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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 07:00

Le langage télévisuel s'est enrichi (si j'ose dire) d'un nouveau tic, d'un nouveau truc, bref d'un nouveau toc. Il succède à celui de "la caméra cachée" qui a longtemps pollué le moindre documentaire.

De quoi s'agit-il? de surprendre l'instant où la personne interviewée fond en larmes et de traquer ce moment -qui peut être long et mettre mal à l'aise- le plus longtemps possible.

On interroge quelqu'un sur sa maladie, sur le décès d'un proche, sur la perte d'un être aimé et voilà les larmes prêtes à couler. Sur le gril, on essaie de les retenir mais en vain. On a la voix qui se brise, le teint devient rouge, la voix chevrotante mais on résiste et on repart. Cette scènette, parfaitement maîtrisée et immuable se voit quasi quotidiennement.

L'animateur console, une fois la séquence entière enregistrée, et ces mots de réconfort masquent mal la joie d'avoir ces quelques minutes de caméra-vérité qui feront la séquence "émotion" de l'émission.

L'idéal est que le passage à vide soit rapide, inopiné et sincère. Après on passe à autre chose et on revient aux ricanements, autre passage obligé de toute émission depuis que les codes de la télé-réalité ont envahi les écrans.

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 07:00

Pour Marie K** mais aussi pour d'autres je dessine le Toulouse qui vit et se transforme au jour le jour en devenant très doucement, presque imperceptiblement, une de ces fameuses "villes-Monde" qu'on décrit comme l'horizon insurpassable de cette planète.

Au premier abord ce qui frappe c'est l'intensité de la construction et de ses conséquences les plus visibles: des grues dans le ciel et au sol, d'innombrables travaux. On construit, on agrandit, on rehausse, on démolit... la ville est en évolution permanente. On construit partout. Les immeubles poussent le long des routes, des rocades, des canaux, des rues pavillonnaires qui semblent s'encanailler avec des immeubles de trois ou quatre étages faisant de l'ombre aux cerisiers des jardins privés. Même les endroits les plus improbables sont pris de frénésie immobilière. 

Corollaire on coupe les arbres, on bétonne en assurant qu'on replantera. De grands et beaux arbres sont subitement diagnostiqués malades ou à l'agonie et disparaissent promptement.  On dit même que la disparition des quatre rangées de platanes centenaires des Allées François Verdier est programmée, construction de la troisième ligne de métro oblige.

Les bus articulés (qu'enfant Nicolas appelait "bus-pliants") aussi se taillent la part du lion et nécessitent élagages des arbres et réfection des chaussées. La nouvelle tendance est, pour eux, la circulation en site propre.

La "piétonisation" du centre ville va bon train: tout est fait pour que la voiture s'y sente à l'étroit ou, disons-le, ne s'y sente pas du tout. Disparition des places de stationnement, invasion de parcs à vélos ou à motos, horodateurs aux tarifs exorbitants... l'automobiliste, à Toulouse, est très mal considéré.

Les chiens sont toujours très nombreux et leurs maîtres toujours aussi désinvoltes. Nous sommes dans le Sud! le SDF à chiens et son proche voisin le "jeune rebelle" à chiens également tiennent le haut du pavé.

Malgré ou à cause de tous ces freins la circulation est intense et la ville est assez bruyante. Sirènes, motos, camions, autobus, cars, tramways, voitures et même hélicoptères unissent leurs talents en une symphonie continue qui ne cesse qu'aux heures de la nuit.

Les enseignes de magasins, à l'image de ces "boutiques éphémères" changent vite et être une institution toulousaine ne les protège ni de la cherté de l'immobilier ni de la subite désaffection. Dernière institution en date: le cinéma multisalles UGC qui va disparaître des Allées Franklin Roosevelt.

Toulouse reste une ville accueillante et si l'indice de plaisir était constitué par les terrasses de cafés ou de restaurants elle serait dans les toutes premières du pays. En plein hiver, sous la pluie, on sort les tables et on installe les chaises. Et l'on s'y assoit.

