Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 07:01

J'avais rendez-vous, ce mardi 09 juillet au bar Irlandais "De Danu" près du canal. Naturellement j'étais un peu en avance et j'ai regardé, sur l'écran géant branché au-dessus du bar, la télévision sur Canal+ sports qui diffusait une sorte de remise de trophées à des footballeuses.

En rang d'oignons des "officiels", dont le président de la République Française, Emmanuel Macron, serraient les mains de ces dames et essayaient de capter leur attention, fugacement, l'espace d'une ou deux secondes.

Les sportives, aussi inélégantes au physique qu'au moral, regardaient ailleurs et réservaient leurs embrassades à un parrain du milieu en ignorant presque ostensiblement Macron qui tentait à chaque fois et essuyait en retour une véritable rebuffade.

Jaunes, bleues... c'était la même chose, le refus devant l'obstacle de la part de l'immense majorité des joueuses de ballon rond.

Ces nouvelles "divinités", aussi grossières et désinvoltes que leurs aînés masculins n'en avaient sans doute "rien à battre" de saluer le président. Il est vrai que mettre un ballon dans une cage est tellement prestigieux...

Il y a eu une remise d'immondes objets (ballons ronds, en argent et or, chaussure en mêmes métaux et main à l'envie) à des sportives qui se demandaient certainement où cacher cet immonde sculpture. Là encore, le ballet des serrages de mains et regards qui évitent joua à plein. L'estrade, les publicités jusque sur l'herbe du stade, le décor, les joueuses dans leur majorité.. tout était laid et commun. Bas de gamme.

Ouf! une partie des personnes avec qui j'avais rendez-vous arriva. Je quittais du regard cet écran navrant et le bar vaguement agacé par l'impression de toute puissance et de grossièreté de ces champions milliardaires dont le cerveau se trouve sous leurs chaussures.

Et vaguement en colère contre Macron qui accepte stoïquement que des sportives le battent froid. Pourquoi inutilement s'exposer ainsi?

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 07:01

Avec mon divorce en 2009 je place mon licenciement "pour insuffisance professionnelle entraînant une insuffisance de résultats" (sic) en 2007 comme un des plus mauvais moments de ma vie.
Je reconnais aussi aujourd'hui, pour la 1ère fois, que l'un et l'autre de ces deux évènements juridiques ne sont pas étrangers l'un à l'autre.

J'avais une ancienneté de 20 ans dans la fonction maritale et une expérience de même durée dans l'entreprise qui m'a congédié avec une dureté que je trouve, plus de 10 ans plus tard, toujours injustifiée.

Ma présence dans cette société pendant deux décennies faisait que je la connaissais bien et en particulier que j'en savais les points forts mais aussi les points faibles. Si cette trop grande familiarité avec l'entreprise m'empêchait de la vendre à l'extérieur il aurait fallu s'en rendre compte plus tôt.

Je crois m'être dépensé sans compter à tous les postes que j'ai occupés et regrette presque de tant l'avoir fait quand je constate comment cela s'est terminé et certains soucis physiques qui en découlent peut-être.

Trêve de regrets j'ai été "recraché comme un noyau de cerise" et ai contesté mon licenciement -notifié dans des conditions abjectes- et réclamé des dommages et intérêts que j'ai obtenus après 3 ans de procédure prudhommale. La société a fait appel et a été condamnée plus sévèrement.

Chaque fois que je pense à cette triste affaire je sens la colère monter non pour le licenciement en lui-même (j'ai continué ma vie professionnelle avec des hauts et des bas mais plutôt de manière satisfaisante) mais pour les circonstances pourries qui ont été les siennes. Un larbin a été chargé des basses œuvres (de la notification du licenciement à la réception de l'ordinateur et à la voiture de fonction) tandis qu'un autre, futur PDG, me parlait en inadmissible "complicité" pour mieux me piéger.

Une froide violence m'envahit quand je pense à ma solitude, mon inquiétude, la tristesse que "ça" se termine comme ça lorsque tout a été consommé et que je ne faisais plus partie des cadres de la boîte.
Encore aujourd'hui je serre les poings en pensant à V.M****, minable factotum chargé de me virer, que j'espère un jour rencontrer inopinément pour lui faire une tête au carré ultra-méritée.

