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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:00

Je me souviens qu'ayant entendu une fois l'expression "goulag familial" je m'étais agacé de cette

formulation que je trouvais stupide et exagérée.
En prenant de l'âge je ne la trouve toujours pas pertinente mais comprends mieux ce que son

auteur voulait signifier.
Je ne parle pas de ces huis-clos familiaux où la terreur s'exerce (caporalisme, inceste, désamour...)

mais de la famille au sens large.
La mienne s'est progressivement disloquée faute d'élément fédérateur.
Nous sommes nombreux et chacun habite loin des autres, sur le territoire français.
Les occasions de se voir tous sont quasi inexistantes et la dernière remonte aux obsèques de mon

père.
Le reste du temps on se voit, de loin en loin, 2 par 2, reformant à l'occasion, les clans constitués

dans l'enfance.

On n'a presque plus rien à se dire et chaque fois un peu moins.
Ce n'est pas qu'on ne s'aime pas ou plus, c'est que le temps a étiré les liens en les réduisant

presque à néant.
Comme chacun reste figé dans une image de l'autre dépassée et que celle-ci ne se renouvelle pas,

l'envie de se voir a progressivent disparu.
Si je rajoute que nous n'avons plus de maison familiale où nous retrouver tous, que les cousins

s'ignorent depuis des années, que la "matriarche" se fout comme de l'an 40 de maintenir un lien

entre ses enfants on arrive à cette famille éclatée qui, lorsque j'y pense, me fait un peu honte.

 

La littérature regorge de familles passionnantes et de réunions d'icelles hautes en couleurs, le

cinéma a popularisé ces sagas familiales et, autour de nous, sans tomber dans l'idéalisation

un peu vaine, on voit des familles unies où chacun a à coeur de s'intéresser aux autres membres

de sa fratrie.

 

Ce n'est pas une fatalité que de sombrer dans l'indifférence ou le ressentiment: c'est une question

de volonté pour ne pas y sombrer. Chez moi on ne l'a pas eue.

Les "histoires", les brouilles, les incompréhensions et les non-dits ont tué la mienne et je le déplore.
J'ai beau penser souvent: "ça va s'arranger", "on va organiser une réunion de tout le monde" je sais

pertinemment que rien de celà n'aura lieu et que c'est à l'enterrement de ma mère que je verrais

l'ensemble de la famille et pour la dernière fois.



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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:31

Ce début d'automne chaud et pluvieux a permis, ici, l'éclosion d'oeufs de moustiques.

("mouspic" disait mon fils quand il était petit).
Des moustiques il y en a beaucoup et c'est la nuit que ces sales bestioles donnent le

pire d'eux-mêmes.

Quoi de plus insupportable que d'être à cours d'insecticide et de passer une nuit à essayer

de les tuer?

Quoi de plus agaçant que le "ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii"

qu'ils font quand ils passent au-dessus de nous, dans le noir?

C'est pénible de savoir que ce sont les femelles qui nous piquent et qu'elles pondent leurs

oeufs dans la goutte de sang qu'elles nous pompent.

Bien sur il y a des soucis plus grands et ce minuscule insecte mérite à peine qu'on le

mentionne. Mais ses nuisances me réveillent et, une fois éveillé, d'authentiques soucis

cette fois, m'empêchent de me rendormir.

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 16:21

disait ma grand mère que je n'ai pas connue puisqu'elle est morte en 1947.

(en en parlant j'ai l'impression de la faire exister, ne fût-ce qu'une seconde)

En écoutant Catherine Allégret s'insurger de l'oubli dans lequel était tombé

sa mère, l'actrice Simone Signoret ce matin sur France Inter j'ai pensé à cette

cohorte de célébrités qui sont tombées dans un oubli profond.
C'est vrai notre époque préfère célébrer des "gloires" éphémères et, toute à

son addiction à l'instant présent, oublie ceux qui furent d'immenses gloires.

 

Marilyn Monroë, James Dean, Elvis Presley, Romy Schneider, Serge Gainsbourg,

Coluche et quelques autres partagent la chance d'être devenus des icônes.

 

Tout le monde sait ou croit savoir qui ils furent et ce qu'ils firent. Pourtant la légende

s'est emparée d'eux et bien peu ont vu un film avec la première ou le deuxième,

entendu un disque entier du troisième, etc etc.