La ville rose est aussi pleine de théâtres approximatifs, de salles de spectacles, de cafés-théâtres et autres salles de concerts. Des rues leurs sont presque consacrées. Il y a toujours une chanteuse argentine ou un one-man show passionnant à découvrir.

Malgré sa nouvelle mue, la dixième en 30 ans, le quartier Compans-Caffarelli reste désert hors les heures de bureau. Le Fer à Cheval et le Pont Saint-Michel sont embouteillés, le Capitole a des airs de défi et les Allées Jean Jaurès mettent du temps à sortir de leur chrysalide. Personne, en ville, ne croit à la réussite des Ramblas. Tout le monde veut voir la débâcle sans penser que "tout le monde" ça signifie une inauguration en fanfare!

Une chose étonnante et dérangeante a fait son apparition à Toulouse: la tente "Quechua" (Décathlon) arrondie en forme d'igloo qui accueille, aux endroits les plus divers (devant Air France, Au Pont St Pierre, devant le Musée des Abattoirs...) des familles de Roms ou de réfugiés. Il y en a beaucoup et c'est surprenant à plus d'un titre. Ces gens allongés au milieu des circulations..

Naturellement il y a aussi ces nouveaux modes de déplacements qui sont tous utilisés ici: trottinettes, roues, vélos, vélibs, scooters électriques etc. (incluant planches à roulettes motorisées ou pas). Ils ont conquis la cité et ne sont pas prêts à accepter des contraintes.

Toulouse, malgré sa bonne réputation culinaire, s'est couverte de fast-foods. Les McDonald's se comptent par dizaine, les Kébabs également. La mode japonaise n'a pas nui aux premiers arrivés et les pizzerias rapides comme les chinois sont partout. S'ajoutent désormais les Starbucks qui rattrapent leur "retard". La mode est aux restaurants "couloirs" ou un maximum de 8 à 10 personnes mangent devant la cuisine. Le principe est simple: comme il n'y a pas de place une queue se forme devant le restaurant, queue qui attire les nouveaux clients. C'est bête mais ça marche!

Le premier a avoir eu l'idée, "l'entrecôte", est une institution. Dans un décor moche de papier peint écossais on vous sert une viande presque sèche à force d'avoir été réchauffée nappée d'une sauce genre barbecue. C'est cher, c'est moyen mais le succès ne se dément pas. Canicule ou pluie la queue reste la même.

La ville s'est couverte de vélos à louer pour le temps qu'on veut, imités par la concurrence puis pour d'autres choses: trottinettes, vélos et scooters électriques, drones.... les pistes cyclables n'y suffisent plus. Et ce qui sert de trottoirs dans cette ville aux rues étroites est pris d'assaut par tout ce qui roule.

Mais la vie est toujours aussi agréable autour de la Garonne dans ces rues attrayantes et pleines de bruits.

 

 

 

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:00

Remettre les choses à leur place et donc à la "Grande" musique, à la musique classique la sienne; la toute première.

Faire l'inverse de cet idiot d'André Manoukian qui épuise les superlatifs (comme ce mardi 20 sur France Inter) pour qualifier de minables chanteurs de variétés et qui n'a pas hésité à comparer à Mozart l'une de ses "découvertes".

On ne s'en aperçoit pas mais le temps présent, en uniformisant les appréciations et critiques fait un travail de nivellement par le bas.

Ennio Morricone ou Maxime Leforestier c'est très bien. D'aucuns peuvent même adorer. Il n'empêche que, musicalement parlant, ça n'est ni Debussy ni Gabriel Fauré. Ni encore moins Mozart comme le pense peut-être le"critique musical" multicartes Manoukian.

J'en ai encore fait l'expérience en allant écouter l'Orchestre de Chambre de Toulouse sous la direction de Gilles Colliard avec, en "guest star", l'exceptionnel flûtiste Vincent Lucas. Scarlatti-père, Antonio Vivaldi et Jean-Sébastien Bach étaient au programme mais c'est avec Bach que l'Auditorium de l'Eglise Saint-Pierre des Cuisines (Toulouse) a connu le meilleur de la soirée.