Le gain substantiel au prud'hommes n'a pas complètement aboli la violence du départ et, j'ose un mot ridicule mais qui le et me définit, son "inélégance".  Après 20 années dans cette société j'estimais mériter des égards! On est naïf ou on ne l'est pas.

 

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 07:00
Une expérience difficile, les hobos américains

La première fois que j'ai rencontré le mot "hobo" c'est dans le titre et la chanson de Charlie Winston "Like a hobo". Le mot et le tube étaient plaisants et j'ai eu la curiosité de chercher la définition qui m'a intéressé. Aux USA, le hobo est un sans-domicile fixe qui se  déplace (le verbe est désormais quasiment à mettre à l'imparfait) en empruntant les trains de marchandises sans payer.

Le hobo est un marginal qui est cependant considéré comme faisant partie intégrante de l'Histoire et du "folklore" américain.

Avez-vous remarqué? Dès lors qu'une information vous est donnée, en l'occurrence sur l'existence des hobos, vous en entendez parler à nouveau concomitamment et fortuitement.

J'ai vu et feuilleté un livre "Au fil du rail"  dont la couverture était illustrée d'une photo représentant un hobo idéal. Je l'ai parcouru, j'ai hésité et ne l'ai pas acheté. Je l'ai revu en vitrine de ma librairie préférée, Ombres Blanches et étais décidé à l'acheter cette fois-ci. Hélas! le magasin était encore fermé et je n'avais pas la patience d'attendre l'ouverture plus de trente minutes, même devant un expresso et "la dépêche du midi". (ce canard local se lit en totalité en moins d'un quart d'heure tant il est creux).

L'idée de la vie des hobos a dû s'insinuer en moi parce que, presque sans m'en rendre compte, je cherchais sans le chercher ce livre dont je n'avais retenu ni le nom de l'auteur ni le titre mais un souvenir plaisant de la photo de couverture.

...Et soudain, chez Joseph Gibert, il est là, d'occasion mais en parfait état. "Au fil du rail" un reportage de Ted Conover aux Éditions du sous-sol. Inutile de dire que j'y ai vu un signe et que je l'ai acheté, séance tenante.

C'est un livre qui m'a beaucoup plu. Il date de 1980 mais a dû être édité ou réédité seulement récemment. Dans la préface l'auteur dit que les hobos n'existent plus vraiment et que les évolutions du rail ne permettent plus aux "trimards" d'embarquer en douce pour de longs voyages dangereux et inconfortables, à la merci des "bouledogues" (la police du rail) et des autres hobos (impitoyables entre eux).

Le livre, écrit par un jeune anthropologue de vingt-deux ans est absolument remarquable et est à juger à l'aune des livres de Jack London ou de George Orwell que l'auteur n'omet pas de citer. C'est ce que pompeusement nous appelons aujourd'hui de "l'immersion totale". L'Observateur s'installe corps et âme dans la vie des sujets qu'il étudie pour les comprendre et ressentir ce qu'ils ressentent.
Sociologiquement, intellectuellement et humainement le livre et les expériences qu'il relate est passionnant. Les USA sont vraiment un pays particulier! les églises, le don (payant) du sang, l'alcoolisme, la pauvreté etc on est parfois abasourdi par la violence morale et physique d'un pays qui nous paraît peu attirant.

Conover réussit, dans un reportage écrit, à nous faire sentir le vague à l'âme d'un soir, la tristesse de constater des rapports humains médiocres, la beauté d'un paysage et la crasse révoltante d'un autre. On est proche de lui quand il "craque" et retourne à la civilisation en retournant chez lui, on comprend ses doutes, on ressent son dégoût parfois et, comme lui, on réfléchit à la condition assez effroyable de ces personnes qui n'ont pu trouver le chemin de la société et la compagnie des hommes se réfugiant dans une existence animale où avoir chaud, parer les coups et manger restent  les trois seules préoccupations.

 

 

Partager cet article

Repost0
8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 07:00

Évidemment le nom de Raymond Barre, décédé en 2007, ne dit rien aux jeunes générations. L'homme a été 5 ans premier ministre de Giscard, de 1976 à 1981. Comme Fillon il a essayé de passer de la case Matignon à la case Élysée, lui c'était en 1988 et il en a été empêché par Jacques Chirac.
Raymond Barre avait une image de docte professeur, de "père la rigueur" pas commode et de gestionnaire rigoureux des finances hexagonales.   