 

Ces icônes ressassées en boucle ne représentent d'ailleurs qu'une coquille vide

que les journalistes réinvestissent des fantasmes contemporains.


Mais les autres? Montand, Piaf, Brel, Salvador, Ventura, Ava Gardner.... ils sont

au purgatoire pour certains, en enfer pour les autres.
Personne ne parle plus d'eux et de leurs talents: les gloires de la télé-réalité sont

tellement plus passionnantes...

 

le pire est qu'à la mort de Bardot, Darrieux, Morgan, Presles, Belmondo, Delon et

quelques autres on sait déjà les couv' et les articles auxquels on ne pourra pas

échapper.

Puis viendra l'oubli, cet oubli total et définitif que ma grand mère considérait comme

le second linceul des morts.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 12:42

Depuis quelques temps j'ai besoin de moins d'objets et de plus de place nette.
J'ai envie de me détacher de ces milliers de choses qu'on accumule au fil des temps.
Je veux me débarasser de machins ou de trucs qui datent d'avant mon divorce.

Objets d'une autre époque ils n'ont rien à faire dans la nouvelle.
J'ai ainsi fait le vide dans ma bibliothèque (en en vendant à des bouquinnistes et en

en donnant à droite à gauche) et fait la même chose avec mes CD.
Et pour le reste j'ai pris un emplacement sur le vide-grenier de mon quartier, il y a

15 jours.

Ca a été un bon moment et j'ai bien vendu.

A ma surprise ce sont les objets les moins "intéressants" qui pertent le mieux: shaker,

thermos, théière ou cafetière, boutons de manchettes, réveil ancien (le mien était

kitchissime et datait de 1978, garantie et emballage d'époque, porte cartes, et plein

d'autres vieilleries sont ainsi parties en une matinée.

Les CD ne valent pas un clou sur ces marchés et je me suis fait engueuler plus d'une fois

de revendre Gainsbourg. Une sorte de blasphème quoi!

Les livres n'intéressent presque personne (sauf les "beaux-livres" régionaux) et les DVD

encore moins de monde.
Les acheteurs négocient aux 10 centimes prêt et semblent pour la plupart très impécunieux.
J'habite pourtant un quartier plutôt côté du centre de Toulouse...

Il y en a qui convoitent longuement un objet, vont refaire le tour du vide-grenier, repassent,

renégocient, se font préciser un détail, assurent qu'ils reviennennt et... disparaissent.

Il y en a qui donnent leur avis (qu'on ne leur demande pas) devant un acheteur et font

casser la vente. Sans acheter l'objet pour eux.

Enfin il y a comme moi des vendeurs qui s'étaient entendus avec la personne du stand

sur des prix minimum et qui, devant un acheteur potentiel donnent tous les 2 un prix différent.
Il faisait beau, il est passé beaucoup de monde, je me suis débarassé de pas mal d'objets

encombrants et il me reste de ce dimanche une impression tenace.
Une drôle d'imression: comme si, derrière les discours rassurants, le pays s'appauvrissait

et que nombre de personnes vivaient déjà très mal. Pas ric-rac, non, plus mal encore.

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 22:09

La chaîne de télévision "Planète" a diffusé, jeudi 30 septembre 2010 à 21H40 un document

proprement hallucinant.
Il concernait Khieu Samphan, un des hommes les plus criminels de tout le XXème siècle,

responsable du génocide cambodgien par les Khmers rouges (1975-1979)

Ce vieil homme nie toute responsabilité, mais à celà on s'attendait.

C'est un vieillard inflexible et qui fuit toute responsabilité.
On assiste, dans le document, à une scène proprement HALLUCINANTE: Khieu Samphan

et Nuon Chea, deux des responsables de la mort de 1,7 millions de cambodgiens

discutent de leur santé et douleurs de vieux hommes comme s'ils n'étaient pas qui ils

sont.
A un autre moment Khieu Samphan fait visiter la maison que "frère N°1", alias Saloth Sâr, 

alias Pol Pot habitait. Il a presque les larmes aux yeux quand il évoque son "ami" disparu.

Ce monstrueux régime, dont le but avoué était d'instaurer un communisme absolument

pur, agricole, sans argent ni religion a été mis au point en France par des étudiants

cambodgiens pris en charge par le Parti Communiste Français.  

Naturellement le reportage pêche par son côté "démonstratif" et cette volonté un peu ridicule

de faire "objectif".
Une intervention un peu minable de l'avocat Jacques Vergès rappelle opportunément que

des français ont approuvé le régime, l'ont soutenu et continuent à le défendre.