Restons sobres dans le commentaire: c'était splendide.

Décor (cet auditorium est un endroit d'une exceptionnelle beauté), chef (Gilles Colliard aime la musique et en parle avec une passion communicative), orchestre (des musiciens dont le plaisir de jouer se lit sur leurs visages) et flûtiste inspiré (il fallait voir ses pas de danse incontrôlables par moments tant il vivait la musique qu'il jouait).

Une heure et demie en apesanteur que Manoukian et les réducteurs auraient bien du mal à nous procurer avec leurs musiques de variété.

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 07:40

J'avais une sympathie irréfléchie pour l'avocat Dupond-Moretti qui, au fil du temps s'est transformée en agacement puis en exaspération. Sa défense de Patrick Balkany a été l'affaire de trop en ce qui me concerne.

Il défend qui il veut et Balkany n'a tué personne. cependant....

Il y a toujours eu des sommités du barreau qui prenaient bien la lumière et ceux-ci n'étaient pas forcément les meilleurs mais ceux qui savaient le plus faire parler d'eux et de leurs causes. Acquittator est le surnom -dans lequel entre une certaine admiration- que lui ont donné ses confrères moins chanceux ou moins capables que lui d'exploiter la soif de sensationnel des journalistes. Eric Dupond-Moretti manie bien le Français, possède des talents incontestables de comédien (il surjoue admirablement la colère et l'agacement) et de très bons collaborateurs.
Comme le petit Dupond de la politique (Dupond-Aignan) le célèbre avocat a, pour de bonnes raisons, lui, ajouté le patronyme de sa mère à ce Dupond  par trop anonyme.

Né en 1961 dans le Nord Dupond-Moretti a un physique d'ogre bourru qu'il vaut mieux éviter de bousculer. Et ça marche! de Jean-Pierre Trieber en Jérôme Kerviel, de Jacques Viguier en Tapie, de Karim Benzema à Cahuzac ou Georges Tron il a su, à un moment ou à l'autre de leurs démêlés judiciaires être celui qui acceptait des causes réputées perdues et médiatiques en diable. Et gagner des causes qui semblaient perdues.

Le succès et l'hypermédiatisation ont suivi. représentations théâtrales, émissions, livres et autres supports il est partout, répétant ses indignations et délivrant "son" message. Il est, selon moi, tout doucement en train de succéder à Jacques Vergès comme avocat polémiste et emblématique.

Toujours selon moi il vaut bien mieux que ça.

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 07:00

Politiquement j'ai entendu hier, je ne sais plus où, la phrase la plus bêtement inconséquente qu'il m'ait été donné d'entendre depuis des années.

A propos du vide relatif à la tête du parti dit "Les Républicains" un homme a dit qu'il fallait sans doute s'en remettre à Nicolas Sarkozy, le dernier à avoir fait gagner son mouvement.

En voilà une idée qu'elle est bonne! Les Socialistes devraient, sur le même principe, rappeler Lionel Jospin ou François Hollande et, pour le côté farce, sonder Dominique Strauss-Kahn qui, comme l'excellent Monsieur Fillon était à deux doigts de faire gagner son camp. Quant au Rassemblement du Front National (je m'y perds un peu avec ces changements permanents d'appellation pour la même chose) faire risette à la nièce Le Pen après la fille et le père. Mais là on n'est hélas plus dans la fiction comique.

C'est un fait, en 2007 Nicolas Sarkozy est devenu président. Ce n'est pas ou plus un exploit quand on voit qu'un Trump peut le devenir du plus puissant pays du monde et que Berlusconi a dirigé l'Italie pendant plus de 10 ans. Cela dit Sarkozy s'est représenté en 2012 et il a été battu.
Il s'est battu contre tous pour "revenir" en 2017 et a fini 3ème (avec 26% des voix de ses électeurs) à la primaire. Le "gagneur" a pris un coup sur la tête, pour le moins.
Si l'on ajoute à cela que sa personnalité suscite des "préventions" tenaces, que ses hommes liges sont atteints par des scandales ou des mises en examen qui ne l'épargnent pas lui-même on a, en bout de course, un sacré "champion" qui, effectivement, pourrait faire gagner la droite!