On se souvient de lui comme de celui qui avait dit un jour: "(au lieu de se plaindre) les chômeurs n'ont qu'à créer des entreprises" et on se rappelle les "TUC" ou travaux d'utilité collective, sorte de SMIC mâtiné de RSA. Une humiliation sous-payée inventée par la technostructure. (recyclée sous le vocable de CPE par Dominique de Villepin quelques années après, avec le succès que l'on sait).

De sa voix flûtée l'homme fustigeait les uns et les autres, surtout le peuple, pour sa supposée fainéantise, ses révoltes inopportunes et ses réclamations perpétuelles. Un grand argentier moins méprisant que le président qu'il servait mais hautain et déconnecté du pays réel.

Le "Canard enchaîné" daté du 4 juillet nous le révèle en millionnaire en euros, titulaire de comptes suisses et magouilleur en terrains immobiliers (l'affaire de sa villa de St Jean Cap-Ferrat était connue mais avait été oubliée).

La liste de ces hommes politiques, riches à millions, qui n'ont pas de mots assez durs pour qualifier les fraudeurs du RSA, les chômeurs endormis ou les tricheurs à la petite semaine est si longue qu'on ne saurait en voir la fin. Après le châtelain Fillon (mais avant, chronologiquement) voilà Barre qui inscrit, de manière posthume, son nom dans la liste des gens que la politique a considérablement enrichis sans contrepartie pour  le pays qu'ils géraient en se servant généreusement.

C'est écoeurant, révoltant et, malheureusement, ça n'aura aucune conséquence. Indignation superfétatoire.

Partager cet article

Repost0
5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai été surpris de lire la phrase suivante à propos de David Bowie: "il improvise des paroles en les écrivant avec la technique du cut-up réadaptée à son ordinateur: mots et phrases sont mêlés et replacés dans un ordre aléatoire". (Rolling Stone - David Bowie 1947-2016).
Le cut-up est une technique littéraire, inventée par l'auteur et artiste Brion Gysin, et expérimentée par l'écrivain américain William S. Burroughs, où un texte original se trouve découpé en fragments aléatoires puis ceux-ci sont réarrangés pour produire un texte nouveau.

J'ai été intrigué et intéressé par cette information; en effet les paroles des chansons, principalement en langue anglaise et Française sont parfois déroutantes. Un auteur comme Boris Bergman connu principalement pour sa collaboration avec le Bashung des débuts écrivait des paroles "sans queue ni tête" dont les mots sonnaient bien et formaient un tout hermétique où chacun entendait ce qu'il voulait.

Même chose pour Bertrand Cantat (qui glisse quelques mots du vocabulaire politique radical pour donner du "grain à moudre" à ses thuriféraires) ou Etienne Rhoda-Gil qui eut toujours un succès inversement proportionnel à la qualité de ses textes (cf "Alexandrie Alexandra"!

En anglais les paroles sont souvent difficilement traduisibles pour la raison qu'elles.... ne veulent rien dire. Les mots sont choisis pour leur sonorité et les phrases pour leur caractère.

Précurseur, John Lennon (1940-1980) a écrit des chansons entières sur ces principes "Lucy in  the sky with Diamonds", "I am the Walrus" (1967), "Happiness is a worm gun" (1968), "Come together" (1969) avant de se recroqueviller sur son nombril.

En y réfléchissant c'est une méthode (celle de Bowie) étrange mais justifiée: la chanson à texte s'écoute mais ne se danse pas. On ne va pas en boîte de nuit pour écouter "la the nana" de Léo Ferré ni "les soldats" de Charles Trenet pas plus que "Sur la place" de Jacques Brel ou "la solitude" de Barbara.

Entre la chanson rythmée et celle à danser il y a la variété ("musak" ou musique d'ascenseur) dont la seule raison d'être est de distraire sans monopoliser l'attention.

Dans cette sous catégorie il y a la chanson à date de péremption (le tout-venant) et celle qui s'écoute sans chercher midi à 14 heures.

En réalité il y a deux traditions qui perdurent: la poésie ou le texte à sens d'une part et la bluette, sentimentale ou pas, qu'on reprend au passant qui la siffle ou la chante. Et chacune a son authenticité et sa raison d'être. Il y a des moments pour écouter "Robert le Diable" de Ferrat et Aragon et d'autres pour "Résiste" de France Gall...

