste hommage.

 

 

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