Je ne suis pas prêt d'oublier ces tortionnaires de leur peuple discuter comme deux sages

à la fin de leur vie.
Khieu Samphan n'a rien renié et reste l'ordure qu'il était: ni regrets ni remords ne le tourmentent.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 19:28

Je sais "ça l'fait pas" mais j'aime bien Houellebecq.
J'ai beaucoup apprécié "Domaine d'extension de la lutte" que je relis même de temps

en temps.
J'ai aimé "les particules élémentaires" et aussi "La possibilité d'une île". Je me souviens

bien de ces deux bouquins et c'est suffisamment rare pour le souligner.

J'apprécie les provocations du texte, les digressions et le style; même si je trouve que,

parfois, Michel Houellebecq se moque du monde.

Le dernier paru (que je n'ai pas terminé) ne fait pas exception: je le trouve à la fois drôle,

profond, superficiel, ridicule, provoquant, maladroit, tendre, "spécial" et, pour tout dire,

unique.
La critique l'a assassiné ou couvert d'éloges mais j'ai l'impression que le livre n'a pas été

écrit pour elle: Houellebecq reprend une conversation personnelle, presque intime avec

ses fidèles lecteurs.
Eux seuls comprennent le clin d'oeil, l'allusion et la redite faite tout exprès pour eux.
"La Carte et le Territoire" est un livre attachant que je recommande à ceux qui vont plus

loin que les apparences et qui sont capables d'entrer en communion avec un auteur,

quand bien même ce dernier les "baladerait" pour son plaisir.

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 21:38

Comme tout le monde (enfin... presque) je vieillis. Je prends même 1 an de plus chaque année

à la même date.

Je sais c'est fou.

Depuis deux ou trois ans je m'aperçois avec stupeur mais joie aussi que je ne stresse plus

aussi facilement.
Je constate que je me fous de tout plus qu'avant et qu'hormis mes tous proches et les choses

qui comptent pour moi le reste m'amuse ou m'indiffère.

Je ne m'excite plus sur la politique et je n'ai plus de "repoussoirs" définitifs: même la crécelle

Goldman et l'horrible Lelouch ne me gâchent plus rien lorsqu'ils traversent mon espace!

Je suis capable d'écouter longuement les autres sans les interrompre.
Je peux écouter un avis consternant, des réflexions navrantes et une analyse pitoyable sans

m'énerver.

Pis! je trouve des excuses aux autres.

Cette tolérance tardive est un bienfait du ciel et j'en savoure tous les jours les effets sur mon

moral: qu'on est heureux quand rien ne vous agresse personnellement.
Naturellement je ne suis pas encore le zombie terrifiant qui s'intéresse à Paris hilton en

écoutant le dernier Raphaël et en buvant une canette de Redbull.
Mais quand même cette sérénité me convient et je ne me serais pas cru capable de le devenir

un jour.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:47

La sorcière Françoise Giroud avait accolé le titre de "nouvelle vague" à des critiques de cinéma -des démolisseurs

en réalité- qui écrivaient des articles incendiaires dans une revue confidentielle.
Faisant preuve d'une originalité sans pareille ces jeunes critiques sabraient tout ou presque tout ce qui les avait

précédés et presque personne ne trouvait grâce à leurs yeux.

Ils passèrent naturellement à la réalisation une fois leurs devanciers carbonisés par leurs soins.

 

Certaines de leurs oeuvres de départ ("Les 400 coups", "Les cousins" etc.) firent illusion.

 

Par la suite ils finirent pratiquement tous par réaliser des pensums dix fois plus ennuyeux et "académiques"

que ceux sur lesquels ils vaient craché pendant des années.


Certes le cinéma des années 50 était triste et compassé mais les films de Truffaut ("La chambre verte", "Les

anglaises et le continent", "L'histoire d'Adèle H." ou "Tirez sur la pianiste" pour en citer quelques uns) valaient-ils

mieux? d'affreuses daubes prétentieuses et indigestes.

Idem pour la plupart  des Resnais, des Rivette, Rohmer, Varda et autres Godard.

Chabrol, qui vient de quitter cette vie, était plus ou moins rattaché à cette nouvelle vague. En regardant sur une

chaîne de télévision suisse la diffusion de son film "le cheval d'orgueil" j'étais saisi d'un inextinguible fou-rire:

voilà les "oeuvres" que ces critiques au lance-flammes finissaient par réaliser!!!