Partager cet article

Repost0
4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai, en ce moment de commémoration du septennat inachevé de Georges Pompidou (1969-1974) regardé sur "Replay" un étonnant documentaire sur les Présidents de la République et l'art. Du Général tout a été dit quant il a été rappelé qu'il a choisi André Malraux comme "responsable des affaires culturelles" parce qu'il admirait l'écrivain classique qu'il comptait comme majeur au XX ème siècle. La littérature tenait alors le haut du pavé.

Son successeur élu, Pompidou, était un fin connaisseur et un collectionneur souvent inspiré. Ses deux faits d'armes les plus connus sont la décoration moderne de 3 pièces de l'Elysée par Pierre Paulin et... la création du Musée d'Art Moderne qui porte son nom. Esthète épris de poésie et de culture on a appris qu'il avait cosigné un dessin avec Jean Tinguely et qu'il avait fait remplacer un portrait de Colbert par une peinture de Soulages dans son bureau...

...Pas exactement les "goûts" de Giscard qui, on l'a dit et redit dans ce document, étaient classiques et bourgeois. Une savoureuse anecdote nous est racontée par la femme de Paulin qui nous explique qu'à peine arrivé à l'Élysée l'Auvergnat demanda le démontage des pièces décorées en contemporain (surprenantes mais belles au vu des documents montrés) pour rétablir le côté dorures et boiseries dans lesquelles le financier se sentait à l'aise. Comme l'artiste avait manifesté sa mauvaise humeur au "monarque" celui-ci répondit par un contrôle fiscal dans les 15 jours.

Son seul fait d'armes en matière de culture fut de faire transformer une gare en musée. Maigre bilan. Et l’exégète auto-proclamé de Maupassant n'a jamais compris que les Français l'aient congédié!

Mitterrand, on s'en souvient, voulait marquer son passage à la présidence pour deux mandats complets. L'Opéra Bastille, la Pyramide de la Cour du Louvre, les Colonnes de Buren, la Grande Bibliothèque et Jack Lang furent ses principales réalisations. Ne nous cachons pas que sa principale réussite artistique fut la mise en scène de lui-même pendant 14 ans.

De Chirac il nous a été rappelé que l'homme se targuait de ne pas lire et d'aimer la musique militaire tout en étant un spécialiste des arts primordiaux ou premiers ainsi qu'un passionné de poésie. Je n'ai pas tout à fait compris l'utilité de se faire passer pour un inculte lorsqu'on est le contraire, malgré les explications de Mme Aubanel.

On arrive au néant absolu qui est conjointement constitué par la culture personnelle et par les initiatives dans le domaine de la culture par le président Sarkozy qui n'hésitait pas à dire qu'il admirait Marc Levy non comme écrivain mais comme gros vendeur de livres. Lui parler d'Opéra, de peinture ou de cinéma (de films sans jean Reno) était inutile avant que Carla Bruni reprenne un peu les choses en main et efface les stigmates trop visibles du béotien.

Quant à Hollande il avait trop à faire pour imprimer sa marque dans la culture.

Le Podcast devrait vous permettre une séance de rattrapage afin de visionner ce passionnant documentaire qui montrait combien notre pays est singulier en souhaitant avoir des présidents cultivés à sa tête.

 

 

Partager cet article

Repost0
3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 07:00

Je ne sais si l'excuse est suffisante mais dimanche, après quatre jours de chaleur intense, un retour de la campagne après un week-end  trop riche en cuisine et en vins puis l'arrosage de 2 terrasses pleines de plantes en pot ou en caisse et après avoir nourri et m'être occupé du chat je me suis affalé sur le canapé face à la télévision et au ventilateur. Ces deux derniers appareils brassaient du vent à plein tube.

La télécommande était sur France 2 et je n'ai pas modifié ce choix induit. Le journal s'achevait et, d'un air gourmand, le présentateur-animateur-vedette annonçait la présence de Nicolas Sarkozy qu'on apercevait sur son plateau, tic de la bouche compris.