Je pensais naïvement que l'élection d'un président de 39 ans neuf et moderne démoderait les vieilles pratiques datant des années 80. Que nenni! Jack Lang est toujours là, Rachida Dati et Jacques Toubon aussi. Claude Guéant, l'amateur de tableaux, quitte son bel appartement du XVIème pour venir dire que ce n'est pas digne de vouloir demander des comptes au président qu'il a servi avec l'appareil d'état dans une grande économie de moralité... (France Inter, 7/9 20/06/19) et tout le monde se voit soit à la Mairie de Paris soit à l’Élysée.

Cette vie en vase clos est encouragée par les médias qui ne renouvellent pas assez leurs plumes. Celles-ci sont incapables de s'adapter à une nouvelle donne et raisonnent comme si Jean-Louis Bianco était encore secrétaire général de l’Élysée et François Mitterrand à Versail... rue du Faubourg Saint-Honoré.

 

 

 

 

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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 07:00

Pour ma génération ("baby boomers") un médecin, en principe, est une personne, mâle ou femelle, qui détient un pouvoir né de son savoir. A priori ses diagnostics sont justes et ses préconisations ne souffrent pas de discussion et, encore moins, de contestation.

Françoise, qui a longtemps vécu à la Réunion et qui est infirmière de formation a moins de révérence face au corps médical. Elle considère qu'il y en a de bons et de moins bons. Ces derniers elle les appelle du drôle de nom de "médecins à l'eau sucrée". L'image est belle, amusante et parlante.

Et c'est vrai, certains médecins vous prescrivent du Doliprane et vous consentent quelques séances de kiné en espérant que, pour cette fois, vous vous en contenterez. Je ne suis pas de ces patients qui squattent les salles d'attentes de médecins et qui ont besoin de contre-visites pour accepter le diagnostic. Au contraire. Mais je sais aussi si du paracétamol est suffisant pour endiguer une douleur vive et persistante...

Lorsque vous avez le malheur de commencer à vous "déglinguer" tout le monde -par gentillesse- vous conseille de voir un-tel, d'essayer l’ostéopathe, l'imposition des mains, les huiles essentielles, les cures de thalassothérapie, l'acupuncture et j'en oublie.

Vous entrez dans le cercle infernal et infini: visite médecin généraliste-médecin spécialiste-analyses- radios (ou scanner ou IRM ou les 3), réception des analyses, pharmacie, retour au médecin 1. Et, souvent, n'êtes, à ce stade, pas plus avancé qu'au début du process.

A ce stade deux possibilités: vous continuez et recommencez les consultations, vous vous découragez et commencez une automédication qui soulage ce qu'elle peut.

J'ai vu un spécialiste,  dans une clinique elle aussi spécialisée. 6 minutes de consultation, déshabillage compris (NDLR: record de Chirac battu!) pendant laquelle cet homme important a dicté ses conclusions sur un petit appareil. 45€ vite gagnés et qui ne sont pas seuls: rendez-vous donnés à deux mois et salle d'attente débordante d'éclopés.

Entre la philosophie d'autrefois ("moins on voit le toubib, mieux l'on se porte") et celle d'aujourd'hui ("un bobo  le docteur, une douleur; les urgences") la marge est étroite.

Je vais être obligé de m'interrompre dans l'écriture de ce post: je dois aller faire faire la prise de sang. Après j'irai à la pharmacie puis...............

 

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 07:00

Les bottines sur mesures de chez Berlutti de Roland Dumas ("un SMIC à chaque pied") et les costumes à quinze mille euros l'un de François Fillon le laissent entrevoir: il y a des personnes qui ont accès à un luxe que le contribuable moyen n'approche que très exceptionnellement.