Ce "Cheval d'orgueil" est consternant de bout en bout. Mal joué, ridicule et parfois grotesque la reconstitution

dépasse l'entendement.

Je suis d'accord avec le fait que tout doit se renouveler et que les nouvelles générations doivent prendre leurs

places, toutes leurs places. Je trouve normal qu'on critique le passé et qu'on veuille lui substituer une modernité

en toute matière.
Simplement, à propos des metteurs en scène de la nouvelle vague, plus de cinquante ans après leurs débuts

je trouve leur bilan des plus contrastés.

A part une dizaine de films qui resteront combien de navets pitoyables et indéfendables? combien de films

oubliables et inutiles?

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 12:48

C'est une question que je me suis posé 1 million de fois et à laquelle on est tous confrontés un jour.
Personnellement j'ai "choisi" la première solution.
Disons que c'est elle qui m'a choisi...

Je ne voyais autour de moi que des personnes qui comptaient leurs sous (le crédit-maison les y

contraignant) qui hésitaient devant un restaurant ou un ciné et qui partaient en vacances dans la

famille pour ne pas avoir de loyer de maison d'été à payer.

J'exagère mais il y a de ça.

Cigale, je dépensais mon argent en m'achetant ce que je voulais et en dépensant sans trop compter.

J'ai presque toujours habité des appartements agréables en centre ville et, si je suis "tombé" sur des

propriétaires dingues, dans l'ensemble je n'ai pas regretté ce choix.
Aujourd'hui je vois mes amis et relations propriétaires et je suis sans cesse en train de remettre en

question mon style de vie: ai-je bien fait?

Sans apport il m'aurait été difficile d'avoir dès le départ un appartement correspondant à mon goût et

à mes besoins. Je pense -pour me dédouaner?- que je n'aurais sans doute pas pu avoir le même

style de vie que celui que j'ai eu si j'avais sauté le pas quand tout le monde m'y pressait.

Alors des regrets?

Pas vraiment! je ne suis pas bricoleur et me contrefiche d'avoir une cuisine équipée et/ou un parquet

flottant.

Je subis depuis si longtemps le bruit des ponceuses et des perceuses des voisins que mon éventuelle

envie d'en utiliser une est largement compensée.

Je n'ai jamais été attiré par le pavillon ou la maison "de maçon" et le jardinet m'a gonflé de toute éternité:

en m'obligeant autrefois à passer sa tondeuse à la campagne mon père m'a dégouté à jamais du jardinage).
Tout cela constitue de mauvais arguments mais bon... j'essaie de me justifier à mes propres yeux.  

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 12:34

Je n'ai jamais été sous le charme de ce tennisman devenu chanteur.

Lorsqu'il était tennisman professionnel il m'agaçait par son irrégularité et sa capacité à toujours trouver

mille raisons extérieures à lui pour excuser ses défaites.

Pubalgie ici, responsabilité du public là... il n'était jamais la cause de ses revers.

Quand enfin il gagna un tournoi du grand chelem, en 1983 il déclara qu'il était content... pour le Cameroun.

 

J'ai admiré sa reconversion réussie et même trouvé quelques qualités à un ou deux de ses chansons

(en particulier à "Get on back").

Ses prises de position politique m'ont fait sourire et, naturellement, j'ai adhéré à ses idées universalistes

et antiracistes.

 

J'ai trouvé un peu démago qu'il figure dans ce classement un peu ridicule des Français préférés. Après

l'Abbé Pierre et soeur Emmanuelle ça m'a fait sourire de l'y retrouver.

 

Yannick Noah a donc trusté la première place de ce classement pendant des mois et même des années

 sans que personne ne trouve à y redire.

En cette rentrée 2010 j'ai l'impression que les journalistes se sont donné le mot: "cette année on dégomme

Noah". Son nouvel album a été étrillé dans la presse et lui-même semble ne plus trouver grâce aux yeux de

ceux qui l'encensaient.

En réalité il ne méritait ni les excès d'honneur d'autrefois ni l'indignité qui le gagne aujourd'hui.

 

En confidence j'attends que les mêmes s'attaquent à la vieille icône Deneuve qui, à 67 ans joue encore

les quincagénaires sans crainte du ridicule.

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