J'ai hésité à changer ou éteindre un instant mais ai subi les dix ou quinze minutes d'interview de l'ancien président de la République par le successeur de Poivre et Pujadas qui cumule leurs défauts en y ajoutant une pincée de syndrome du "beau gosse" et un tropisme "presse de caniveau" assez impressionnants.

Questions médiocres, fausse déontologie, agressivité calculée et connivence suggérée l'animateur a très vite exaspéré l'Ex qui contenait à grand peine -et, chose rare, je l'ai compris- son agacement devant des questions "pas au niveau".
En effet c'est bel et bien Delahousse qui insistait à mettre en scène une détestation supposée des deux prédécesseurs de Macron, c'est lui qui a poussé Sarkozy à une éloge un peu gnan-gnan de sa femme Carla Bruni, c'est lui encore qui insistait vainement pour faire dire à son vis-à-vis qu'il pouvait avoir des velléités de retour en politique.

Évidemment Nicolas Sarkozy perdait patience, tombait (presque) dans le piège tendu et s'avançait un peu vite en disant que sa bonne fois dans les 11 affaires qui le concernent serait vite reconnue et à confondre émotion et exhibitionnisme. Car, presque à regret, Delahousse a posé une timide question sur la convocation au tribunal correctionnel (pour" corruption") de l'ancien président.

Tous les travers du journalisme à la Française étalés là, un dimanche de juin: ce besoin absurde d'aboyer comme un roquet castré mais en surfant sur l'écume des choses, ce sentimentalisme benêt dans des questionnements inutiles et cette autosatisfaction éclatante. 

La vraie question que l'animateur aurait dû se poser était la suivante: après des interviews fleuves parues dans le "Point" et dans "le Journal Du Dimanche" y avait-il une seule information intéressante à soutirer de Nicolas Sarkozy. En d'autres termes... pourquoi "l'inviter"?

 

Partager cet article

Repost0
2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 07:00

Parmi toutes les calamités qui menacent les ruches (le frelon asiatique et le "Gaucho" de Bayer n'étant que deux des principaux fléaux dus à l'Homme auxquels sont confrontées les abeilles) il en est un qui est  encore à l'état de menace mortelle.
Une conférence à laquelle j'ai assisté et consacrée à ces périls que doivent affronter les abeilles a indiqué que, pour le moment, celui qui plane sur les ruches est un petit insecte (rappel: les abeilles sont aussi des insectes), le "petit coléoptère des ruches", c'est son nom, est un ravageur qui menace la totalité de l'apiculture Française. Pour le moment il est présent dans le sud de l'Italie et pas au-delà.

Cette coccinelle rustique se nourrit de couvain, de miel et de pain d'abeilles Il détruit cadres et ruches et entraîne une fermentation du miel qui le rend impropre à la consommation.

La conférencière nous a expliqué que des apprentis sorciers, pas forcément mal intentionnés commandent sur Internet des reines en provenance de pays telle l'Argentine pour avoir des ruches productives plus longtemps. (les reines d'autres continents hibernent avant ou après les nôtres de ce fait on recueille le miel plus tôt ou plus tardivement) au risque d'introduire des maladies plus ou moins dangereuses dans des ruches incapables de se défendre contre des périls inconnus.

Et voilà à l’œuvre  le syndrome des conquistadors qui non seulement pillaient le nouveau continent mais, en plus, introduisaient  par leur seule présence, des virus inconnus et donc potentiellement mortels contre lesquels les populations autochtones ne pouvaient se défendre.

Car, mais c'est un autre débat, on peut acheter absolument tout sur le net et, donc, même des reines abeilles fécondes. Et que personne ne peut contraindre des apprentis sorciers à un minimum de réflexion.

La facilité avec laquelle nous nous déplaçons, l'appât du gain, l'inconscience de certains et le réchauffement climatique peuvent se conjuguer pour entraîner des catastrophes dont, c'est un exemple entre mille, les abeilles sont des victimes désignées au risque de la disparition.

 

Partager cet article

Repost0
1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai re-re-re-re-re-re-relu l'un de mes livres de chevet dont on doit bien trouver une ou deux mentions dans les posts publiés ici même depuis 9 ans et demi; il s'agit du livre de George Orwell "La ferme des animaux" publié en 1945 et qui est une explication du communisme implacable mais traitée en fable.