Je ne pense pas, pour ma part, qu'avoir des costumes tissés à Londres et posséder des chaussettes comme celles d'Edouard Balladur est une fin en soi et, pour tout dire, être élégant pour un prix convenable suffit à mon bonheur.

Ce week end c'était la "braderie" dans les rues de la ville rose. La braderie c'est les soldes en différent mais pareil! Pour les vêtements de luxe pour homme les deux plus grandes enseignes étaient "Cartouche" rue Lafayette et deux rues plus loin, rue Lapeyrouse, l'institution Soulery.

Les deux magasins, c'est un fait, sont magnifiques et vendent de très beaux vêtements.
Je suis passé devant "Cartouche" qui annonçait sa "fermeture définitive". Une jolie cour de la Place Wilson était remplie de portants sur lesquels pantalons, chemises et vestes étaient exposés à cinquante pour cent de leur prix. Sur la qualité et la coupe il n'y avait rien à objecter. Sur le prix...

"Bradés" à 50% les articles étaient encore inabordables pour qui ne met pas 200€ dans une chemise soldée et plus pour un "chino" de jardin. Ces gens sont fous! nombreux, pourtant, étaient celles et ceux qui ressortaient de la courette un sac profond à la main.

Mes pas m'ont dirigés sur le nec plus ultra en matière d'élégance masculine. Devant la boutique principale un vendeur stylé montait la garde devant un porte-manteaux contenant des chemises foncées. Je recherche une chemise noire justement... J'ai vu celle qui me conviendrait, admirablement coupée et belle comme du sur-mesure. Bradée à 337€ je n'ai pas hésité; j'ai poursuivi mon chemin.

J'ai eu une période pendant laquelle je m'habillais bien. Aujourd'hui cela m'est égal et je ne suis pas prêt à consacrer une part plus importante de mon budget à cette dépense.

...mais comme la grosse voiture de marque allemande, l'appartement de 250m² rue Ozenne, la maison familiale sur l'île de Ré et le chalet à Mégève ça doit être plaisant d'avoir des placards remplis de fringues qui tombent bien.

 

 

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 07:00
la vignette et la platinela vignette et la platine

J'adore découvrir des expressions anciennes ou des mots que j'ignore de la langue Française.Je sais que notre époque, dans ce domaine comme dans tous les autres, va au plus pressé et que un mot ou un verbe en  remplace six autres. Cette simplification du langage et l'ironie que suscite "le bien parler" fait que lorsque Macron dit d'un footballeur qu'il est taciturne médias et sportifs ricanent faute de comprendre un mot pourtant contemporain.

Certains, comme Laurent Wauquiez, l'ont bien compris qui malgré un bagage scolaire et universitaire considérable s'expriment avec, tentons l'euphémisme, une économie de vocabulaire confinant à l'ascèse! Je fais un aparté pour préciser que l'ancien président Sarkozy utilisait 300 mots mais que c'étaient sans doute les seuls qu'il connaissait.

J'ai donc appris tout récemment que le tableau extérieur des interphones d'un immeuble s'appelait une platine. Drôle de mot que j'attribuais plus volontiers au plateau tournant d'un lecteur de disques vinyles (électrophone) ou à un métal plus précieux que l'or.

L'autre mot que j'ai appris hier est plus rare. J'ai un bureau de "style Empire" acheté il y a une dizaine d'années à la "Brocante des Allées", une institution toulousaine. Ce bureau est recouvert d'un sous-main vert et la jointure entre ce dernier et le bois se fait par une frise en cuir collée au support. Cette frise s'appelle de la vignette m'a dit la tapissière d'une autre époque que j'ai vue à Condom dans le Gers. Elle n'en possédait que 3 mètres que j'ai pris quand même et qui étaient affichés à 23 Francs le mètre. Elle a fait la conversion sur une calculette des années soixante-dix.

La vignette, la tapissière et la boutique valaient le déplacement. L'artisan travaillait des rideaux absolument sublimes (elle n'a pas voulu dire d'où venait le tissus impeccable et très ancien) et l'on avait l'impression d'effectuer un voyage dans le temps. Impression qui s'est confirmée lorsqu'elle m'a demandé si je savais faire la colle nécessaire et qui serait fabriquée à base d'arêtes de poisson bouillies.

En sortant j'ai eu peur que ma voiture hybride soit devenue une Frégate ou une Traction avant...

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 07:00
De l'importance de bien nommer les choses

Une fois de temps en temps je rends hommage à un article ou éditorial qui dit ce que je ressens en des termes meilleurs que ceux que j'aurais utilisés.
En l'occurrence Kamel Daoud, en janvier 2019 disait l'évidence et ne semble pas avoir beaucoup été entendu. Hélas.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 07:00

Etais-je en état de non-réception? incapable d'écouter cette musique ce jour-là, à ce moment-là? toujours est-il que je me suis contraint à écouter en entier le fameux mur ("The Wall") de Pink Floyd paru en 1979 et que j'ai longtemps considéré comme un "grand" album.

40 ans après sa sortie et l'évènement que fut ce double album foisonnant que reste t'il? si j'osais être sincère je dirai: "Confortably Numb" et uniquement pour les apports de David Gilmour.

"The Wall" fut avant tout un album de Roger Waters et celui-ci pêchait par excès de sinistrose et de paranoïa. Ce n'est pas lui faire injure qu'écrire que Waters, s'il fut parfois un compositeur inspiré est un piètre chanteur et un bassiste très moyen. Comme,en plus, le monsieur est exécrable il avait besoin d'un groupe créatif pour l'épauler et illustrer ses chansons. Hormis quelques titres ici ou là ("The tide is Turning") sa carrière solo n'a pas été des plus brillantes et "The Wall" a été l’œuvre qu'il a le plus jouée (certains disent massacrée) depuis qu'il a dissous le groupe.

Il faut dire qu'il a passé plus de temps à dénigrer ses ex-camarades (David Gilmour et Rick Wright et, mais moins souvent, Nick Mason) et à leur faire des procès.

A partir de "The Wall" sa mégalo l'a faite publier des concepts albums de plus en plus barrés et confidentiels ("The Final Cut" avec Pink Floyd, "The Pros and Consequences of Hitch-Hiking", "Radio K.A.O.S", "Amused to death", "ça ira"...) dans lesquels ses défauts (voix aigüe et fausse, bruitages envahissants, critiques de tout et de tout le monde) ont petit à petit submergé celui à qui on devait quand même "Cirrus Minor" ("More"), "Grandchester Meadows" (Ummagumma"), "If" ("Atom Heart Mother" et le meilleur de "Dark side of the Moon" et de "Wish You Were Here".

Par gentillesse on ne s’appesantira pas sur "Obscured by Clouds" et on glissera sur l'incroyablement démodé "Meddle".

Waters n'a jamais -et cela explique son attitude- été reconnu à l'égal d'un Jagger, d'un Lennon ou d'un Bowie. Encore moins d'un Syd Barrett. Question de personnalité. Si son compte en banque ne doit rien envier aux Manitous du rock sa relative obscurité doit plus à la virtuosité phénoménale de son rival-partenaire Gilmour et à la réputation d'emmerdeur que musicos et journalistes spécialisés lui ont faite.

Quant à "The Wall" c'est un soufflé depuis longtemps retombé. Le titre le plus connu est devenu inaudible à force d'être entendu et les deux disques contiennent plus de scories datées que de pépites intemporelles. Beaucoup trop introspectif et personnel le disque sera plus ou moins le chant du cygne du groupe, les 3 autres se voyant ravalés au rang de musiciens d'accompagnement. "The Wall" est d'ailleurs un écrin pour les parties de guitare de David Gilmour ce que Waters n'avait assurément pas en tête!

Le film d'Alan Parker a capté le meilleur depuis longtemps et il faut vraiment une journée de juin humide et fraîche pour écouter ce disque emphatique et... ennuyeux.

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