A chaque fois je suis surpris par l'inventivité, l'humour, le fatalisme, la colère et l'impuissance de l'auteur devant un régime politique qu'il avait impitoyablement percé à jour et qu'il dénoncera de manière remarquable dans "1984" qui découle en partie de "La ferme des animaux".

La "ferme" en question est un petit livre d'une centaine de pages qui explique aussi bien la Révolution de 1917 que le coup d’État des Bolcheviks, la confiscation du pouvoir, la rivalité Staline-Trotsky, la création de la police politique d’État, la collectivisation, les famines organisées, la propagande, la terreur, la guerre, le pacte Germano-soviétique .... et tout ce que l'on savait en 1945 sur l'Union Soviétique. Jusqu'aux voyages des "idiots utiles" qui voyaient de la prospérité et de la liberté là où on leur disait d'en voir.

L'originalité est que ce sont des animaux de ferme, d'inoffensifs (quoi que..) cochons, vaches, chevaux, âne, poules, canards, chiens qui vivent sous ce régime mouvant et de plus en plus autoritaire. Les slogans sont drôles mais aussi inquiétants. Ils préfigurent ceux de "1984": "La guerre c'est la paix" est en germe dans "les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres".

La dictature se met en place et nous en comprenons le mécanisme irrésistible. Orwell s'amuse avec le personnage du corbeau en qui on reconnaît l'éternel religieux toujours prêt à soutenir le pouvoir.

Publier un tel livre en 1945 était à la fois culotté et courageux. Le relire en 2019 c'est se dire que notre époque manque de ces cerveaux brillants qui comprennent leur époque et se sentent investis du devoir de crier casse-cou.

 

Partager cet article

Repost0
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 07:00

Une réflexion, surprenante au premier abord, du metteur en scène James Cameron, prononcée dans le dix-millionième documentaire consacré au naufrage du "Titanic" que j'ai ingurgité depuis que j'ai entendu parler de cette affaire pour la première fois m'a semblée particulièrement pertinente.
Il a constaté que si nous étions tant frappés par cet évènement c'est parce que le navire était comme l'incarnation de notre monde: un aboutissement technique d'une part et une image fidèle de la société avec ses richissimes passagers qui ont été sauvés tandis que les émigrants se noyaient en masse de l'autre le tout après une traversée de l'Atlantique d'une richesse inouïe pour les uns miséreuse à des degrés divers pour les autres.

Ce géant des mers insubmersible est effectivement une illustration presque caricaturale de la société que les deux guerres mondiales n'ont modifiées qu'à la marge. Les strates entre le milliardaire Benjamin Guggenheim du pont supérieur et l'Irlandais parti tenter sa chance au "nouveau monde" sont juste un peu moins nombreuses qu'aujourd'hui. Je ne suis pas persuadé qu'un Carlos Ghosn, du temps de sa "splendeur", eut été ostracisé au salon-fumoir du navire de la White Star Line s'il avait vécu en 1912. Au fait.... Guggenheim a laissé sa vie dans l'Atlantique-Nord!

Cette course à l'abime par sa puissance évocatrice est restée très longtemps dans la mémoire humaine. Le nombre élevé de victimes (depuis on a vu plus et mieux si j'ose dire) et le fait qu'un instant le même péril menaçait l'ensemble des présents a frappé l'opinion publique.

Les épisodes bien connus de la traversée, de la collision avec l'iceberg, du naufrage presque minute par minute et la chanson de gestes qui les accompagne forment une légende qu'on ne se lasse pas de redécouvrir, à la manière des pérégrinations d'Ulysse rejoignant Ithaque. Malheur à qui oublierait l'embarquement en douce de Brice Ismay, le sauvetage des bébés Navartil, le flegme du Commandant Smith, la conscience professionnelle des deux officiers-radio et le cri de Fleet sur son nid-de-pie "Iceberg droit devant" suivi du tintement de la cloche qu'on jurerait avoir entendue.

Cameron est devenu "le" spécialiste de cette catastrophe maritime et a consacré une partie colossale des recettes du film qu'il lui a consacrée à découvrir puis explorer l'épave. Sa réflexion sur le "Titanic" et notre société m'a parue frappée au coin du bon sens. Mais d'autres évènements tel l'incendie du Bazar de la Charité", quoi que plus franco-Français pourraient prétendre au titre.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages